Europages, leader des annuaires en ligne dédié au B2B, change de nom pour s’appeler Visable. Ce re-naming s’incorpore dans une plus large stratégie de croissance paneuropéenne, après une décennie de crise. 

C’est une petite révolution dans le marché des “pages jaunes” du B2B. Experts du marketing B2B en Europe depuis des décennies, les sociétés Europages  et « Wer liefert was » (wlw) accélèrent leur expansion digitale et internationale et se réunissent sous la marque corporate Visable. Si les services continuent d’exister en propre avec leurs noms respectifs, Visable propose désormais une panoplie d’outils marketing pour permettre aux PME et ETI européennes ciblant le B2B de doper leur business et s’exporter grâce au web.


Europages a été créée en 1982 par des annuaires postaux professionnels, l’équivalent de nos « pages jaunes » de plusieurs pays européens (dont Allemagne, Belgique, Espagne, France, Italie). 35 ans plus tard c’est le site de sourcing exclusivement B2B le plus visité d’Europe avec 36 millions de visites par an ; expert en ciblage et en marketing digital au service des PME-TPE qui souhaitent développer leur activité sur le marché national mais aussi s’exporter en Europe et à l’international. C’est une société du groupe allemand Wer liefert was (wlw) leader des plateformes de mise en relation B2B en Allemagne, en Autriche et en Suisse avec 360 collaborateurs en Europe et 55 M€ de CA. Cet été Europages et sa maison mère wlw ont accéléré la transformation internationale du groupe en annonçant leur réunion sous la marque corporate Visable.

Forbes France s’est entretenu avec Julien Poilleux, directeur général de Visable, plus grand annuaire en ligne européen à destination des entreprises. 

Forbes France : Pourquoi avoir choisi de changer de nom ?

Julien Poilleux : Europages a été créée en 1982 et nous avons été rachetés en 2016 par wlw. En quarante ans, nous sommes passés d’un annuaire print à un annuaire print et digital dans les années 2000, puis à un annuaire 100% numérique dans les années 2010.  Ce changement de nom est l’aboutissement d’un processus de construction d’un acteur européen spécialisé dans le marketing digital pour les entreprises du secteur B2B. Nous avons changé de nom mais aussi de structure pour créer une seule marque employeur et commerciale.

Dans quelle stratégie plus globale ce changement de nom s’inscrit-il ? 

Cette stratégie vise à créer le plus gros acteur européen permettant à une PME n’importe où sur le continent de développer son business. Pour cela nous nous appuyons à la fois sur anciennement Europages dont le siège est à Paris et wlw, la branche allemande. Nous avons également intégré un de nos produits qui permet une optimisation de la gestion de Google Ad, afin de nous imposer aussi comme une agence experte en référencement payant pour les entreprises. L’idée est aussi de créer une véritable entité pan européenne.

Quelles ont été les difficultés rencontrées par Europages ces dernières années ? 

Nous avons une structure qui a connu de profondes transformations ces dix dernières années. Nous sommes passés d’un annuaire print à un annuaire complètement online, avec un moteur de recherche qui présente une technologie très avancée. De 30 millions d’euros de chiffre d’affaire fin à la fin des années 2000, nous avons réalisé un CA de 6 millions d’euros en 2018. 2019 s’annonce comme la première année de croissance depuis longtemps. Nous avons mis en place un plan général de restructuration. Nous sommes sur un projet de redressement, de “restart-up”.

D’où venaient ces difficultés ? 

Il y a deux facteurs. Le premier a commencé vers 2005 quand nous avons entamé la transition print-digital. Auparavant, les clients achetaient leur présence sur le papier à hauteur de 1 000 ou 1 500 euros. En ligne, c’est très différent, il y a des questions de rang dans le référencement, de traduction des contenus de 15 à 26 langues qui se fait “à la main”, car nous ne passons pas par de la traduction automatique… En somme nous sommes passés de la commercialisation d’un outil très simple à un outil très sophistiqué. Beaucoup de nos anciens clients “papier” ne nous ont pas suivis sur le digital. 

Le second facteur est qu’Europages a été à un moment l’association de toutes les pages jaunes européennes. Sauf que ces entités ont rencontré les mêmes problèmes que nous et se sont peu à peu retirées, comme les Pages Jaunes françaises, ce qui nous a fait perdre des milliers de commerciaux sur le territoire français. 

A terme, quel est votre objectif ? 

Notre ambition claire est de nous positionner comme l’acteur européen de référence dans le marketing digital B2B à l’instar d’Alibaba pour la Chine. Alibaba a permis de mettre en relation le marché chinois avec des entreprises américaines. Ce qu’on veut, c’est permettre à un acteur slovène par exemple, de pouvoir trouver facilement un fournisseur d’aluminium ou d’huile d’olive n’importe où en Europe grâce au digital.

Le numérique vous apparaît peu développé sur le secteur B2B ? 

En B2B, seuls 70% des entreprises ont un site web, et même celles qui en ont un ne s’appuyent pas forcément sur le numérique pour développer leur business. Nous voulons aider les entreprises à mieux s’engager dans la digitalisation des activités B2B. D’autant que ce marché est énorme. Selon le rapport publié en 2016 par le cabinet d’étude américain Frost et Sullivan, le marché du e-commerce B2B pèsera 6,7 trillions de dollars d’ici 2020 dans le monde, soit deux fois plus que le BtoC. 

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