Après les licornes, aujourd’hui fort nombreuses (plus de 600 recensées dans le monde), place aux titans : ces sociétés créées au 21ème siècle et dont la valorisation dépasse déjà les 50 milliards de dollars. À ce jour, dans le monde, on en compte 6 : 3 sociétés américaines (Facebook, Uber, Tesla) et 3 chinoises (Didi, Baidu, Ant Financial). Avec déjà 57 licornes, l’Europe se prépare, elle aussi, à accueillir son premier titan. Tous les signaux sont au vert : reste à savoir qui sera l’heureux élu…

La clé ? Accéder rapidement à un marché de masse

Avec une valorisation de plus de 500 milliards de dollars actuellement, Facebook vaut plus que tous les autres titans réunis. S’il n’existe pas de recette magique pour atteindre un tel niveau, un contexte et des circonstances particulières favorisent néanmoins ce phénomène.

Pour commencer, il faut avoir accès, très vite, à un marché de masse. C’est ce qui explique en partie que les géants actuels soient originaires soit du pays le plus riche, les Etats-Unis,  soit du pays le plus peuplé de la planète, la Chine. En Europe, les sociétés Tech doivent composer avec une mosaïque de langues, de réglementations, de lois et d’habitudes culturelles qui complexifient leur conquête. Pour faire un parallèle, c’est comme si pour aller au Texas ou en Floride, une entreprise new-yorkaise devait chaque fois tout réinventer !

Conséquence : les 3 plus importantes sociétés Tech européennes nées au XXIe siècle – Spotify, Zalando et Delivery Hero – ont réalisé en moyenne 12 acquisitions, contre 5 pour les américaines et 3 pour les chinoises.

S’appuyer sur des méga-fonds

Autre caractéristique essentielle : pouvoir accéder à un pool de capital important. De fait, les leaders européens ont levé 5 fois moins que leurs cousins américains ou asiatiques. Mais ce qui était vrai hier ne le sera pas forcément demain. La récente apparition de méga-fonds sur le vieux continent, comme Softbank Vision dont l’équipe d’investisseurs est basée à Londres, doté de 100 milliards de dollars, rebat les cartes.

Celui-ci a d’ailleurs récemment investi 500 millions de dollars dans « Improbable », une start-up spécialisée dans le gaming et qui permet à tout développeur de bâtir des mondes virtuels. Ainsi, alors qu’en 2013, il n’y avait aucune levée de fonds de plus de 350 millions de dollars en Europe, on en compte déjà 5 en 2017 !

Et, si les sociétés françaises n’ont pas encore pleinement profité de la manne de ces grands fonds, cela ne saurait tarder. Ainsi, Vitruvian Partners, qui vient de lever un nouveau fond de 2,4 milliards d’euros s’est doté récemment d’une équipe française conséquente et a investi cette année dans Vestiaire Collective.

Ces nouveaux méga-fonds actifs en Europe ont permis une explosion des montants levés par les start-ups les plus prometteuses en Europe. De fait, alors qu’en 2013 la plus grosse levée de fonds en Europe fut de 250 millions de dollars (Spotify), 5 ont d’ores et déjà dépassé les 350 millions de dollars en 2017.   

Déjà un favori pour le titre de premier titan européen

Nous avons demandé à un panel d’investisseurs de la Tech européenne qui serait le premier titan européen.

Avec une valorisation de 20 milliards de dollars, Spotify se situe en pole position des prétendants au titre. Son IPO va notamment l’aider à être plus présente dans les médias, et à continuer de lever plus que les autres. Enfin, elle a réellement confirmé sa trajectoire de rentabilité, en atteignant un seuil critique, lui permettant de négocier avec les labels. En embuscade, il faudra également surveiller l’Anglais Farfetch, le Suédois Klarna ou encore le Finlandais Supercell. La course est lancée !

Cette tribune s’appuie sur les résultats de l’enquête réalisée par GP bullhound – « Titans of Tech »