L’opérateur historique Orange a fait état ce matin, et ce pour la première fois depuis 2009, d’une progression de son chiffre d’affaires en France, et,  en marge de cette publication, a également exclu toute nouvelle tentative d’alliance avec Bouygues.

Orange retrouve des couleurs et permet ainsi à son titre de truster la tête du CAC 40 après une publication confortant son redressement financier. Pour la première fois depuis 2009, l’opérateur historique a vu son chiffre d’affaires 2017 progresser dans l’Hexagone à 18,05 milliards d’euros (+0,6%). « Ce sont des résultats qui confirment totalement la pertinence de notre stratégie », s’est félicité le directeur financier Ramon Fernandez.  En termes de chiffre d’affaires global et d’excédent brut d’exploitation, Orange peut également se targuer d’avoir dépassé les prévisions du marché puisque les ventes, en croissance organique, s’élèvent à 41,1 milliards d’euros (+1,2% soit le double de la hausse enregistrée en 2016) là où le marché tablait sur 41,01 milliards. De son côté, l’Ebitda ajusté a progressé de 2,2% à 12,82 milliards d’euros, surpassant, là-aussi, le consensus Reuters qui tablait sur un résultat d’exploitation ajusté à 12,81 milliards. Le fruit d’une stratégie particulièrement offensive visant à stopper l’exode de ses abonnés vers Free et ses bas tarifs.  En effet, le groupe dirigé par Stéphane Richard, sur le point d’être reconduit pour un troisième mandat, a accentué ses efforts dans le déploiement du haut débit fixe et mobile.


Et ce positionnement a (très) largement porté ses fruits. Ainsi, l’ex France Telecom a franchi un nouveau record, l’an dernier, en termes d’abonnés à la fibre puisque ce sont plus de 546 000 clients qui se sont engagés sous la bannière Orange, soit un total de deux millions. Sur le front des forfaits mobiles, l’opérateur historique a également soigné ses statistiques puis qu’il est parvenu à écouler, sur l’exercice 2017, 717 000 forfaits mobiles (en net), soit sa meilleure performance commerciale depuis 2008. Le « parcours » d’Orange Bank a également été scruté par les investisseurs et l’offre bancaire de l’opérateur télécom, qui a enregistré une perte de 93 millions d’euros l’année dernière, a néanmoins engrangé 100 000 clients en quatre mois.  Malgré cette solide publication, et la bonne tenue de l’action ce jour, le titre Orange peine à s’extirper du ventre mou du CAC 40 sur le long terme, même si elle souffre bien moins davantage que la concurrence sur une année ( -5,4% pour Orange contre -10,5% pour l’indice sectoriel).

Pas de mariage avec Bouygues

La compétition intense qui règne entre les quatre opérateurs du secteur explique, en partie, le manque d’entrain pour l’action Orange, après plusieurs tentatives de consolidation qui se sont soldées par des échecs cuisants. Notamment la dernière en date, celle du rachat avorté de Bouygues Telecom par Orange. Forcément, le sujet est revenu sur le devant de la scène ce mercredi, en marge de la présentation des résultats, et Stéphane Richard a balayé d’un revers de main la possibilité de voir Orange convoler avec Bouygues. « Je ne sais pas si nous verrons quelque chose dans les mois à venir (…). Ce qui est certain c’est qu’Orange ne sera pas en première ligne dans quelque schéma de consolidation que ce soit », a expliqué le PDG lors de la présentation des résultats annuels du groupe aux analystes financiers. Et d’enfoncer le clou pour bien (re)préciser que si consolidation il y a, elle se fera sans Orange.

« Nous ne pouvons pas acheter SFR, nous ne pouvons certainement pas acheter Free qui n’est pas à vendre. Si quelque chose se produit, cela se passera entre deux autres acteurs », a précisé le dirigeant qui a dit ne pas connaître les projets de Patrick Drahi ou de Martin Bouygues, le PDG de Bouygues. Les difficultés rencontrées par SFR, propriété du magnat Patrick Drahi, ces dernières semaines, ont fait ressurgir le spectre d’une consolidation en France.  Mais cela se fera visiblement sans Orange qui a également démenti avoir des visées similaires à l’international, certaines informations de presse faisant état de discussion entre l’opérateur historique et l’allemand Deutsche Telekom. « Il n’y a pas d’ordre du jour caché, il n’y a pas de projet caché, il n’y a pas de négociation cachée avec quiconque. Ni avec les Allemands, ni avec les Africains, ni avec quiconque », a-t-il martelé, ajoutant que le groupe n’avait pas l’intention d’étendre son périmètre géographique. Suffisant pour mettre un terme à toutes ces rumeurs ? Orange semble visiblement bien déterminé à poursuivre la course, sagement dans son couloir, faisant fi de la concurrence. Pour mieux bondir ?