Selon une étude Xerfi Canal, avec une augmentation de +1,9% en 2017, les salaires s’inscrivent dans une dynamique positive qui se poursuivra en 2018 avec une prévision de croissance estimée à plus de +2,3% !

Dans un contexte de guerre des talents, certaines entreprises rencontrent de plus en plus de difficultés à recruter de bon profil. Dans les secteurs où la pénurie de candidats se fait fermement ressentir, les salaires ont fortement progressé en 2017 et les experts prévoient une continuité de cette augmentation. Bien qu’elle ait pu être observée en 2017, ce sont les employés aux profils les plus convoités qui tirent leur épingle du jeu en négociant de belles augmentations de salaire.

Dans tous les secteurs, le salaire des Français augmente 

Selon les chiffres publiés par Xerfi Canal, les salariés ont vu leur salaire augmenter dans la majorité des secteurs. Le secteur du BTP a connu une hausse de plus de +2,5%. Les secteurs de l’industrie et du commerce, avec une intensité moins forte, ont également revu leur politique de rémunération à la hausse. Les secteurs où la hausse de salaire a été la moins importante en 2017 sont ceux des services avec une moyenne de +1,8% d’augmentation.

Les hausses de salaire observées sont en corrélation avec les difficultés de recrutement rencontrées par les entreprises. En outre, plus un secteur est en proie aux difficultés de recrutement, plus la revalorisation des salaires aura un impact significatif sur l’attraction des profils à haute valeur ajoutée. Quand seulement 35% des entreprises du secteur des services déclarent avoir du mal à recruter, elles sont plus de 60% relevant du secteur du BTP à souffrir d’un manque cruel de compétences,  indisponibles sur le marché des candidats.

La part de rémunération variable dans le salaire total a progressé en 2017

La hausse des salaires s’est donc enclenchée en 2017 et se poursuit en 2018. Portée par une revalorisation des primes et des heures supplémentaires, la part de rémunération variable dans le package total a atteint un niveau historiquement haut en 2017. En effet, selon une récente enquête réalisée par la DARES (direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques) sur les rémunérations du secteur privé, on observe une réelle remontée de la part variable dans le package de rémunération totale corrélé à un retour de la croissance économique du pays. De plus, la tendance est à l’individualisation du salaire proposé à chaque salarié, en fonction de la rareté de son profil mais également de l’environnement économique et des conditions d’exercice de ses missions.

Ainsi, les experts s’accordent sur une augmentation des salaires de +2,3% en 2018 faisant la part belle à la rémunération variable. Néanmoins, pour la première fois en 5 ans, une légère accélération du salaire mensuel de base est prévue en 2018, mais qui restera marginale comparativement au développement de la rémunération variable en entreprise.

Le salaire rémunère la rareté du profil 

L’Apec prévoit 214 800 recrutements de cadres pour 2018. Selon le cabinet Robert Half, plus de 51% des dirigeants estiment qu’il est compliqué de recruter de bons profils quand plus de 20% des salariés devraient bénéficier d’une augmentation de salaire cette année. Le manque de profils qualifiés fait grimper les rémunérations comme chez les Data Scientist dont le salaire devrait progresser de 22% en 2018 ou encore chez les spécialistes du recouvrement qui bénéficieront d’une hausse de salaire de 9%.

Les augmentations de salaire sont très étroitement liées aux prévisions classiques de croissance économique. En réponse à une croissance relativement forte, on observe une certaine tension sur le marché de l’emploi, qui peine à répondre aux besoins de recrutement et de développement des entreprises. Bien que la France enregistre un taux de chômage de 9,8% sur l’année 2017, une large majorité des demandeurs d’emploi souffre d’un manque de qualification professionnelle et se retrouve par conséquent inemployable par les entreprises en recherche de personnel qualifié, voire hautement qualifié.

Des rémunérations plus attractives

On assiste à une réelle crise des compétences. Les fonctions les plus recherchés, notamment les fonctions IT ou encore commerciales, peinent à pourvoir des centaines de milliers de postes, qui restent vacants année après année. Selon Pôle Emploi, on estime à plus de 250 000 offres d’emploi non pourvues faute de candidats en 2017, dont 1/3 uniquement sur des fonctions commerciales. 

Cette crise de compétences, palpable dans différents secteurs de l’économie, est responsable de l’augmentation des salaires. Ainsi, les entreprises proposent des packages de rémunération plus importants comportant un variable davantage attractif pour les salariés. Le recrutement des forces commerciales souffre également d’un déficit de compétences disponibles sur le marché candidats. Pour attirer ces profils, les entreprises n’hésitent plus à proposer un package de variable attractif basé sur des KPI correctement pilotés.

Le commercial doit être capable de comprendre comment est calculée sa rémunération variable de manière transparente. Valoriser la rémunération variable peut représenter un réel levier de performance pour l’entreprise qui souhaite attirer de nouveaux talents commerciaux.

Faire grimper l’enjeu de la rémunération variable des salariés en proposant un dispositif lisible, compréhensible et pilotable par des KPI cohérents est l’une des solutions privilégiées par les entreprises désireuses d’attirer les meilleurs profils en 2018.