Le prix du pétrole a augmenté de plus de 24 % après l’annonce de Donald Trump sur Twitter, dans laquelle il évoque la perspective d’une trêve dans la guerre des prix du pétrole entre la Russie et l’Arabie saoudite. Cette opposition a déjà fait des ravages sur le marché, alors que la demande chute lourdement à cause du coronavirus.

Le président des États-Unis a donc déclaré avoir échangé avec le prince héritier et vice-Premier ministre d’Arabie saoudite Mohammed ben Salmane. Il dit s’attendre à ce que l’Arabie saoudite et la Russie réduisent leur production de pétrole de 10 millions de barils.


 

 

Donald Trump a également indiqué que les réductions pourraient même être à hauteur de 15 millions de barils et a ainsi tweeté : « Bonne (excellente) nouvelle pour tout le monde ! »

Le cours du pétrole brut WTI a grimpé de plus de 24,67 % pour atteindre 25,32 $ le baril, soit la plus grosse augmentation quotidienne en pourcentage de l’histoire du pétrole.

Après les commentaires du président, l’Arabie saoudite a indiqué qu’elle envisagerait de réduire sa production à 9 millions de barils par jour, contre 12 millions actuellement, à condition que les autres pays du G20 fassent de même. 

Ces dernières semaines, la pression sur le marché du pétrole était à son comble : la demande de carburant a chuté, car partout dans le monde les gens ont cessé de voyager et de travailler à cause du coronavirus, mais l’offre augmente, car l’Arabie saoudite et la Russie en profitent pour décupler leur production et réduisent leurs prix. Mercredi, l’entreprise américaine de forage de schiste WLL Whiting Petroleum est devenue la première grande victime de la crise aux États-Unis, engageant la procédure du chapitre 11 de la loi sur les faillites pour être protégée auprès du tribunal fédéral, car elle ne peut pas assumer ses dettes face à la chute majeure des prix du pétrole.

Le mois dernier, une guerre des prix généralisée entre la Russie et l’Arabie saoudite, deux géants de l’industrie pétrolière, a secoué les marchés mondiaux au moment même où la demande commençait à chuter à cause de l’épidémie de coronavirus. Les membres de l’OPEP, une organisation regroupant 13 des principaux pays producteurs de pétrole, ainsi que la Russie, se sont rencontrés à Vienne pour discuter des réductions de l’offre dans l’ensemble du secteur, afin d’atténuer la chute spectaculaire de la demande. Cependant, la Russie n’a pas accepté de réduire sa production, ce qui a mené certains à penser qu’elle aurait agi intentionnellement pour faire baisser les prix, gagner des parts de marché et punir l’industrie américaine du pétrole de schiste en pleine croissance.

En réponse, la compagnie nationale saoudienne d’hydrocarbures, Saudi Aramco, a annoncé qu’elle augmenterait sa production à plus de 10 millions de barils par jour en avril et qu’elle réduirait ses prix, afin de sous-coter la Russie et d’autres concurrents. Les marchés ont subi les conséquences de cette querelle, les prix ayant chuté de plus de 30 %, atteignant des cours jamais vus depuis la guerre du Golfe dans les années 1990. 

Mais alors que la production augmente et que la demande continue de chuter, les pays manquent de stockage pour entreposer le pétrole en surplus. Donald Trump doit rencontrer aujourd’hui les dirigeants des plus grandes compagnies pétrolières américaines, pour aider l’industrie à survivre pendant cette crise. Darren Woods, PDG d’ExxonMobil, Mike Wirth, PDG de Chevron, et Harold Hamm, président exécutif de Continental Resources devraient être présents.

 

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