Rien que sur YouTube, la vidéo la plus visionnée est passée de 2,2 milliards en 2012 à plus de 6 milliards de vues en 2019, pour Despacito. Peu importe que vous trouviez cela regrettable ou non, les faits sont là : la vidéo s’est imposée en quelques années comme un outil stratégique de diffusion incontournable. C’est dans ce contexte que Vidmizer a été conçu. 

A en croire les prédictions, d’ici 2020, 82 % de tout le trafic web grand public sera vidéo. La vidéo est aujourd’hui le moyen idéal pour faire de l’amplification et engager les internautes. Selon Forrester Research, 80% des internautes regardent une vidéo quand 20% lisent un texte.


Si la vidéo est un média au fort retour sur investissement en termes d’engagement et de conversion, encore faut-il bien la diffuser. Dans tous les secteurs, bien gérer les vidéos, piloter efficacement leur diffusion sur les réseaux sociaux et sites internet, et récolter efficacement les data associées sont devenus des enjeux très importants pour les marques.

 

En deux mots. Vidéo et Optimizer: Vidmizer 

Vidmizer est né de l’intuition suivante : la vidéo est pour l’entreprise un patrimoine qu’il convient de gérer au mieux afin de le rentabiliser et de générer de l’engagement et des ventes. La start-up se donne pour objectif de rendre les entreprises agiles avec la vidéo et de leur permettre de « transformer le processus de production, gestion et diffusion de la vidéo » explique les deux co-fondateurs Anne Gayat et Erwan Huhardeaux.  

Le processus de diffusion et de management de la donnée associée aux vidéos est actuellement loin d’être suffisamment agile. D’où la création de la plateforme SaaS VideoEngage afin de pouvoir simplifier l’usage de la vidéo pour les entreprises : plus d’automatisation et d’optimisation dans le partage et la publication, une gestion simplifiée et efficace de la donnée, le tout sans intervention d’équipes techniques.

Le problème. Comment profiter de l’innovation.

Le constat des deux entrepreneurs de Vidmizer est très clair : la vidéo est l’avenir du marketing digital. « Les marketeurs vont devoir apprendre à manier la vidéo de la même manière qu’ils ont appris à manier le texte et les photos », nous expliquent-ils. « Et d’autant plus avec l’arrivée du cloud ».

La vidéo est le média préféré des internautes car elle permet de faire passer beaucoup d’informations – encore faut-il qu’elles ne soient pas à caractère publicitaire. Ce format vidéo permet également de renforcer l’impact et la mémorisation des messages et du contenu. Il faudrait utiliser des milliers de mots – ou avoir une plume de génie – pour pouvoir faire passer le même message à l’écrit. La vidéo se diffuse plus facilement, se partage mieux sur les réseaux sociaux, « 12 fois plus » d’après Anne, et remonte plus facilement en haut des pages grâce aux algorithmes de Google qui valorisent beaucoup ce type de format.

L’idée. Une solution agile.

Anne et Erwan posent les premières bases du projet en 2014. Ces deux pionniers du digital, possédant une solide expérience dans ce domaine réalisent que les avancées technologiques vont dans le sens de la vidéo, qui va devenir le nouveau pourvoyeur de data. « On connait bien l’histoire d’internet et son évolution, nous raconte Anne. Avec les nouvelles prouesses technologiques, les baisses des coûts matériels, et l’arrivée du cloud, on a pressenti que la vidéo allait devenir incontournable. »

A cette période, Anne accompagne un de ses clients sur sa stratégie vidéo et doit gérer et publier très rapidement 25 vidéos. Le processus est extrêmement chronophage : réceptionner les vidéos avec des outils de transfert de fichiers lourds prend deux jours, il faut ensuite les éditer, aller les diffuser manuellement sur les sites de la marque et sur les réseaux. Il est également très compliqué de récupérer des résultats analytiques. Cette épreuve constituera le point de départ et l’inspiration pour élaborer la solution, afin de permettre aux utilisateurs de gérer leurs vidéos efficacement et sans équipe IT.

