Nombreux sont ceux qui attendent la réouverture des frontières entre le Royaume-Uni et les États-Unis pour voir des êtres chers, travailler, retrouver des amis et des proches ou tout simplement pour réaliser enfin le voyage qu’ils avaient prévu.

 

Lors du déplacement du président américain, Joe Biden, au Royaume-Uni pour le sommet du G7, l’industrie du transport aérien a renouvelé ses appels pour relancer les voyages entre le Royaume-Uni et les États-Unis :

  • Les dirigeants des compagnies aériennes ont à nouveau demandé au gouvernement Biden de lever les restrictions lors d’une conférence de presse virtuelle le lundi 7 juin. La U.S. Travel Association, les dirigeants de l’aéroport d’Heathrow et les PDG d’American Airlines, de British Airways, de Delta Air Lines, de United Airlines et de JetBlue ont appelé les gouvernements du Royaume-Uni et des États-Unis à « rouvrir rapidement les voyages transatlantiques. »
  • Les gouvernements britannique et américain ont tous deux fait l’objet de critiques pour avoir gardé le silence sur les raisons exactes du maintien de la fermeture des frontières, notamment en matière d’analyse et d’explication des données. Shai Weiss, directeur général de Virgin Atlantic, a déclaré mardi 8 juin lors d’une interview pour la BBC que « au Royaume-Uni, un jour de retard dans l’ouverture du corridor entre le Royaume-Uni et les États-Unis coûte à l’économie 23 millions de livres sterling. » Il a également ajouté que, selon le système de classification tricolore utilisé par le gouvernement, Malte, les États-Unis et les Caraïbes devraient être en zone verte.

Selon InsureMyTrip, les touristes américains recherchent et souscrivent à nouveau des assurances de voyage pour leurs déplacements vers des destinations européennes. Pour la première fois depuis le début de la pandémie, l’Islande, le Royaume-Uni, la Grèce et l’Italie reviennent dans le Top 10 des destinations les plus prisées par les Américains. Les touristes en provenance des États-Unis devront surveiller plusieurs dates clefs concernant l’ouverture éventuelle des frontières de part et d’autre de l’océan.

 

Théorie no 1 : Les frontières américaines resteront fermées jusqu’à l’ouverture de la frontière terrestre avec le Canada et le Mexique, donc après le 21 juin.

La frontière entre le Canada et les États-Unis, la plus longue du monde, restera fermée au moins jusqu’au 21 juin, tout comme la frontière avec le Mexique (il est toutefois possible de prendre l’avion, la frontière aérienne étant ouverte).

Cette théorie semble la plus logique, dans la mesure où il est peu probable que les États-Unis révoquent l’interdiction de voyager pour les ressortissants européens et britanniques avant de lever cette interdiction pour ses voisins.

 

Théorie no 2 : Le 28 juin, le Royaume-Uni pourrait inclure les États-Unis sur sa liste verte des pays sûrs sans obligation de quarantaine

Le 17 mai, le gouvernement britannique a annoncé sa liste des pays sûrs. Les ressortissants de ces pays ne sont pas soumis à une quarantaine obligatoire à l’arrivée et les voyages non essentiels sont autorisés. Douze pays figuraient sur cette liste, qui a été mise à jour le 8 juin pour en retirer un, le Portugal. Le Royaume-Uni doit actualiser cette liste le 28 juin, date à laquelle il pourrait ajouter les États-Unis.
Néanmoins, selon The Telegraph, Matt Hancock, le ministre britannique de la Santé, a annoncé au public le 7 juin qu’il ne devait pas s’attendre à des changements sur cette liste verte dans un avenir proche et que les vacances d’été étaient annulées « à moyen terme. » Toujours selon The Telegraph, les professionnels de l’industrie et du voyage comprennent que ces déclarations du ministre de la Santé signifient qu’aucun pays supplémentaire ne sera ajouté à la liste verte le 28 juin et que les vacances à l’étranger seront limitées même en juillet.

 

 

Théorie no 3 : Le Royaume-Uni demandera l’ouverture d’un « corridor vert » entre le Royaume-Uni et les États-Unis pour les touristes vaccinés

De nombreux pays de l’Union européenne (UE) ont mis en place des systèmes de classification tricolore avec des règles différentes pour les voyageurs vaccinés et non vaccinés. Il semble ainsi plausible que le Royaume-Uni et les États-Unis puissent mettre en place un système similaire.

Selon The Times et The Sun, le Premier ministre britannique, Boris Johnson, souhaite aborder avec Joe Biden l’idée de mettre en place un corridor de voyage entre le Royaume-Uni et les États-Unis. Grâce à ce corridor, les voyageurs vaccinés pourraient circuler librement entre les deux pays, sans quarantaine à l’arrivée.

 

Théorie no 4 : Les États-Unis lèveront l’interdiction de voyager le 4 juillet, pour la fête de l’Indépendance.

Selon The Financial Times, les ministres britanniques ont lutté pour persuader leurs homologues américains de lever l’interdiction de voyager, mais ils ont peu d’espoir concernant la levée de cette interdiction courant juin.

