Dans le top 10 des applications mobiles les plus utilisées, seules deux n’appartiennent pas à Google ou à Facebook. Dans ce marché saturé par les deux géants, comment les start-up peuvent-elles espérer se démarquer ? L’un des premiers investisseurs de Snapchat explique pourquoi il continue d’investir dans des applications mobiles. Et comment retenir son attention.

Combien possédez-vous d’application mobile sur votre smartphone ? À quand remonte votre dernier téléchargement ? En moyenne, nous utilisons 30 applications par mois (9 par jour), soit un tiers du total des téléchargements d’apps, selon le rapport 2016 du cabinet spécialisé App Annie. À 9 par jour et 30 par mois, le compte n’y est pas : nous utilisons donc certaines applications beaucoup plus fréquemment que d’autres. Top 10 des utilisations selon ComScore : Facebook, Youtube, Messenger, Google Search, Google Maps, Instagram, Snapchat, Google play, Gmail et Pandora. Dans ce palmarès, les deux seules à ne pas appartenir à Google ou Facebook sont Snapchat et Pandora. Ce qui signifie que pour une start-up, lancer une nouvelle application sur ce marché saturé est aventureux.


Si certains observateurs s’accordent à dire que le modèle de la start-up a vécu, l’idée selon laquelle « les applications sont mortes au moins depuis 2011 » est encore plus fréquente. Rien qu’en 2016, toujours selon App Annie, 90 milliards d’applications ont été téléchargées sur l’App Store ou Google play, plus 15% par rapport par rapport à l’année précédente. Mais le risque de se faire avaler ou écraser par Facebook ou Google est immense pour une jeune pousse et la tendance serait à ne tout simplement plus lancer de nouvelle application. C’est avec ce constat jugé de « pessimiste » que Jeremy Liew, parmi les premiers investisseurs de Snapchat, ouvre un texte expliquant pourquoi il continue d’investir dans des apps mobiles

Croissance et engagement

Le chiffre d’affaires reversé aux éditeurs par l’App Store et Google Play a progressé de 40% en 2016, pour atteindre 35 milliards de dollars, selon App Annie. Pour Jeremy Liew, « si elles [les apps] ont le bon produit, elles peuvent atteindre une croissance virale ». « Pour construire une grande entreprise, vous avez à la fois besoin de croissance et d’engagement », indique l’investisseur. Et malgré le temps passé sur Facebook, Instagram ou Snapchat, Jeremy Liew reste persuadé que du temps de cerveau peut être disponible pour d’autres applications. Mais il prévient, la grande majorité des apps ne parviendront pas à de tels succès, mais celui-ci reste possible.

Alors que cherche l’investisseur, toujours en quête du prochain Snapchat ? « Si votre application a atteint au moins 10 000 utilisateurs par mois avec un fort engagement ( 25% d’utilisateurs quotidiens sur le total des utilisateurs, avec au moins trois sessions par jour), rétention (30% des utilisateurs sont encore là au 30ème jour) et croissance (30% par mois), j’aimerais avoir de vos nouvelles ! »

Le site Recode a tenté de traduire les critères de Jeremy Liew. Il investira ainsi dans des applications qui comptent déjà 10 000 utilisateurs, dont 25% d’utilisateurs quotidiens, qui continuent d’aller sur l’application un mois après le téléchargement. Il faudra également que l’app réalise une croissance de 30% d’utilisateurs supplémentaires par mois. Croissance et engagement qu’il disait.