Période particulièrement faste et charnière – doux euphémisme – pour les compagnies aériennes, l’été touche à sa fin. L’occasion de dresser le bilan en termes de ponctualité et de qualité de service des transporteurs. Revue de détail.

Aéroports bondés, files d’attente interminables,  manque de communication avec les personnels au sol… Aux quatre coins du monde, des millions de voyageurs, désireux de « simplement » couper avec le quotidien pour partir en vacances et recharger leur batterie, ont vécu un véritable chemin de croix cet été pour quitter leur territoire et profiter pleinement de leur sas de décompression.  En cause : les retards et les annulations de vols de certaines compagnies aériennes qui ont pu aller jusqu’à gâcher entièrement le séjour de certains voyageurs. Si, selon l’adage, « un arbre qui tombe fait plus de bruit qu’une forêt qui pousse », la (grande) majorité des vols a été assurée en cette période estivale,  juilletistes et aoûtiens ont dû parfois renoncer, la mort dans l’âme, à leur séjour quand une annulation intempestive (et parfois sans qu’ils fussent prévenus)  venait mettre à mal leur calendrier et perturber leur itinéraire. Selon les estimations de la plateforme RefundMyTicket, en charge de ce palmarès, ce sont quelque 5,8 millions de passagers qui ont essuyé des retards importants et des annulations.

Car un retard d’une à trois heures peut, de facto, empiéter sur le vol suivant que vous aviez initialement programmé. Et les « compensations » en cas d’annulation s’avèrent parfois ubuesque. Exemple concret :  vendredi 17 août, à partir de 19H, en raison d’une dégradation sévère de la météo, tous les vols au départ de Roissy-Charles de Gaulle à destination de Barcelone sont purement et simplement annulés. Un couple devant s’envoler pour la Catalogne avant de se rendre à Valence pour entamer une visite « étape par étape » du pays va se faire proposer un vol… trois jours plus tard, soit le lundi matin. La compagnie incriminée : la low-cost ibérique Vueling qui figure (trop) souvent parmi les mauvais élèves de ce classement, comme nous le verrons par la suite. Au sein de cette première catégorie (les retards de plus d’une heure), la compagnie tchèque « truste » la tête du classement (15,34% de ses vols accusant une heure de retard), devançant le transporteur portugais TAP Portugal (13,38%), d’une courte tête Vueling (13,33%) et une autre compagnie low-cost bien connue, Easy Jet (13%).

Le « mauvais élève » Vueling

Concernant ces deux dernières, le « business plan » des low-cost est par essence basé sur une gestion à court terme qui les empêche d’estimer plus justement leurs besoins en ressources humaines. Sur le front des retards de plus de 3 heures,  Easy Jet et Vueling figurent également sur le podium, respectivement à la deuxième et troisième place avec des taux de retard de 1,2% et 1,17%. Les deux compagnies sont devancées par JetAirFly et un taux de 1,91%. Sur le front des annulations, EasyJet redore quelque peu son blason puisqu’elle n’est pas présente parmi les 10 premiers de ce classement… où Vueling s’offre (encore) une belle troisième place avec 2,89% des vols annulés. La compagnie espagnole est devancée par Wideroe (4,57%), méconnue compagnie norvégienne, tandis que la française Hop ! caracole en tête de ce triste classement avec un taux d’annulation de 6,06% .

Mais aux antipodes de ce classement, la low-cost d’Air France, Transavia, redore le blason hexagonal terni par Hop ! puisque la compagnie dirigée par Nathalie Stubler fait montre d’une (presque) fiabilité à toute épreuve avec seulement 0,02% de vols annulés. La compagnie française est seulement devancée par Aegean Airlines et 0% d’annulation. Concernant Air France qui, après avoir navigué à vue tout l’été dans l’attente de son nouveau patron, a débauché le canadien Benjamin Smith, la compagnie est seulement classée 9e compagnie la plus fiable avec 0,61% de vols accusant un retard de plus de trois heures et 1,38% de vols annulés. Peut (et doit) mieux faire. Retrouvez l’intégralité de ces différents classements ici