L’Union européenne (UE) a retiré l’Irak de sa liste des pays présentant un risque élevé de blanchiment d’argent, six ans après avoir identifié le pays comme une juridiction problématique.


 

L’ambassadeur de l’UE en Irak, Ville Varjola, a rencontré le Premier ministre irakien, Mustafa al-Kadhimi à Bagdad le 9 janvier dernier. L’ambassadeur européen a déclaré apporter « la bonne nouvelle […] que l’Irak a été retiré de la liste de l’UE des pays à haut risque en matière de blanchiment d’argent. » Ville Varjola a ajouté que cette décision « ouvrira la voie à l’approfondissement de la coopération financière » entre l’Europe et l’Irak.

Mustafa al-Kadhimi s’est félicité de cette décision, déclarant qu’elle était « une manifestation de l’efficacité de nos efforts diplomatiques. Nous continuerons à travailler avec diligence pour servir nos intérêts nationaux et obtenir le statut que l’Irak mérite. »

La décision de l’UE intervient alors que l’Irak se rapproche lentement de la formation d’un nouveau gouvernement, après les élections générales d’octobre 2021. Depuis juillet 2016, l’Irak faisait partie de la liste rouge de l’UE dans le cadre de la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

La liste des pays à haut risque en matière de blanchiment d’argent fait souvent l’objet de modifications : l’Éthiopie, le Sri Lanka, Trinité-et-Tobago et la Tunisie ont été ajoutés en 2017, et le Pakistan l’année suivante. En 2020, la Bosnie-Herzégovine, la Guyane, le Laos, l’Éthiopie, la Mongolie, le Sri Lanka et la Tunisie ont tous été retirés de la liste.

Avec le retrait de l’Irak, il ne reste plus que 18 pays sur la liste, dont l’Afghanistan, le Zimbabwe, les Bahamas, la Syrie et le Yémen.

 

Une décision en accord avec la « liste grise » du Groupe d’action financière (GAFI)

La décision de l’UE est conforme à la position d’autres organismes de surveillance intergouvernementaux. Désormais, la liste de l’UE est similaire à la « liste grise » du GAFI, l’organisme mondial de surveillance de la lutte contre le blanchiment d’argent basé à Paris.

L’Irak a été retiré de la liste du GAFI en juin 2018. À l’époque, l’organisation avait déclaré que le pays avait réalisé « des progrès significatifs en matière d’amélioration de son régime de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. »

Onze pays figurent à la fois sur la liste de l’UE et celle du GAFI, notamment le Cambodge, la Jamaïque, Myanmar et le Panama. Il a récemment été signalé que les Émirats arabes unis pourraient être placés sur la « liste grise » du GAFI, mais cette information n’a pour l’heure pas été confirmée.

 

Article traduit de Forbes US – Auteur : Dominic Dudley

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