Le constructeur français dégringole en Bourse après un article de Libération faisant état de « libertés prises » par le groupe concernant le véritable niveau de pollution de ses moteurs Diesel.

Une nouvelle affaire Volkswagen à la sauce hexagonale ? Selon une information de Libération, la justice soupçonne le groupe dirigé par Carlos Ghosn d’avoir trompé ses clients sur le véritable niveau de pollution de ses moteurs diesel. Le quotidien cite notamment un document de la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) transmis au parquet. Une « affaire » qui tombe au plus mal pour le constructeur français et qui fait ressurgir le funeste épisode des trucages des émissions des véhicules Volkswagen, à l’automne 2015, qui avait notamment conduit au départ contraint et forcé de son PDG de l’époque, Martin Winterkorn.

Echaudé par cet « épisode », les pouvoirs publics français avaient ainsi confié une enquête à la DGCCRF pour faire la lumière sur les émissions en conditions réelles de conduite de toutes les marques commercialisées en France. Réagissant aux informations de Libération, Renault s’est évertué à « calmer le jeu », rappelant « qu’aucun de ses services n’a enfreint les règles, européennes ou nationales, relatives à l’homologation des véhicules ». Trop tard néanmoins pour espérer endiguer l’effet dévastateur de ces révélations sur le terrain boursier où la sanction des investisseurs ne s’est guère faite attendre.

Sanction immédiate du marché


Ainsi, le titre Renault est englué, depuis ce matin, dans les abysses du CAC 40, reculant de 3,39% à mi-séance, sous-performant allègrement un marché en repli de seulement 0,10%. Une baisse simplement « mécanique » et peu préjudiciable à l’action à court terme ? C’est en tout cas l’avis des analystes de Barclays, cités par Reuters. Ces derniers estiment, en effet, « que les soupçons pesant sur Renault ne sont pas nouveaux et que le constructeur a affirmé à plusieurs reprises que ses véhicules étaient conformes et qu’il n’avait jamais utilisé de logiciel frauduleux ».

En outre, la trajectoire du titre ne devrait pas pâtir de ses révélations, selon eux, même s’il convient de rappeler que l’action est en souffrance depuis le début de l’année, avec une baisse de 2,25% depuis le 1er janvier quand, à l’inverse, son concurrent Peugeot, caracole en tête du palmarès du CAC 40 avec une progression de 24,17% sur la période. Si les révélations s’avèrent exactes – ce que le constructeur a, pour rappel, vigoureusement démenti – le cours de Bourse de Renault pourrait ne plus être simplement chahuté mais particulièrement soumis à rude épreuve.

Le « précédent Volkswagen »

Pour rappel, entre le 19 et le 22 septembre, période durant laquelle a éclaté « l’affaire Volkswagen » outre-Rhin, le titre du constructeur de Wolfsburg a chuté de près de 40% à la bourse de Francfort, entrainant dans son sillage, où plutôt dans sa chute, l’ensemble du secteur à l’échelle européenne. Ce matin, la valeur précédant Renault dans les bas-fonds du CAC 40 n’est autre que… Peugeot qui recule de 1,46% à la mi-séance. 

Le groupe de Carlos Ghosn va singulièrement devoir muscler sa défense pour restaurer la confiance des investisseurs… mais également de l’opinion, tant on sait que l’image de marque d’un tel fleuron peut être écornée par un scandale de ce genre. Et éviter la sortie de route. Les prochains jours s’annoncent déterminants et les analystes devraient multiplier les coups de fils et autres rencontres pour évaluer le véritable impact de ces révélations.