« La data est le pétrole du 21ème siècle », nous explique Erwan. Les entreprises doivent appréhender une quantité croissante d’information, et cela les amène à se métamorphoser. « Même le planning stratégique évolue, il intègre de plus en plus de data dans l’analyse des besoins consommateurs et l’élaboration de stratégies ». Les entreprises, seules, ont du mal à réunir les qualités de flexibilité et d’agilité permettant de profiter au mieux de cette nouvelle manière d’analyser l’information et de communiquer aux clients, ce à quoi répond la plateforme Saas de Vidmizer.

La mise en œuvre. « Mi-sprint mi-marathon ».

Anne et Erwan ont choisi de construire leur solution en cherchant à chaque étape à coller aux besoins et exigences des professionnels. Cette recherche du « market fit » dans un univers B to B sur un produit technique s’est réalisée empiriquement.  

« Pour ne pas se déconnecter des clients et du marché, nous participions au moins tous les deux mois à des salons et à des évènements », nous explique Erwan. « Il y a de la demande, la vidéo de contenu se développe de plus en plus mais était naissante à l’époque de notre démarrage. Cela commençait juste à se mettre en place en France. Pour évangéliser le marché et aider nos clients à effectuer leur transformation digitale, nous avons dû les accompagner surtout pour bien leur faire prendre conscience des enjeux et des possibilités qu’offraient la vidéo. »

Grâce à la présence des « venture builders » et accélérateurs que sont BTwinZ et CTO Partners participants à l’élaboration du produit, la startup a pu vite croître avec une équipe technique de qualité. Le partenariat avec « Microsoft 4 Startups » a aussi beaucoup aidé, en particulier pour bénéficier d’une infrastructure solide, scalable et ouverte vers un écosystème complet. Il leur permet d’avoir accès à beaucoup de fonctionnalités qu’il aurait été coûteux et chronophage de développer exclusivement en interne. Beaucoup de solutions en intelligence artificielle sont ainsi intégrées rapidement sur leur plateforme, comme par exemple le transcript des vidéos en plus de 10 langues.

 

Les difficultés. Se différencier de la concurrence.

L’équipe de Vidmizer évolue dans un environnement très dynamique, à l’image de la croissance rapide des réseaux sociaux. Outre-Atlantique, des concurrents américains ont déjà levé des dizaines de millions d’euros, avec de l’antériorité sur le marché. Cette « antériorité n’est pas toujours un avantage tant l’évolution implique adaptation » confie Erwan. « Ils sont partis il y a 10 ans, sur des technologies plus anciennes et comparativement moins évolutives. »

Aujourd’hui, le produit a déjà satisfait « une vingtaine de clients Grands Comptes et ETI, il ne reste plus qu’à changer d’échelle ! » renchérit Erwan. Pour atteindre cet objectif, la startup s’est entourée d’une équipe commerciale prête à aider l’entreprise à honorer toutes les demandes du marché.

 Le financement. Jouer dans la cour des grands.

Les cofondateurs et les accélérateurs ont mis de l’argent dès le début, à hauteur de 100 000 euros. Vidmizer a été lauréat I-lab Emergence et a bénéficié d’une subvention Bourse French Tech. S’en est suivie ensuite une levée de 85 000 euros afin de finaliser la deuxième version de la plateforme, ainsi qu’une autre à 450 000 euros pour réaliser l’accélération commerciale.

Anne et Erwan ont pour leur entreprise l’ambition d’en faire un acteur de taille mondiale ce qui implique de poursuivre l’effort d’innovation et de développer les équipes à l’international. L’entreprise prépare ainsi une prochaine levée de fonds en série A. La vitesse est la clé du succès dans l’univers des MarTechs (les technologies marketing), un marché avec une évolution prévue de 12 à 120 milliards de dollars entre 2015 et 2025.

 

Chronique co-réalisée avec @Jean Rognetta, Directeur de la rédaction de Forbes France, @Florian Bercault  et Jean-Baptiste d’Estimeo