La start-up a bouclé une levée de 1,5 million d’euros. A l’annonce du confinement, elle a su passer d’une offre en physique à une solution 100% digitale. OLY Be veut poursuivre la conquête d’un secteur qui pèse 420 millions d’euros en France. 

Depuis novembre 2019, Gaëlle Frizon de Lamotte était en discussion avec le fonds d’investissement Eutopia pour organiser une nouvelle levée de fonds visant à accélérer la croissance d’OLY Be, dont elle est la CEO. Suite à l’audit de février 2020, la jeune pousse, fondée en 2015, devait conclure le deal fin mars. Sauf que le début du confinement a refroidi Eutopia. Comment une entreprise dont l’offre – la réservation de cours de yoga – se résume à une pratique qui nécessite contacts physiques et déplacements allait pouvoir tenir debout ? “En 24h, nous sommes passés d’une offre 100% en présentiel à une offre 100% digitale, raconte Gaëlle Frizon de Lamotte. Nous avons mis en place des cours en visioconférence. Notre clientèle a suivi. Nous avons montré que notre communauté était forte, que notre business était solide et que nous étions capables de réagir à une crise en un claquement de doigts”. Près de 30 000 réservations de cours seront enregistrées en 3 mois.


Finalement, la start-up OLY Be a annoncé le 17 juillet dernier une levée de fonds en série A de 1,5m€ auprès d’Eutopia, qui a déjà investi dans des entreprises comme Feed, Merci Handy, ou le matelassier Tediber. Le but de cette levée est d’acquérir de nouveaux utilisateurs et de recruter de nouveaux employés – développeurs, commerciaux et chargés de marketing -, pour rejoindre l’effectif de 12 salariés. 

“On veut montrer que le yoga n’est pas qu’une activité qui se pratique dans le 11e arrondissement de Paris, et qui implique de manger du quinoa et boire des jus detox.” – Gaëlle Frizon de Lamotte, CEO de OLY Be

Gaëlle Frizon de Lamotte,  41 ans, a fondée OLY Be en 2015. Cette ancienne responsable marketing chez Phillips voulait lancer un projet entrepreneurial “à impact positif”.  L’activité principale de sa jeune pousse est, à l’origine, la création de milliers de cours chaque mois dans des centaines de lieux atypiques avec des professeurs certifiés, sélectionnés pour leurs compétences et leur état d’esprit. L’objectif est de favoriser une pratique sportive régulière en répondant aux besoins actuels, à savoir une pratique du sport flexible, à côté de chez soi, à un tarif abordable qui tend à se prolonger entre élèves et enseignant autour d’un verre après les cours. La crise liée au covid sera l’occasion pour la startup de se réinventer. Avec plus de 20 000 élèves inscrits et 600 professeurs indépendants, OLY Be est aujourd’hui un acteur majeur du yoga en France. 

Un fonds de solidarité pour les professeurs de yoga partenaires 

Pour soutenir ses professeurs, tous auto-entrepeneurs et donc frappés de plein fouet par la crise du covid, OLY Be a lancé un fonds de solidarité afin de les soutenir. Elle leur a reversé 10% de son chiffre d’affaires entre mars et juin 2020.

Alors que le marché du sport de façon globale est durement impacté par la crise – les estimations du ministère des sports font état d’une possible perte de 25 % du chiffre d’affaires sur l’année pour l’ensemble de la filière sportive en France -, la pratique physique et sportive, elle, se voit boostée par le confinement. Les français se mettent à faire du sport chez eux. On constate une croissance de 50% des recherches Google sur le mot « yoga » entre le 14 et le 28 mars.

Le marché du yoga est extrêmement dynamique en France : il représente 420 millions d’euros avec près de 3 millions de pratiquants et une croissance annuelle de 10%. Et il a un potentiel énorme : le yoga pèse 80 milliards de dollars au niveau mondial, compte 300 millions de pratiquants et un taux de pénétration de 17% aux États Unis. Alors qu’en France et en Europe le taux de pénétration est compris entre 5 et 8%, le potentiel de croissance semble colossal.

L’objectif d’OLY Be est de continuer à favoriser l’accès au plus grand nombre au yoga, et ce sur plusieurs plans. Financier d’abord : les cours commencent à 8 euros là où les tarifs avoisinent plutôt les 20 euros pour un cour collectif classique. Géographiquement ensuite, en multipliant des lieux d’accueil des cours. Et enfin, en termes d’état d’esprit : “On veut montrer que le yoga n’est pas qu’une activité qui se pratique dans le 11e arrondissement de Paris, et qui implique de manger du quinoa et boire des jus detox, ironise sa CEO. Le yoga revêt plein de pratiques, qu’elles soient douces ou très dynamiques. Tout un chacun peut s’y mettre avec l’approche qu’il souhaite. Nous voulons qu’un nombre croissant de personnes profite de l’impact positif de cette pratique.”