Joe Biden a déjà annoncé que la fête de l’Indépendance sera l’occasion de célébrer « notre indépendance vis-à-vis de ce virus » et un porte-parole de Whitehall aurait déclaré que « le mieux que nous puissions obtenir est quelque chose autour du 4 juillet. »

Selon Reuters, les responsables des compagnies aériennes ont également indiqué qu’un changement pourrait intervenir autour du 4 juillet. Interrogé lors d’une conférence de presse le 5 juin, le président d’American Airlines, Robert Isom, a déclaré qu’il y avait une pression incroyable et une forte demande pour voyager en Europe.

Le gouvernement Biden aurait eu une conversation téléphonique avec des responsables britanniques le 4 mai, mais aucune annonce officielle n’a été faite.

 

Théorie no 5 : Le Royaume-Uni va prolonger la phase 4 de déconfinement jusqu’au 5 juillet et prendra une décision à ce moment-là, en fonction des nouvelles données

Le Royaume-Uni prévoyait de sortir complètement du confinement le 21 juin, mais l’augmentation dans le pays des taux d’infection au variant Delta du covid-19 a repoussé cette décision.

Selon The Financial Times, d’éminents scientifiques britanniques ont fait pression sur le Premier ministre Boris Johnson pour qu’il retarde de quelques semaines l’assouplissement définitif des restrictions sanitaires. Au Royaume-Uni, le variant Delta est en train de devenir le variant dominant et de supplanter le variant Alpha.

La professeure Christina Pagel, mathématicienne à la University College London, a déclaré lors d’un briefing hebdomadaire indépendant du gouvernement britannique que « nous avons désormais un variant dominant à croissance exponentielle qui est plus transmissible, plus résistant au vaccin et probablement plus dangereux que le variant Alpha. » De même, Sir John Bell, professeur regius de médecine à l’Université d’Oxford, a déclaré au Financial Times que la proportion de personnes entièrement vaccinées au Royaume-Uni était encore trop faible pour un déconfinement complet et en toute sécurité le 21 juillet, mais que le pays avait besoin de davantage de données pour être sûr.

 

Théorie no 6 : Les États-Unis lèveront toutes les interdictions de voyager en même temps, et donc plus tard cet été

Selon plusieurs sources, le gouvernement Biden souhaiterait lever les interdictions de voyager actuellement en vigueur, mais cela pourrait avoir lieu bien plus tard, lorsque la population brésilienne et indienne sera suffisamment vaccinée pour que les voyages puissent reprendre en toute sécurité.
Les États-Unis subissent également une pression croissante de la part des particuliers pour que le pays lève les interdictions en place. France 24 indique ainsi que de nombreuses familles font de plus en plus pression sur le gouvernement Biden pour qu’il annonce la date à laquelle les Américains pourront revoir leurs familles vivant à l’étranger. Depuis que l’UE a annoncé le 20 mai qu’elle autoriserait les Américains vaccinés à venir dès cet été, nombreux sont ceux qui exigent une réponse réciproque de la part des États-Unis.
Cette problématique est particulièrement importante pour les détenteurs européens de visas non immigrants aux États-Unis. Ces derniers ne peuvent pas retourner auprès de leur famille, car ils pourraient ne pas être autorisés à rentrer aux États-Unis à leur retour. Parmi ces personnes concernées, nombreuses sont celles qui se sont mobilisées et ont fait pression sur le gouvernement par le biais des réseaux sociaux sous plusieurs hashtags : #LoveIsNotTourism, #LoveIsEssential, #FamilyIsNotTourism ou #LiftTheTravelBan. Le problème a été exacerbé par la fermeture et la réduction de la capacité de traitement des demandes et des renouvellements de visa des consulats américains en Europe.

 

Source : GettyImages

 

L’ambassade des États-Unis à Paris a expliqué à quel point la situation était devenue difficile, comme l’a rapporté Channel News Asia : « De nombreux demandeurs, qui étaient en mesure de bénéficier d’une exception auparavant, pourraient ne pas répondre aux nouvelles exigences… Ceux qui se trouvent actuellement aux États-Unis ne devraient pas quitter les États-Unis pour des voyages de retour en France. S’ils le font, ils doivent être conscients qu’ils pourraient ne pas revenir aux États-Unis pendant un certain temps ».

La situation est différente pour les citoyens américains vivant dans un pays européen, car ils sont considérés comme des résidents en Europe et sont donc autorisés à voyager plus facilement entre leur résidence temporaire dans l’UE et leur résidence permanente aux États-Unis.

Comme le rapporte Reuters, les États-Unis ont interdit l’entrée sur leur territoire à tous les non-résidents américains qui ont séjourné au Royaume-Uni au cours des 14 derniers jours depuis le mois de mars 2020.

Actuellement, les États-Unis figurent sur la liste orange du Royaume-Uni pour les voyages, ce qui signifie que les voyages non essentiels sont encore déconseillés, mais les voyages sont possibles si les voyageurs observent une quarantaine à l’arrivée pendant dix jours et fournissent une série de résultats négatifs au test covid-19 (avant et après l’arrivée).

Au 8 juin, 34,1 % de la population adulte de l’UE, 48,2 % des résidents des États-Unis et 60,6 % des adultes au Royaume-Uni avaient reçu au moins une dose de vaccin covid-19.

 

Article traduit de Forbes US – Auteure : Alex Ledsom

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