Il faisait la couverture de Forbes France il y a deux ans. Aujourd’hui, David Layani est devenu avec onepoint, lancée en 2002, un des acteurs majeurs de la transformation numérique des entreprises. Forbes l’a rencontré lors de Bpifrance Inno Génération 2020 début octobre. Entretien.

Forbes : Comment onepoint intervient auprès des entreprises dans un monde de plus en plus digitalisé ?


David Layani : Onepoint se définit comme un architecte de la transformation des entreprises et de la modernisation de l’État. Sa raison d’être est de contribuer à dessiner un nouveau monde en utilisant le meilleur de la technologie pour l’homme et l’environnement en faisant un lien indéfectible entre la transition numérique et la transition écologique. Ma ferme conviction est que la transition numérique doit servir la transition écologique. 

Pour un acteur de la transformation des entreprises, comment avez-vous vécu la crise ?

D.L. : Onepoint fait 300 millions d’euros de chiffre d’affaires. Dans une année singulière et compliquée, il y a pour autant un potentiel fort pour 2021. Au début de la crise, tout ce qui n’était pas essentiel était mis de côté. Toutes les entreprises se sont concentrées sur l’urgence de la crise pour protéger leurs salariés et leurs clients, et sécuriser leur cash. Puis elles ont pris le temps de se repenser et de se concentrer sur l’essentiel. Bon nombre de nos activités servent l’essentiel comme la nécessité de repenser aux raisons d’être d’une marque, et tous ces processus pour les rendre plus simples et plus efficaces en incluant tous les services digitaux pour l’organisation et la culture des entreprises. Les tendances qui existaient avant la crise se sont accélérées pour avoir comme exigence de se déployer le plus vite possible sur 2021 afin de rester dans la compétition. Une période de survie a dû être organisée pour que les entreprises reprennent vie. Je considère que l’on a perdu une année économiquement mais qu’on en a gagné 10 culturellement avec le basculement dans le numérique à travers les usages et l’organisation du travail pour que toutes les entreprises puissent continuer à fonctionner. 

C’est donc un mal pour un bien ?

D.L. : C’était une nécessaire accélération. Il fallait trouver des espaces pour faire en sorte que les entreprises comme les États se modernisent et sortent plus forts de cette crise. C’a été une période très particulière. Les plus forts ont plus de capacité que les plus faibles mais ceux qui sont en retard bénéficient d’une occasion unique pour tenter de rattraper leur retard. Poussés par l’urgence de la crise et par des nouveaux fonds mis à disposition par l’État pour protéger les entreprises et leur donner une chance de s’en sortir et par le basculement dans l’ère numérique qui oblige des nouveaux usages et donc la nécessité pour les entreprises de s’organiser en conséquence. 

Quels conseils donneriez-vous à un entrepreneur en cette période de crise ?

D.L. : Il faut y aller, plus que jamais. C’est dans ces moments-là que l’on prête une oreille beaucoup plus attentive à toutes les propositions nouvelles parce qu’il n’y a plus de zone de confort établie. Celui qui a quelque chose à proposer doit se faire entendre dans cette période. C’est le moment pour y aller parce qu’il y a des pertes de repères, des nouvelles exigences donc de l’espace pour de nouvelles offres et plein de talents qui sont prêts à revoir leur façon de travailler en rentrant dans de nouveaux projets. Il faut y aller à fond.

 

<<< À lire également : Taïg Khris : « C’est Le Moment Pour Les Entrepreneurs De Se Réinventer » >>>