Le réseau social français, qui se rêvait en concurrent de LinkedIn, pourrait être repris pour une somme modique, n’excédant pas les 1,5 million d’euros, soit 100 fois moins que sa valorisation lors de son introduction en Bourse, à l’été 2014.

Après avoir été placé en redressement judiciaire au début du mois de décembre, Viadeo pourra-t-il renaître de ses cendres ? Comme révélé par Les Echos, six candidats se sont officiellement déclarés candidat à la reprise des actifs du réseau social « Made In France ». Il s’agit du groupe Figaro (via sa filiale de petites annonces Figaro Classifieds), le norvégien Schibsted (via sa filiale française Leboncoin), la start-up américaine One More Company, créée par des Français, le fonds d’investissement alsacien Phosphore (via sa filiale Rivalis), la Société Française d’Assurance Multimedia (SFAM) et le cabinet de conseil Ethics Group. Parmi cette myriade d’offres, deux d’entre elles semblent avoir les faveurs du tribunal de commerce qui débute les auditions ce lundi après-midi, en l’occurrence : celle du Figaro et la dernière susnommée, à savoir la proposition de la SFAM.

Les potentiels acquéreurs s’apprêtent, en outre, à récupérer les actifs du réseau social pour une bouchée de pain. En effet, l’offre la plus attractive ne dépasserait pas les 1,5 million d’euros, soit une somme 100 fois inférieure à la valorisation boursière de Viadeo lors de son IPO de juillet 2014, mais « seulement » 10 fois moindre que la dernière valorisation connue du réseau social, avant la suspension de son cours de Bourse au mois de novembre dernier ce qui atteste de la dégradation de sa situation en un peu plus de deux ans.

D’échec en échec…

Il est vrai que l’introduction du groupe en Bourse a été un échec patent. Le titre Viadeo ne valait plus que 0,99 euro après avoir chuté de 55% cette année et de 66% en 2015. Pour son premier jour de cotation, le 2 juillet 2014, l’action, dont le prix avait été fixé en fourchette basse à 17,10 euros, avait chuté de 17%. En outre, Viadeo a fait état d’un chiffre d’affaires de 12,27 millions d’euros sur les neuf premiers mois de l’année 2016, en baisse par rapport aux 18,56 millions correspondant à la même période de 2015.

 Sur l’ensemble de cette année-là, Viadeo avait enregistré une perte nette abyssale, à hauteur de 23 millions d’euros imputable notamment à la fermeture de ses activités en Chine qui a pesé pour 10 millions sur ses résultats. L’Empire du Milieu était alors le premier marché du groupe, avec 25 millions d’abonnés, mais était également, comme souligné, un foyer de pertes considérables.

…Mais une renaissance possible

Mais le groupe dispose pourtant de certains atouts susceptibles de lui offrir une « seconde vie » plus en adéquation avec ses ambitions, notamment une base de données de 40 millions de membres et une technologie baptisée « Let’s meet » qui lui permet, façon Tinder ou Shapr, de faciliter les synergies entre offres d’emploi et candidats et de « matcher » si les aspirations des uns et des autres se révèlent être en adéquation.

Ce qui permet aux utilisateurs d’accroître leur chance de trouver une opportunité professionnelle dans un périmètre restreint, l’appli disposant, à l’instar de ses « modèles », de la géolocalisation et d’enrichir leur réseau professionnel. Diverses données qui pourraient permettre à Viadeo de repartir de l’avant et redéfinir un modèle davantage « vertueux » lui permettant de revenir progressivement sur le devant de la scène. Le chemin de la convalescence s’annonce néanmoins semé d’embûches avant de voir poindre les prémices de la renaissance.