Les compagnies aériennes ne devraient pas se laisser distraire, elles devraient plutôt rester concentrées sur ce qui est réellement important, surtout après l’explosion d’un moteur d’un appareil de la compagnie Southwest aux États-Unis, qui a provoqué le décès d’une passagère. Malgré tout, les compagnies aériennes et les constructeurs ont bien trop de mal à résister à l’appel du bas coût et à l’idée de pouvoir faire voyager toujours plus de passagers. Voilà pourquoi de nouvelles innovations visant à améliorer le « confort du passager » devraient bientôt se retrouver à bord des avions de vos compagnies aériennes préférées. On trouve notamment des « sièges debout » et des couchettes en soute, sans même parler d’un bimoteur monocouloir pouvant transporter 200 passagers compactés pour un vol d’une durée maximale de onze heures sur plus de 7 500 km.

En 2010, le directeur général de Ryanair, Michael O’Leary, était le premier à proposer l’idée de « sièges debout » pour des vols court-courriers, et ce, pour la modique somme de 4 £ (4,60 €). Cette nouvelle avait été présentée comme une blague ou un coup médiatique, tout comme la rumeur qui disait que les toilettes des avions de la même compagnie seraient payantes.


Il semblerait que son rêve de pouvoir remplacer certaines toilettes des avions par des sièges supplémentaires se soit réalisé, car le Boeing 737 Max se targue de disposer de minuscules toilettes pour pouvoir accueillir davantage de sièges. Cette idée de « sièges debout » a fait son grand retour sous la forme de SkyRider 2.0.

Le fabricant de sièges italien Aviointeriors a fait une démonstration de son SkyRider 2.0 à l’Aircraft Interiors Expo qui s’est tenue cette année à Hambourg en Allemagne. Ces sièges relevés présentent un long dossier et seulement une petite assise sur laquelle pourra s’installer le passager. Ce genre de sièges devrait aider les compagnies aériennes à atteindre une densité extrême en installant davantage de personnes en cabine grâce à une réduction l’espace (déjà limité) entre les rangées. Le fabricant a peut-être trouvé la solution pour répondre à l’inquiétude concernant l’espace se réduisant toujours plus entre les rangées de sièges.

Cette configuration est qualifiée de 2.0, car elle est différente de la première tentative du fabricant italien et qui n’avait pas été approuvée par la FAA (Federal Aviation Administration). Cette nouvelle version est plus rembourrée en plus de disposer d’une meilleure accroche au sol.

On peut trouver de nombreux inconvénients à ce genre de sièges, du manque de rangement, à l’impossibilité de placer une valise en-dessous, en passant par l’absence d’écran.

Aviointeriors a néanmoins préparé toute une liste d’avantages pour répondre à ses détracteurs, bien que la plupart de ses points forts le soient surtout pour la compagnie aérienne, et non pour le client. « La configuration de ces sièges permet d’augmenter la capacité de l’avion de 20 %, les compagnies aériennes peuvent ainsi augmenter leurs bénéfices », selon le porte-parole du fabricant. « SkyRider 2.0 pèse moitié moins lourd qu’un siège de classe économique basique et sa maintenance est facilitée par sa simplicité ». Toujours selon Aviointeriors, la position debout fournira aux passagers un « confort adéquat » en vol.

Si dans le futur, vous souhaitez voyager confortablement, vous pourrez peut-être opter pour une couchette. Les couchettes sont bien sûr disponibles dans les cabines premiums de nombreux avions long-courriers, à un prix premium lui aussi. Des couchettes sont disponibles sur certains Airbus A330, comme chez Hawaiian Airlines pour ses vols entre New York et Hawaï. Mais, dans le futur, imaginez plutôt un compartiment couchette situé dans la soute de l’appareil.

 

Airbus
L’aménagement d’un compartiment couchettes dans la soute vu par Airbus et Zodiac Aerospace | Krisztian Bocsi/Bloomberg via Getty Images

 

C’est ce sur quoi le constructeur Airbus et le fabricant de sièges Zodiac Aerospace (un groupe aérospatial français fondée en 1896) travaillent : des couchettes se situant dans les soutes inférieures. Pour créer ce nouveau module, les deux entreprises se sont inspirées de l’idée d’intégrer un espace de repos pour l’équipage au niveau du pont inférieur.

Ce concept a également été dévoilé lors de l’Aircraft Interiors Expo de cette année. Airbus affirme que ces modules « offrent de nouvelles possibilités pour fournir davantage de services aux passagers et améliorer l’expérience tout en permettant aux compagnies aériennes de se différencier en apportant une valeur ajoutée ». 

L’idée de permettre au passagers de dormir en position allongée a également germée à l’esprit du PDG de Qantas Airways Ltd, Alan Joyce. Il affirme que sa compagnie est bien consciente que certains vols depuis les États-Unis et l’Europe vers l’Australie peuvent durer jusqu’à 17 heures. Alors elle étudie actuellement des solutions qui permettraient de rendre ses longs voyages plus supportables. L’une d’entre elles serait d’utiliser une partie de la soute pour y mettre des couchettes.

Airbus et Zodiac affirment que ces nouveaux modules pour passagers peuvent être facilement interchangeables avec des configurations de soutes plus classiques. « Nous avons reçu de très bons retours de plusieurs compagnies sur nos premiers prototypes », affirme Geoff Pinner, responsable du programme Cabine et Cargo d’Airbus. Les couchettes devraient d’abord être disponibles sur les A330 à partir de 2020, si ce segment trouve des clients. L’intégration de compartiments couchettes sur l’A350 XWB est également à l’étude.

Ces innovations seront-elles disponibles chez vos compagnies aériennes préférées ? En ce qui concerne les modules, les agences de régulation devront certifier à nouveau les avions à cause des passagers et du poids supplémentaires, ce qui pourrait réduire la portée de certains vols long-courriers. Si les modules sont utilisés pour les passagers déjà présents dans l’avion sans en ajouter de nouveaux, alors les capacités des soutes seront réduites.

Quant aux « sièges debout », il faut encore répondre à de nombreuses questions en matière d’utilisation, de sécurité et de réglementation, notamment la crainte que l’augmentation du nombre de passagers ralentisse l’évacuation de l’appareil en cas d’urgence.

Mais dans le secteur des compagnies aérienne, il n’y a jamais de mauvaises idées. En 2017, le fondateur et PDG de VivaColombia, William Shaw, s’était intéressé à la possibilité de proposer des places debout, sans siège : « Nous sommes extrêmement intéressés par tout ce qui permet de voyager moins cher ».