Le monde des start-up fait rêver. Un étudiant sur trois souhaite y travailler, de nombreux salariés rêvent de se lancer. Il existe de nombreuses solutions aujourd’hui pour créer une nouvelle activité : incubateurs, startup-studios, avec ou sans capitaux-risqueurs, en mode intrapreneuriat. Pourtant, les risques d’échecs sont pratiquement équivalents, peu importe la solution retenue. L’extrapreneuriat peut-il permettre d’accroître les chances de succès au lancement d’une start-up ?

 


L’extrapreneuriat : défintion

Le terme extrapreneuriat est aujourd’hui utilisé fréquemment pour désigner une spin-off. Il s’agit en général de plusieurs salariés issus d’une entreprise qui lancent une entité juridique séparée de leur organisation d’origine en s’appuyant sur les ressources initiales de leur employeur. Il s’agit concrètement d’un essaimage, la start-up pouvant grandir plus rapidement de cette manière. Une spin-off a clairement un lien avec l’ancienne activité des salariés. Il faut garder à l’esprit que l’extrapreneuriat ne s’oppose pas à l’intrapreneuriat, il en est une forme plus aboutie.

Quelques success stories

En France l’un des cas les plus connus est Gemalto, l’un des leaders du marché de la carte et fondé par un ancien de Thomson à la fin des années 1980.
Plus récemment, en 2015, l’assureur chinois Ping An a lancé une initiative intéressante. Cet acteur a décidé de transformer une business unit OneConnect en véritable spin-off valorisée 7.5 milliards de dollars post serie A.
Plusieurs conglomérats chinois ont mené des opérations similaires en confiant la responsabilité des opérations au management et extrapreneurs déjà en place. Charge à ces derniers de conquérir de nouveaux marchés et plus simplement de servir les clients internes de leur organisation.

Les facteurs clés de réussite de l’extrapreneuriat

L’extrapreneuriat présente de nombreux avantages et s’accompagne de pré-requis à remplir.
Pour l’entreprise d’origine, c’est la possibilité de tester une solution innovante en minimisant les risques financiers et d’image.
Pour l’extrapreneur, c’est la possibilité de se lancer avec l’appui d’une grande organisation. La contrepartie est une association au capital motivante accompagnée toutefois d’une dilution un peu plus importante qu’avec un investisseur traditionnel.
L’extrapreneuriat, en forçant la start-up à prendre des risques et à se concentrer sur son produit et ses revenus protège de nombreux écueils : éviter les quick wins au détriment du business à moyen terme, éviter de subir une composition d’équipes aux profils de salariés talentueux mais dénués d’esprit entrepreneurial.
L’extrapreneur peut faire croître des technologies ou des marchés qui n’étaient pas à l’origine prioritaires pour son organisation. Il dispose donc d’une forte capacité de création et une liberté d’action pour sortir des sentiers battus.
Le salarié doit accepter de prendre un risque en allant vers le marché et changer d’univers. Il doit accepter de faire ses preuves sur un marché concurrentiel et ne plus se satisfaire uniquement de clients internes. C’est là que se situe la plus grande frontière par rapport à l’intrapreneuriat.
Pour l’organisation d’origine, il peut-être malaisé de laisser partir des salariés souvent considérés comme des talents et de reconnaître à sa juste valeur les contributions individuelles. La mise en place de prises de participation et de partenariats sur le long terme est une voie gagnante à privilégier.

Ainsi, s’il n’existe pas de recette gagnante à tous les coups pour lancer une start-up, l’extrapreneuriat semble être une combinaison vertueuse tant pour l’entreprise d’origine que pour les salariés qui en sont issus.