Alors que l’écosystème entrepreneurial français connait un essor depuis plusieurs mois, nous sommes partis à la rencontre d’entrepreneurs français installés à Amsterdam.

Collés les uns aux autres, des containers colorés. À l’intérieur, une décoration digne d’Instagram. Autour, l’une des universités de la ville, des travaux en pagaille et quelques immeubles récents. Nous sommes à l’est du centre ville d’Amsterdam, dans le quartier de Science Park. C’est là qu’est venue s’établir la start-up My Reputation Lab, fondée par Isabelle Chabry et Mylena Pierremont. « L’immobilier est assez cher dans le centre, tout comme les gros incubateurs comme B. Amsterdam. Alors qu’ici, les environs se développent et les prix sont attractifs », explique Isabelle Chabry. Son entreprise est spécialisée dans le community management pour des particuliers à titre professionnel : CEO, cadres supérieurs, chefs…

Créer une entreprise en un claquement de doigts

Il a fallu 24 heures à l’entrepreneure française pour créer son entreprise alors qu’elle n’a pas encore réussi à ferme correctement son entreprise créée en France il y a plusieurs années. En Hollande, les démarches administratives sont simples : « L’administration a une démarche constructive et essaye d’aider si on commet des erreurs. Personne ne nous tape sur les doigts et tout le monde parle anglais ». Même son de cloche chez Growth Tribe, spécialisée dans la formation dans le growth marketing (ensemble de techniques et d’outils pour augmenter la croissance d’une entreprise, NDLR). Les trois cofondateurs n’ont rencontré aucune difficulté pour constituer leur entité. « Je crois que cela m’a pris 20 minutes pour créer la société, avec un capital social de 4 € et ça n’a jamais posé aucun problème vis-à-vis de nos fournisseurs, détaille Quentin Lacointa, l’un des associés. À Amsterdam, tout le monde parle anglais et il est possible d’avoir une envergure internationale rapide. Après deux ans d’existence, nous allons à Londres dans quelques mois. » David Arnoux, un autre associé de renchérir : « C’est très excitant tout ce qu’il se passe ici. Tout va très vite ».
Le revers de la médaille ? Le recrutement. Au début, le business modèle de Growth Tribe reposait sur des consultants, placés chez les clients, qui demandaient toujours à rallonger les missions. « Il fallait toujours plus recruter alors que seulement un consultant sur 500 avait le profil recherché », déclare David Arnoux. Le gouvernement a fait campagne il y a peu pour attirer des grandes entreprises comme Netflix qui y a implanté son siège européen en mars 2015. « Le pays n’est pas taillé pour, il n’y a pas assez de main d’œuvre tech. Tout le monde se bat pour les mêmes profils », confirme Isabelle Chabry. Les deux fondatrices cherchent un profil tech, qui deviendrait associé, depuis environ 8 mois. Elle pointe du doigt également l’intervention de la Silicon Valley dès que les start-up grossissent : « Quand les levées de fonds dépassent le million, elles vont toutes aux États-Unis, pour revenir quelques années plus tard ».

Pourquoi avoir dit non à la France ? 

« Il y a trois ans, je n’avais pas confiance en l’écosystème français », lâche David Arnoux. « En France, on est bon pour aider les jeunes pousses au début. Par contre, tous les avantages disparaissent après deux ans, ce qui les tue », précise Isabelle Chabry. Depuis peu, la scène entrepreneuriale française tire son épingle du jeu face à des villes comme Londres, Berlin ou Dublin avec l’arrivée de Station F ou de fonds d’investissement comme Atomico. « Xavier Niel donne une chance à la France d’être parmi les premiers en Europe. Mais, je veux voir la transformation. Dans les faits, est-ce que le but est de créer des fleurons français comme BlaBlaCar  ? », se demande Isabelle Chabry. L’avenir nous le dira…