Pour les cadres dirigeants des entreprises, le militantisme représente la 3e plus importante menace pour la réputation des entreprises, selon le rapport d’Herbert Smith Freehills, intitulé « The Future Of Work ». 

En perte de vitesse dans le « dialogue social » de ces dernières années, les syndicats français ont repris leur place d’acteur majeur au son du mouvement de protestation contre la réforme des retraites, qui dure depuis plus d’un mois désormais. Mais le militantisme des salariés ne s’arrête pas aux syndicats. De plus en plus de travailleurs ont des engagements associatifs, ou militent pour diverses causes, sociales, sociétales ou écologiques. Et le militantisme des salariés, les hauts cadres des grandes entreprises en ont peur. 

D’après le nouveau rapport publié par Herbert Smith Freehills, les cadres dirigeants de certaines des plus grandes entreprises du monde considèrent que le militantisme des travailleurs est l’un des trois plus grands risques qui menacent la réputation de leur entreprise.

Intitulé « The Future of Work », ce rapport s’appuie sur des entretiens réalisés avec des cadres dirigeants d’entreprises déclarant un chiffre d’affaires annuel supérieur à 250 millions de livres. Ce rapport révèle que les grandes entreprises s’attendent à une baisse annuelle de 25 % de leur chiffre d’affaires à cause de l’engagement militant de leur personnel. En termes réels, cela pourrait représenter des coûts s’élevant à 177 millions de livres par an.

Le militantisme n’est plus l’apanage des CDI

Dans le détail, plus de 80 % des entreprises s’attendent à assister à l’augmentation du militantisme chez les membres de leur personnel au cours des trois à cinq prochaines années. Selon 57 % des personnes interrogées, les craintes de voir les travailleurs remplacés par des systèmes automatisés sont l’un des premiers facteurs déclencheurs de ce phénomène, dépassant les salaires et avantages (47 %) et les préoccupations environnementales (46 %) dans la liste des principaux motifs poussant les salariés à faire entendre leur voix.

Le militantisme n’est plus réservé aux travailleurs en contrat à durée indéterminée. En effet, les réponses des personnes interrogées laissent penser que les travailleurs intérimaires et contractuels sont de plus en plus enclins à donner leur avis, ce qui se fait plus particulièrement ressentir dans les secteurs immobilier, pharmaceutique et sanitaire.

Les conclusions qui sous-tendent le rapport de Herbert Smith Freehills laissent présager que les conseils d’administrations devraient accorder davantage de valeur au renforcement du dialogue avec les salariés. Un peu plus de la moitié des personnes interrogées (55 %) citent les problèmes de main-d’œuvre comme un risque important pour la réputation des entreprises, devancé seulement par les cyber-menaces (65 %) et les craintes d’un nouveau ralentissement économique mondial (62 %).

Même si cette étude indique que près de 80 % des entreprises disposent d’un comité d’entreprise ou d’une autre forme de représentation des travailleurs au conseil d’administration, les personnes interrogées prévoient que les travailleurs auront de plus en plus souvent recours à d’autres canaux pour exprimer leurs préoccupations. À la majorité écrasante de 94 %, elles prévoient une augmentation de l’utilisation des réseaux sociaux publics, tandis que 77 % d’entre elles affirment que les actions en justice faisant appel à des financements participatifs deviendront de plus en plus nombreuses. Près des deux tiers (63 %) estiment que la signature de pétitions numériques s’accélérera au cours des cinq prochaines années. De quoi trembler visiblement…

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