Deux ans jour pour jour après son arrivée dans l’Hexagone, le service de livraison de repas UberEATS a d’ores et déjà pris ses quartiers dans 20 villes en France et peut même se targuer d’être leader  en termes de chiffre d’affaire sur notre territoire. Une installation réussie sur laquelle revient, par le menu, Guido Gabrieli, Directeur général France de l’entité UberEATS. L’occasion également d’évoquer ses ambitions pour l’année 2018.

Pouvez-vous, dans un premier temps, revenir sur la genèse d’UberEATS qui vient de fêter ses deux années de présence en France ? C’est d’ailleurs la seconde ville étrangère, après Toronto, où ce service a vu le jour.

L’objectif  principal de l’entité Uber, dans sa globalité, est d’être un acteur incontournable de la mobilité dans le monde. Une fois ce postulat posé, nous avons toujours eu conscience que le transport de personnes n’était qu’une des verticales de notre activité. Ainsi, en 2015, nous avons commencé à poser les jalons de différents projets et l’un d’entre eux a ainsi abouti à UberEATS. Nous l’avons tout d’abord testé à Toronto puis dans quelques villes aux Etats-Unis et enfin à Paris. La promesse est donc la suivante : livrer des repas en provenance des restaurants préférés des consommateurs en moins de 30 minutes, même si aujourd’hui nous sommes capables de livrer beaucoup plus rapidement et à n’importe quel moment de la journée.  Concernant le « parcours utilisateur », il s’agit d’une simple application à télécharger sur l’App Store ou Google Play. Vous avez ainsi toute latitude à « voguer » vers les différents restaurants proposés en fonction de votre localisation et simplement de passer commande.

Deux ans après justement votre arrivée en France (UberEATS est désormais présent dans 20 villes dans l’Hexagone, ndlr), quel bilan dressez-vous de votre implantation sur ce marché ?

Nous sommes, pour tout vous dire, ravis, la France étant l’un des marchés les plus suivis par notre direction à l’international, notamment grâce à l’appétence des consommateurs français pour ce type de service. Nous pouvons considérer que notre implantation en France est un véritable succès, l’application ayant notamment été téléchargée plus de 2 millions de fois. Nous avons commencé, comme vous le mentionnez, par une seule ville en l’occurrence Paris et nous sommes aujourd’hui présents dans 20 villes.  En outre, près d’un Français sur dix a déjà essayé l’application et nous avons livrés 47 millions de burgers depuis notre lancement dans l’Hexagone. Pour continuer sur le « volet chiffres », nous comptons aujourd’hui plus de 4 000 restaurants partenaires  sur la plateforme, sachant que cette donnée progresse chaque semaine, de nombreux restaurateurs formulant le souhait de nous rejoindre.  C’est d’ailleurs l’une des clés de voûte de notre activité, à savoir construire une véritable relation durable avec des chaînes de restauration ou des restaurateurs indépendants avec une identité forte. Dans ce registre, je peux vous annoncer en avant-première que la chaîne de restaurants française « O’Tacos » vient de confier exclusivement son service de livraisons de repas à UberEATS.

Quelle est votre valeur ajoutée par rapport à la concurrence qui foisonne dans ce domaine ?

Nous ne regardons pas spécifiquement la concurrence même si nous sommes très heureux qu’elle existe.  Notre feuille de route obéit à la volonté de répondre aux attentes et aux doléances des consommateurs.  La livraison de repas traduit véritablement un changement de paradigme et une véritable rupture avec des comportements et habitudes passés, comme cuisiner chez soi, faire les courses ou encore aller au restaurant. UberEATS est un service complémentaire et alternatif. Nous voulons offrir la meilleure expérience possible à nos clients grâce à certains critères sur lesquels nous ne transigeons et ne transigerons jamais.

Lesquels par exemple ?

Tout d’abord, UberEATS doit impérativement fournir une liste exhaustive de restaurants préférés des usagers du service. Lors d’une enquête menée auprès de notre base d’utilisateurs, nous avons justement remarqué qu’O’Tacos, dont je vous parlais plus haut, ressortait toujours parmi les premières propositions formulées par nos clients. Ensuite, la notion de disponibilité et d’accessibilité. A Paris, nous livrons, par exemple, jusqu’à 3 heures du matin et notre objectif à long terme est d’être disponible 24h/24. Nous ne couvrons pas seulement Paris et le centre mais aussi des communes comme Orly, Versailles ou encore Antony. Ce service doit être accessible au plus grand nombre. Concernant maintenant nos tarifs, il faut bien se rendre compte que la livraison de repas est encore considéré, parfois à juste titre, comme quelque chose de très cher, peu qualitatif et avec une « palette » de choix assez restreints. De notre côté, nous croyons dur comme fer à la démocratisation de ce type de services. Voilà pourquoi UberEATS propose soit un déjeuner complet soit seulement une salade où un gouter si vous ne disposez que peu de temps. 

Pour en revenir à des considérations plus financières, beaucoup de spécialistes définissent l’activité UberEATS comme « la bouffée d’air frais » de Uber. Le Financial Times évoque un chiffre d’affaires de 700 à 870 millions de dollars pour le seul deuxième trimestre, contre des revenus de 8,7 milliards pour l’ensemble de l’entité Uber.  Qu’en est-il réellement ? 

Je ne peux vous confirmer ces montants. La seule chose que je peux, en revanche, vous dire c’est que UberEATS  est un investissement stratégique et que ce service est bien plus important que ce que les gens pensent.  Depuis quelques semaines, nous sommes même leader en France en termes de génération de chiffres d’affaires. Le panier moyen de la livraison de repas est très souvent plus élevé que le panier moyen du  transport de personnes.  Nous avons donc, de facto, un potentiel de développement énorme. Les opportunités de rentabilité sont, je le répète, presque plus importantes que celles relatives au transport de passagers. Nous sommes, nous UberEATS, dans 20 villes en France, ce qui n’est pas le cas du service VTC. Aujourd’hui, il existe une vraie appétence pour notre service. La prochaine étape est le rendre accessible à tous les Français.