Malgré la récente augmentation du prix du Bitcoin, la plus grande cryptomonnaie du monde a encore du mal à être adoptée par le grand public. Encore pire, l’Union européenne a émis une mise en garde selon laquelle les banques centrales mondiales pourraient faire dérailler les cryptomonnaies décentralisées.

Selon un rapport sur la concurrence FinTech commandé par la Commission des affaires économiques et monétaires (qui supervise les décisions de la banque centrale européenne), si les banques et les banques centrales décidaient de créer leurs propres cryptomonnaies, alors le Bitcoin et ses semblables pourraient sérieusement en pâtir.


D’après les auteurs du rapport, membres du département thématique des politiques économiques, scientifiques et de la qualité de la vie, « l’arrivée de cryptomonnaies approuvées et plébiscitées par des banques, et même par des banques centrales, va remodeler les niveaux actuels de concurrence sur le marché crypto, en augmentant le nombre de concurrents. Cependant, la puissance de marché des banques au niveau des services traditionnels pourra servir à limiter la concurrence sur le marché via des acquisitions préventives ou une stratégie de prix agressifs ».

Les banques centrales et commerciales pourraient évincer le Bitcoin et d’autres monnaies et refuser leurs services, par exemple en bloquant les échanges ou l’accès aux portefeuilles des utilisateurs.

Le rapport, qui analyse de la concurrence dans les domaines de la banque, du marché des changes, de l’assurance, de la gestion de patrimoine, de la finance personnelle, et des cryptomonnaies, indique que le Bitcoin court un risque découlant du manque de concurrence dans le domaine du minage.

Environ 79% de l’industrie du minage de Bitcoin est contrôlée par 5 coopératives de mineurs.

Selon le rapport, la nature internationale des marchés crypto représente aussi un défi pour la politique de concurrence européenne, car « la plupart des acteurs opèrent dans des zones qui échappent à la juridiction des autorités européennes compétentes, ce qui complique les enquêtes ou procès pour comportements anticoncurrentiels. L’Europe est un leader international en ce qui concerne les services de portefeuilles et de change, avec respectivement 42% et 37% des acteurs. C’est aussi là que s’effectuent la majorité des paiements (33%). D’un autre côté, le minage se concentre plutôt dans des pays non-européens (avec seulement 13% de cette activité s’effectuant en Europe), ce qui représente une faiblesse ».

Le rapport de l’Union européenne arrive après une publication du Conseil de Stabilité Financière (CSF), un organe de surveillance financière, datant de la semaine dernière et selon laquelle les cryptomonnaies ne posent pas de risque matériel pour le système financier mondial.

Le CSF, qui a des membres provenant des économies majeures du G20 et de la commission européenne, a déclaré vouloir superviser les actifs crypto dans les banques et dans les plus grands systèmes financiers mondiaux.