Le prix Goncourt a été décerné à Jean-Paul Dubois, lundi 4 novembre. L’automne, période des prix littéraires, constitue une manne financière importante pour les maisons d’édition et les auteurs. 

Houellebecq a attendu des années avant d’enfin mettre la main dessus, en 2010, avec la Carte et le Territoire. Yann Moix, bien que couronné du Renaudot pour Naissance en 2013, lui court toujours après. Cette année, c’est finalement le discret Jean-Paul Dubois, 69 ans, qui a remporté le prix Goncourt pour Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon. Les Editions de l’Olivier remportent ainsi leur premier Goncourt. Loin des 37 de Gallimard, des 17 de Grasset ou des 11 d’Albin Michel. 

Outre la gloire qui accompagne les prix littéraires octroyés durant l’automne, les Goncourt, Renaudot, et autres Fémina garantissent également des revenus colossaux pour les auteurs et leurs éditeurs. Dans un secteur en berne, les petites bannières rouges estampillées « Prix quelque chose » garantissent un quasi immanquable succès en librairie. 

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Exemple le plus marquant, celui du lauréat 2018, Nicolas Mathieu, qui a vu son roman conserver la quatrième position des ventes près d’un an après la remise du prix. Leurs enfants après eux qui s’était écoulé à 15 000 exemplaires avant le Goncourt a finalement atteint les 375 000 exemplaires vendus en février 2019. A environ 12% de revenu par livre vendu – ce qui se fait globalement dans le monde de l’édition -, on arrive à des montants bien supérieurs au chèque de 10 euros symboliques prévu pour le vainqueur du Goncourt. 

Entre 2014 et 2018, les livres portant le bandeau Goncourt se sont écoulés à 367 000 exemplaires en moyenne, selon l’institut Gfk. Loin devant le Renaudot  avec 220 000, et le prix de l’Académie française avec 116 000.Mais le plus important « challenger » du Goncourt est sans doute son « petit » frère, le Goncourt des lycéens. Décerné par un jury de près de 2 000 élèves depuis 1988, il est devenu ces dernières années l’un des plus prescripteurs. Entre 2012 et 2017, selon l’institut GFK, le Goncourt des Lycéens est celui dont la moyenne des ventes a été la plus élevée, avec près de 395 000 exemplaires vendus. Le Goncourt « classique », lui, atteint une moyenne de 345 500 exemplaires. 

Toujours selon GFK, la rentrée littéraire ne fait plus recette. A cette période de l’année, le secteur du livre a perdu un tiers de son chiffre d’affaire en 6 ans. Les prix littéraires sont heureusement là pour redonner du baume au cœur à une industrie qui talonne encore, notamment concernant le virage ou non à prendre sur le numérique. Et au nombre toujours trop élevé de parutions par an.