La start-up suédoise iZettle, fleuron de la FinTech internationale, vient de tomber dans l’escarcelle du mastodonte américain PayPal. Montant de l’opération : 2,2 milliards de dollars, soit la plus grosse acquisition jamais réalisée par la société californienne.

Le monde feutré des FinTech était en ébullition ces derniers jours, où des rumeurs bruissaient sur l’acquisition de iZettle, fleuron suédois du secteur et acteur de tout premier plan. Rumeurs confirmées ce jeudi avec l’officialisation de l’acquisition de la start-up scandinave par le géant PayPal. « iZettle et PayPal représentent une combinaison stratégique, avec une mission, des valeurs et une culture partagées ainsi que des produits et des zones géographiques complémentaires », a commenté Dan Schulman, directeur général de PayPal, dans le communiqué prévu à cet effet.  La start-up iZettle jusqu’à très récemment semblait pourtant plancher sur une entrée en Bourse. Elle avait en effet annoncé début mai son intention de proposer au public d’acheter des actions de l’entreprise sur la plateforme Nasdaq Stockholm. Elle envisageait alors de lever environ 2 milliards de couronnes suédoises, soit 230 millions de dollars, à l’occasion de cette entrée en Bourse. Un chiffre qui la valorisait, selon le quotidien économique Financial Times, à environ 1,1 milliard de dollars.

Dans le détail, iZettle propose des produits destinés aux petites entreprises comme des lecteurs de cartes bancaires pour smartphones et tablettes ou des logiciels de facturation. Concurrent notamment des sociétés américaine Square, canadienne Shopify et brésilienne PagSeguro, le groupe est surtout présent en Europe et en Amérique du Sud. Ce « nouveau départ » va de facto élargir son champ des possibles.  Après avoir vu le jour à Stockholm en 2010, la start-up a patiemment tissé sa toile, au point d’être présente aujourd’hui dans une dizaine de pays. En convolant en justes noces avec Paypal qui, lui, opère dans plus de 200 pays, iZetlle va clairement pouvoir partir à la conquête de nouvelles contrées, notamment aux Etats-Unis. Concernant ses perspectives, iZettle prévoit de traiter six milliards de dollars de paiements en 2018 et de réaliser un chiffre d’affaires brut de 165 millions de dollars. En outre, l’entreprise espère être rentable à l’horizon 2020.

« Les projets peuvent changer »

Dans une missive distincte du communiqué officiel, le fondateur et patron de la FinTech, Jacob de Geer – qui restera par ailleurs à la tête de l’entreprise -, a tenu à expliquer le « changement de voie » de iZettle.  « Les projets parfois changent. Notre relation avec PayPal n’est pas nouvelle, ça fait des années qu’on parle des diverses façons dont nous pourrions travailler ensemble. Les discussions ont cette fois rapidement abouti ». Et de poursuivre. « En rejoignant la famille PayPal, iZettle acquiert des supers pouvoirs et pourra bien plus rapidement réaliser ses ambitions », souligne le dirigeant. 

En 2017, son chiffre d’affaires a bondi de 51% à 966 millions de couronnes (111 millions de dollars) et sa perte opérationnelle a été réduite à 228 millions de couronnes (26 millions de dollars). La société devrait gérer cette année environ 6 milliards de dollars de transactions. Cette « nouvelle vie » sous le pavillon PayPal devrait permettre à iZettle de voir son ambition de devenir le « Square européen » se réaliser. « Dans le monde numérique d’aujourd’hui, les consommateurs veulent pouvoir payer quand, où et comme ils le souhaitent. Avec près d’un demi-million de commerçants déjà sur leur plateforme, Jacob de Geer et son équipe apportent une expertise et des talents qui élargissent la capacité de PayPal d’offrir une solution unique pour des commerçants utilisant plusieurs moyens de paiements », conclut Dan Schuman qui signe ainsi, comme évoqué en préambule, l’acquisition la plus importante de son histoire.