Lors du Forum économique mondial (WEF), nous pouvons assister à la rencontre de deux grandes tendances macroéconomiques. D’une part, le besoin de créer un environnement de travail juste pour les femmes et les minorités, et d’autre part, les effets négatifs de l’automatisation et de l’intelligence artificielle sur la main d’œuvre mondiale.

 


En novembre dernier, le Global gender gap report 2017 (Rapport mondial de 2017 sur la parité) du Forum économique mondial (WEF) tirait la sonnette d’alarme car les progrès en matière de parité dans les domaines techniques ont décliné par rapport à 2016. « En 2017, nous ne devrions pas assister à une régression de la parité » déclare Saadia Zahidi, directrice de l’éducation, du travail et de la parité pour le Forum économique mondial.

 

Le WEF a redoublé d’efforts pour palier la disparité présente en son sein en nommant des femmes à toutes les positions de coprésidentes pour les sept sommets, avec notamment la directrice du Fond monétaire international Christine Lagarde et la PDG d’IBM, Ginni Rometty. Cette décision est symbolique car seulement 20 % des participants à ces conférences sont des femmes.

 

La révolution de la reconversion professionnelle

 

Afin de lutter contre cette tendance de disparité croissante, le Forum économique mondial s’est focalisé sur la reconversion professionnelle, car elle serait l’élément clé de l’égalité homme femme. Dans le rapport Towards a reskilling revolution : A future of jobs for all (Vers une révolution de la reconversion professionnelle : un avenir avec un emploi pour tous) rédigé par le WEF et le Boston Consulting Group et paru ce mois-ci , le WEF expose une méthode basée sur des données permettant d’identifier les opportunités d’emploi et de reconversion.

 

Cependant, les participants du WEF ne peuvent pas se satisfaire de rapports écrits. Hier, l’organisation annonçait le lancement d’une nouvelle initiative de reconversion dans le secteur de la technologie visant un million de personnes sur les trois prochaines années, nommé l’IT Skills Initiative. Il s’agit d’un portail de formation en ligne, SkillSET, qui a été conçu par PwC, l’une des principales entreprises impliquées.

 

La communauté de représentants informatiques du WEF est responsable de SkillSET, sous l’autorité de son président Chuck Robins, PDG de Cisco. Les partenaires fondateurs sont les suivants : Accenture, CA Technologies, Cisco Systems, Cognizant, Hewlett Packard Enterprise, Infosys, Pegasystems, PwC, Salesforce.com, SAP et Tata Consultancy Services.

 

Mike Grégoire, PDG de CA Technologies, prendra la suite de Chuck Robins cette année. « Le type d’emplois que nous créons nécessite des compétences différentes, précise Mike Grégoire lors d’une interview. Le conseil des responsables informatiques reconnaît qu’il faut jouer un rôle plus important dans la reconversion professionnelle. »

 

Bien que SkillSET sera certainement utile pour les personnes actuellement sans emploi ou qui souhaitent se réorienter, son objectif principal est d’aider les personnes bénéficiant déjà d’un emploi à améliorer leurs compétences au sein de leur entreprise.

 

Grimper les échelons

 

Le besoin de reconversion professionnelle est pressant car bon nombre des emplois actuels deviennent obsolètes. « Six millions d’emplois administratifs sont en voie de disparition à travers le monde, ajoute Mike Grégoire. Cette initiative a été conçue pour les employés présents sur le marché du travail depuis plus de cinq ans et dont l’emploi est menacé par les nouvelles technologies. »

 

Ces changements peuvent affecter tous les secteurs d’activité et pas uniquement les emplois administratifs. « La frontière entre travail technique et travail administratif est en train de s’effacer, explique Mike Grégoire. Mais il faudrat toujours travailler avec un ordinateur et utiliser des données. »

 

Certains contenus de SkillSET sont davantage orientés vers les compétences spécifiques en relation direct avec les produits des entreprises partenaires car le marché du travail les demande. Cependant, l’initiative ne fait pas que former sur les produits de ses créateurs. 

 

En réalité, la plupart des formations proposés sont dans le domaine technique ou tournées vers la gestion. « Par exemple, la gestion de projet, la gestion clientèle et surtout des compétences commerciales, précise Mike Grégoire. Ce sont les nouvelles compétences de base. »

 

L’IT Skills Initiative souhaite égaliser les chances, non seulement parmi les professionnels nécessitant des formations, mais également parmi les femmes, les ouvriers non qualifiés et les minorités. Elle souhaite étendre les connaissances numériques à une plus grande population d’employés pour leur permettre de grimper les échelons de leur entreprise.

 

Dans l’environnement de travail actuel, tirer avantage de ce système est indispensable pour tout individu souhaitant faire carrière. Avec cette initiative, le WEF passe à l’action afin généraliser les connaissances numériques après du public mondial.