Dimanche soir, un incident de sécurité majeur a eu lieu dans la Manche alors que des passagers clandestins ont pris le contrôle d’un grand pétrolier qui se rendait en Angleterre.

Le pétrolier de 75 000 tonnes, appartenant à la Grèce, mais battant pavillon libérien, baptisé Nave Andromeda, a été vu en train de zigzaguer alors qu’il approchait de l’île de Wight, dans la Manche.

La BBC a rapporté que l’équipage du navire s’était replié vers la citadelle du navire, une zone sécurisée dans laquelle les employés peuvent s’enfermer, rendant impossible l’entrée de tierces personnes à l’extérieur.

Des hélicoptères et des patrouilleurs armés des garde-côtes britanniques se sont rendus sur place et ont tourné au-dessus de la scène pendant plusieurs heures. Les satellites ont d’abord repéré des modifications de trajectoire erratiques du pétrolier alors qu’il approchait des côtes britanniques dans l’après-midi du dimanche 25 octobre.

Le navire Andromeda se dirigeait du Nigeria vers le port anglais de Southampton lorsqu’il a commencé à se déplacer de manière imprévisible. La cargaison 75 000 tonnes équivaut à plus de 20 millions de gallons de pétrole, soit suffisamment pour approvisionner plus de 1 000 stations-service.

Des images montrent trois hélicoptères armés des gardes-côtes britanniques tourner en rond au-dessus de la ville, tandis que d’autres forces ont été mobilisées à la tombée de la nuit.

Les passagers clandestins seraient montés à bord du navire depuis Lagos. Selon certaines informations, le capitaine et l’équipage savaient que des passagers clandestins se trouvaient à bord avant d’arriver dans les eaux britanniques.

Le contrôle du pétrolier a été récupéré après une opération de neuf minutes dans l’obscurité à 20 h 16 dimanche soir, alors que la police avait été appelée pour la première fois à 10 h 04. Sept passagers clandestins ont été arrêtés, après avoir usé de violence. Les 22 membres de l’équipage, qui étaient enfermés dans la citadelle du navire, sont sains et saufs. L’opération a impliqué quatre hélicoptères de la Royal Navy et a été menée par 16 membres du Special Boat Service (SBS) britannique, qui sont descendus par une corde sur le navire. Le ministère de la Défense britannique a qualifié l’incident de « détournement présumé ».

Il s’agit du dernier événement en date d’une série d’incidents maritimes survenus ces derniers mois.

Le transport maritime mondial est censé être soumis à des mesures de sécurité strictes, intitulées Code international pour la sûreté des navires et des installations portuaires. Ce dernier est réglementé par l’Organisation maritime internationale (OMI), une branche des Nations unies.

Cependant, l’OMI a été critiquée pour la souplesse des normes concernant les navires battant « pavillon de complaisance » (comme le Libéria, ce qui est le cas du Nef Andromeda).

Six pavillons de complaisance dominent 70 % du transport maritime mondial : Panama, Îles Marshall, Liberia, Malte, Singapour, Hong Kong. Ils servent de paradis offshore, pour permettre aux armateurs de sélectionner les pays dont les exigences en matière d’inspection sont les plus faibles.

C’est l’utilisation de ces pavillons de complaisance qui est en partie responsable de la marée noire du Wakashio à l’île Maurice cet été, mais aussi de la perte de 40 membres d’équipage à bord du Gulf Livestock 1 au large des côtes japonaises alors qu’il se rendait de la Nouvelle-Zélande en Chine, ou encore de l’explosion à bord du superpétrolier MT New Diamond, battant pavillon panaméen et produisant 2 millions de barils de pétrole, au large des côtes du Sri Lanka le mois dernier. Des risques de marée noire ont également été observés en Russie, au Venezuela et en Trinité-et-Tobago ces derniers mois.

Vendredi, l’OMI a échoué dans ses négociations pour obtenir des objectifs d’émissions conformes à l’accord de Paris sur le climat. Nombreux sont ceux qui considèrent l’organisation comme un régulateur inefficace du transport maritime mondial.

Après le récent incident de sécurité maritime dans la Manche, les appels à repenser la régulation du transport maritime mondial se multiplient. L’occasion peut-être pour les dirigeants du G20 d’aborder cette question lors de leur prochain sommet, prévu du 21 au 22 novembre en Arabie saoudite.

 

Article traduit de Forbes US – Auteur : Nishan Degnarain

 

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