Fabriquer made in France est un casse-tête autant qu’un défi pour ceux qui allient la passion du vélo au goût d’entreprendre comme Benoit Richard, jeune fondateur de 1886 Cycles. Ses beaux vélos au galbe rétro séduisent une clientèle en quête de simplicité et de fiabilité.

 


 

Désirée de Lamarzelle : Pourquoi ce titre 1886 ? 

Benoit Richard : 1886 est l’année de fabrication du premier vélo en France à Saint-Étienne qui est devenue le berceau de la bicyclette et dont je suis originaire. Tout est parti des usines de Manufrance, manufacture d’armes qui ont recyclé leurs tubes en acier pour fabriquer les premiers vélos français et commercialisé dans leur catalogue en 1890. Cela a duré 100 ans c’est à dire jusqu’en 1986, année où Bernard Tapie a liquidé Manufrance pour le franc symbolique. C’est donc une sorte d’hommage à ma passion du vélo, transmise par mon grand-père stéphanois et un clin d’œil à l’histoire du cycle.

 

Quel a été le déclic pour vous lancer sur le marché du vélo très préempté par l’Asie ?

Après avoir beaucoup retapé des vélos pendant mes heures libres, j’ai eu envie de créer un vélo qui redevienne un bel objet fiable, et simple d’utilisation, mais surtout qui ne se dérègle pas tous les 100km. C’est parti comme ça et me voila pionnier sur un segment de marché qui est « Neo vintage » des vélos avec un style classique mais revisité. Mais avec des accessoires qui améliorent sa praticité comme par exemple la transmission à courroie qui remplace la chaîne.

 

Peut-on parler de Made in France ?

J’essaie de produire au maximum en France mais malheureusement pas entièrement. La France pionnière du vélo s’est complètement désindustrialisée. Mon point de départ était le ‘’made in France’’, mais j’arrivais à un prix de vente deux fois plus cher que la concurrence. J’ai pris le problème dans l’autre sens en composant avec l’importation tout en maximisant la production locale pour atteindre le même prix de vente. 


Votre vélo est très simple mais élégant… c’est la force du design français ?

Oui sur le look, le design nous avons en France un savoir-faire qui fait notre réputation, dans pas mal de secteurs comme le luxe, la mode, la gastronomie etc…Nous sommes attentifs à proposer des produits de qualité à un prix qui peut paraître onéreux mais qualitatif et qui se justifie. Je me suis vraiment attardé sur les détails et c’est vrai que je peux m’enorgueillir d’avoir reçu énormément de compliments sur mes vélos et leur look.

 

Il y a d’ailleurs un net regain des français pour le vélo…

Oui déjà avec le vélo urbain qui offre une alternative à la saturation du trafic routier. Cela a commencé il y a déjà quelques années. Aujourd’hui je crois également au retour de la bicyclette comme loisir. Rouler en vélo donne un sentiment de liberté et vous fait sentir en connexion avec la nature, une sensation unique et de plus en plus recherchée par les sédentaires.

 

Avec le vélo vintage vous surfez également sur la nostalgie d’une époque qui nous échappe ?

Oui cela correspond peut-être à l’envie de revenir à des fondamentaux. Je dessine et fabrique des vélos qui nous rappellent des choses qui se veulent simples… ils ne sont pas compliqués à utiliser, j’ai d’ailleurs supprimé le dérailleur qui était des principaux problèmes d’utilisation occasionnelle du vélo. J’avais fait un salon à Paris où beaucoup de gens m’ont dit qu’ils voulaient quelque chose de simple, sans tableau de bord sur le guidon avec plein d’applications… et que surtout cela fonctionne.

 

Vous faites également des vélos électriques ?

Oui nous avons des électriques « musculaires » qui correspondent au système d’assistance, mais ce n’est pas un moteur.

 

 

1886 Cycles Avec un chiffre d’affaire de 100 000 euros par an et une centaine de vélos produits par an, la startup lancée en 2017 commercialise des vélos qui se distinguent par leur design épuré, élégant. Ils sont conçus, peints et montés en France à Saint Etienne.

 

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