Netflix a complètement anéanti les prévisions (à la fois les siennes et celles de Wall Street) avec des résultats trimestriels indiquant une forte croissance du nombre d’abonnés et du bénéfice par action : une bonne nouvelle pour l’entreprise, après des chiffres décevants au deuxième trimestre qui ont causé une chute de la valeur de son action.

Netflix a compté près de 7 millions de nouveaux abonnés au troisième trimestre, soit une hausse de 31 % par rapport aux 5,3 millions de l’année précédente. Dans une lettre adressée aux actionnaires, son PDG, Reed Hastings, a reconnu avoir « sous estimé les abonnements » trois mois plus tôt, lorsqu’il avait annoncé à Wall Street que ses prévisions étaient de 5 millions. Selon Hastings, cet écart est dû à « une plus grande acquisition que prévue à l’international, avec une forte croissance répartie sur tous les marchés, dont le marché asiatique ».

Le nombre total d’abonnés Netflix dépasse les 130 millions, et l’entreprise s’attend à voir le nombre total net de nouveaux arrivants de ce quatrième trimestre atteindre les 9,4 millions.

Le bénéfice par action a atteint les 89 centimes, soit une large hausse à la fois par rapport aux estimations, qui étaient de 69 centimes, et par rapport à sa valeur de l’an dernier (29 centimes). Les recettes ont atteint 4 milliards de dollars, ce qui se rapproche des prévisions et représente une augmentation de 34 % par rapport aux 2,9 milliards de l’an dernier.

La valeur de l’action Netflix a connu une hausse de 13 % après la clôture, une situation qui contraste avec celle du deuxième trimestre, où des chiffres peu convaincants dus à une concurrence plus forte et des prix en hausse sur certains marchés avaient causé une vente de panique.

Plusieurs grandes firmes de Wall Street dont Morgan Stanley, Raymond James et Goldman Sachs ont baissé leur objectif de cours dans les jours précédant la publication du rapport trimestriel, invoquant les répercussions d’un dollar fort et de taux d’intérêt en hausse.

Netflix a toutefois indiqué que ses recettes à l’international pour le 3e trimestre avaient subi une perte de 90 millions de dollars par rapport à l’an dernier suite à des fluctuations monétaires.

Dans sa lettre, Hastings a expliqué que les contenus proposés par le service pouvaient être séparés en trois catégories : contenu licencié non inédit, contenu original licencié, et contenu original réalisé par Netflix.

Le contenu original de l’entreprise est devenu un véritable poids lourd acclamé à la fois par le public et la critique, et a raflé autant d’Emmy Awards en septembre dernier que la chaîne HBO, avec comme grand vainqueur la série The Crown. Mais les œuvres que possède Netflix, comme Big Mouth, The Ranch, Bright, Godless et Nailed, lui permettent de moins dépendre d’autres studios, de mieux contrôler les droits internationaux sur le long terme, et de pouvoir créer des franchises. La société a récemment annoncé la création d’un nouveau hub de production américain, à Albuquerque, dans lequel elle prévoit d’investir un milliard de dollars au cours des 10 prochaines années.

Une augmentation du contenu auto-produit a causé un flux de trésorerie disponible de -859 millions sur le trimestre, contre -465 millions l’an dernier. Le financement de celui-ci lors de sa phase de production avant sa mise en ligne est « le facteur principal de notre besoin en fonds de roulement qui crée un écart entre notre revenu net positif et notre flux de trésorerie disponible négatif », a indiqué Hastings.

Vous vous demandiez pourquoi il y a tellement de séries et films sur Netflix ? Selon son PDG, cela permet de diversifier les publics au maximum et d’éviter de dépendre trop d’une seule oeuvre.

« Même nos plus gros titres, qui sont vus par des dizaines de millions de nos abonnés, ne représentent qu’un très faible pourcentage du total d’heures visionnées. La majorité de notre croissance ne repose pas sur un contenu en particulier, comme on peut s’en rendre compte à travers la constance du nombre net de nouveaux abonnés. » explique-t-il dans sa lettre.

Le rapport de Netflix aux propriétaires de salles (et, cette année, au Festival de Cannes) est compliqué en raison de sa tendance à diffuser simultanément ses films en ligne et en salles. Hastings a d’ailleurs indiqué que Roma, d’Alfonso Cuarón, serait disponible en décembre sur Netflix et dans plus de 100 salles dans le monde.

« Nous croyons en notre modèle de diffusion simultanée centré sur nos abonnés, et accueillons avec joie toute chaîne de cinéma souhaitant présenter nos films pour permettre à leurs clients de profiter d’une diffusion en salle sur grand écran  » a-t-il ajouté.