« L’Alliance » orchestrée par Carlos Ghosn et abritant en son sein Renault, Nissan et plus récemment Mitsubishi aurait raflé le titre de premier constructeur mondial en 2017… selon les dires de son PDG ce mercredi matin à l’Assemblée nationale. Car en comptabilisant les poids-lourds – que l’Alliance ne produit pas – c’est bel et bien Volkswagen qui remporterait la mise.  

Après des mois de rumeurs, d’informations contradictoires, de bruits de couloir et autres « intox », l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi aurait, selon les dires de son patron Carlos Ghosn, remporté de haute lutte le match l’opposant à Volkswagen. « L’alliance, avec plus de 10,6 millions de véhicules particuliers et utilitaires légers vendus en 2017, est le premier groupe automobile mondial », a déclaré sans ambages le PDG de l’Alliance lors d’une audition ce mercredi matin devant la Commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale. Avant de sceller définitivement la victoire de Renault-Nissan, en évoquant le « comptage » de son rival allemand. « Cela vient d’être confirmé puisque Volkswagen vient d’annoncer ce matin l’ensemble de ses ventes à 10,74 millions, mais en comptant 200 000 poids lourds, en général ceux-ci ne rentrent pas dans nos statistiques. Donc il n’y a plus de discussion possible ». Fin de citation. Problème, les statistiques mondiales ont, jusque ici, toujours pris en compte les poids-lourds. Et à ce petit jeu, la couronne reviendrait à Volkswagen.

Pour avoir le « classement définitif », il faudra attendre les publications de Nissan et Mitsubishi attendues pour le début du mois de février. Dans le détail, en ce qui concerne la gamme « véhicules légers », qui regroupe les voitures et les utilitaires, aucun doute, Volkswagen termine second, avec 10,54 millions d’unités vendues, contre 10,6 millions pour Renault. L’ancien  « maître du jeu » Toyota avait fait savoir depuis longtemps qu’il ne pouvait se mêler à la bataille, avec 10,35 millions de véhicules écoulés en 2017. Le mois de décembre semble avoir été déterminant puisque le groupe de Wolfsburg a accru ses livraisons de 8,5% à 1 million de véhicules, avec des progressions de 17,8% en Chine et de 3,1% en Europe qui ont compensé un recul de 5,2% aux Etats-Unis. Une solide performance, sachant que les constructeurs automobiles ont vu leurs ventes en Europe reculer de 4,8% en décembre sur un an, en partie à cause d’une journée ouvrée en moins, selon les données de l’industrie publiées mercredi.

Volkswagen finalement en tête ?

Pour rappel, l’an passé Volkswagen avait terminé sur la plus haute marche du podium avec 10,3 millions de véhicules vendus, devançant d’une courte tête Toyota et ses 10,2 millions d’unités écoulées. Renault-Nissan, de son côté, ne parvenait pas à franchir la barre symbolique des 10 millions de véhicules, échouant à 9,6 millions. En attendant le dénouement et une communication officielle de l’Alliance, la seule entité Renault peut d’ores et déjà se targuer d’avoir réussi un exercice plein en 2017. Ainsi, la marque au losange a fait état, sur l’ensemble de l’année 2017, d’une hausse de 8,5% de ses ventes en volume, tirée par la consolidation de la marque russe Lada, le retour du groupe en Iran et son arrivée récente en Chine.

Au total, le groupe de Boulogne-Billancourt – qui abrite dans son giron les marques Renault Samsung Motors, Dacia, Lada et Alpine – a commercialisé 3,76 millions de véhicules sur la totalité de l’année écoulée.

Des chiffres qui constituent un nouveau record pour le groupe qui signe, par la même occasion, sa cinquième année de croissance consécutive en volume. Concernant ses perspectives, le constructeur vise une nouvelle hausse de ses ventes dans un marché mondial attendu en progression de 2,5%. Il anticipe en revanche un ralentissement de la croissance du marché automobile en Europe et en France, à 1%. Pour la couronne de meilleur constructeur, il faudra patienter jusqu’au début du mois de février et la publication des résultats de Nissan-Mitsubishi. A ce moment sera officiellement décerné le trophée. En attendant, les deux géants fourbissent leurs armes – et aiguisent leurs arguments – avant de s’asseoir sur le trône.