Global Risks Report : Quels sont les dix éléments qui pourraient perturber rapidement et radicalement le fragile équilibre planétaire ? Alors que le Forum Economique Mondial se tiendra du 23 au 26 janvier à Davos en Suisse, sa fondation publie ce 17 janvier la 13ème édition du Global Risks Report. Pour la deuxième année consécutive, les risques environnementaux dominent l’enquête. 59% des experts interrogés font part d’une intensification des risques en 2018. Mais tout n’est pas perdu, ajoute le Forum Economique Mondial : les perspectives économiques positives pourraient permettre aux dirigeants de s’attaquer aux différents problèmes systémiques.

Risques environnementaux, cybersécurité, géopolitique, économie… Le Global Risks Report, publié chaque année au mois de janvier, est état des lieux qui intervient en amont de la réunion du Forum Economique Mondial de Davos (Suisse) du 23 au 26 janvier. Etat des lieux, et sonnette d’alarme. « La nature structurelle et interconnectée des risques en 2018 menace le système même sur lequel les sociétés, les économies et les relations internationales sont basées », introduit le rapport.


Quels sont les risques les plus importants auxquels le monde sera confronté dans l’année ? Et par extension, quels sont les thématiques sur lesquelles les dirigeants de ce monde devraient s’attarder ? Cette année, le rapport nous avertit que « nous peinons à suivre le rythme accéléré du changement, et il met en évidence de nombreux domaines où nous poussons les systèmes jusqu’à leur limite, que ce soit en provoquant un taux trop élevé d’extinction des espèces, une réduction trop importante de la biodiversité, ou en nous dirigeant vers la possibilité de nouvelles guerres. »

Aggravation des affrontements politiques ou économiques

Face à ces constats, rien d’étonnant à ce que 59% des 1000 experts consultés dans le cadre de l’enquête considèrent que 2018 sera une année d’intensification des risques. Pour le rapport, ce pessimisme « s’explique en partie par la détérioration du paysage géopolitique ». En effet, 93% des sondés s’attendent à une aggravation des affrontements politiques ou économiques entre grandes puissances, et près de 80% à une augmentation des risques de guerre impliquant les grandes puissances. Les tensions récentes entre Donald Trump pour les Etats-Unis et Kim Jong Un pour la Corée du Nord ne sont probablement pas innocentes dans ce taux d’inquiétude.

Côté business, les principaux risques sont le chômage, l’échec des politiques nationales, les crises financières, l’échec du système financier et les cyber attaques.

Risques environnementaux

Comme en 2017, l’environnement reste la source principale de préoccupation. « Une année marquée par des ouragans dévastateurs, des températures extrêmes et la première augmentation des émissions de CO2 depuis quatre ans », souligne le rapport.

« Les risques environnementaux, conjugués à une vulnérabilité croissante à d’autres risques, menacent maintenant sérieusement les fondements de la plupart de nos biens communs », souligne Alison Martin, Chief Risk officer, de Zurich Insurance Group qui a participé à l’étude. « La réaction des gouvernements et des organisations face au changement climatique est bien trop tardive. » Le Président américain Donald Trump, qui est sorti de l’accord de Paris sur le climat cette année, est attendu cette année à Davos.

Cybersécurité et tensions militaires

Autre risque mis en avant par l’enquête, la cybersécurité. « Les attaques contre les entreprises ont presque doublé en cinq ans », « l’impact financier des violations de la cybersécurité est en hausse, et certains des coûts les plus importants sont en 2017 sont liés aux attaques de rançongiciels qui représentent 64% de tous les courriels malveillants ». L’année ayant notamment été marquée par les attaques NotPetya et Wannacry.

Occasion en or

« La complexité et l’interdépendance croissantes de nos systèmes mondiaux peuvent entraîner des boucles de rétroaction, des effets de seuil et des perturbations en cascade », alerte le rapport. Partant de ce constat, de cette potentielle imbrication des faits les uns aux autres, le Global Risks Report propose cette année, non pas des « prédictions », mais « des cas qui donnent matière à réfléchir pour encourager les leaders mondiaux à évaluer les chocs potentiels ».

« Des perturbations simultanées dans les garde-manger nationaux menacent l’approvisionnement alimentaire mondial » ; « les mauvaises herbes de l’intelligence artificielle » ; « la mort du commerce » ; « des nouvelles vagues de populisme menacent l’ordre social dans une ou plusieurs démocraties matures » ; l’extinction d’espèces en raison de la pêche illégale pilotée par drones ; une nouvelle crise financière provoquant une « période de chaos » ; la bio-ingénérie qui creuse les inégalités entre « nantis et démunis » ; des guerres sans règles, notamment dans le domaine des « cyberguerres » ; « géopolitique identitaire » ; cyberattaques, protectionnisme et divergences réglementaires « entraînent la balkanisation de l’internet ».

Mais tout n’est pas perdu. « La perspective d’une croissance économique forte en 2018 offre aux dirigeants une occasion en or de s’attaquer aux signes de faiblesse dans de nombreux systèmes complexes qui sous-tendent notre monde, tels que les sociétés, les économies, les relations internationales et l’environnement. »

Mais malgré la croissance, note le rapport, « l’inégalité reste classée au troisième rang des facteurs de risques sous-jacent ». Le Global Risks Report en appelle donc aux gouvernements les interpellant pour profiter d’une embellie économique pour régler des problèmes systémiques.