Le Big Data va révolutionner le business, l’économie et la politique… nous en sommes tous convaincus !

Les résultats de l’élection américaine nous montre, cependant, que ceux qui se sont exclusivement appuyés sur le Big Data auraient mieux fait de prendre un peu de recul et de ne pas être aussi catégoriques.

L’équipe d’Hillary Clinton a été extrêmement active sur la récolte et l’analyse des données (lire l’article sur forbes.fr). Ce sont ces mêmes analystes qui ont conduit Barack Obama vers la présidence -à deux reprises- c’est pourquoi la candidate Clinton est partie en campagne totalement confiante et certaine que le BIGDATA la conduirait, elle aussi, à la Maison-Blanche. Il faut dire qu’elle a dépensé sans compter pour fournir des données à ses équipes. Cette stratégie, basée sur ces analyses de données devait lui permettre, entre autre,  de mieux appréhender l’électorat populaire et ainsi faire basculer les intentions des indécis pour son parti. Jusque là, rien à redire, elle est arrivé en tête des votes de la classe populaire blanche américaine mais avec une infime avance face à Trump.

Avec son aisance de candidat de tv réalité et ses boniments de vendeur de foire, Trump a très facilement trouvé les mots justes pour toucher le cœur de cet électorat. Il a fait vibrer la corde sensible, utilisé des exemples concrets et souvent populistes pour sensibiliser ces électeurs à son discours pendant qu’Hillary Clinton et ses analystes plaçaient des épingles sur des cartes pleines de courbes et de graphiques.

Le Big Data a permis à Hillary de gagner le pari des votes populaires. Ils se sont bien dirigés en majorité vers la candidate démocrate mais les résultats de ces analyses n’ont pas tout prédit. Les données récoltées et leur analyse sont passées à coté d’une nuance de taille qui a joué dans le sens de Trump: La colère de l’électorat populaire. Cette colère s’est concrétisée par un afflux de votants. Un plus grand nombre d’électeurs qu’anticipé s’est déplacé pour voter ce qui a inversé l’équilibre des votants entre les deux grands partis.

Il n’y a pas que les analystes d’Hillary Clinton qui ont été surpris par les résultats des urnes: Tous les organismes d’analyses et même la direction du parti républicain avaient reçu les mêmes conclusions des données récoltées sur le terrain: C’est Hillary Clinton qui devait gagner les élections. Le matin du vote, les statistiques la donnaient gagnante à 80% .

 

Aujourd’hui, quelques jours après les résultats, ces mêmes analystes tentent de limiter leurs mauvaises prédictions en nous rappelant que leurs autres analyses étaient correctes…

Ce qu’ils n’ont pas anticipé quand ils ont rentré les données dans leurs logiciels d’analyse et qui était effectivement plus difficile à prévoir, c’est la formidable augmentation du nombre de votants.

Toutes les analyses se sont basées sur le manque d’intérêt des électeurs face aux deux principaux candidats. Personne n’a anticipé que les votants démocrates, qui avaient pourtant voté en masse pour faire élire Barack Obama, seraient aussi nombreux à être des “anti” Hillary. Des votes qui lui étaient indispensables et qu’elle n’a pas réussi à sécuriser, surtout dans les états clefs.

On nous raconte maintenant que Bill Clinton – un autre candidat qui savait s’adresser aux électeurs par l’émotif et qui comprenait les problèmes de l’électorat populaire- a souvent insisté auprès de l’équipe de campagne de sa femme pour qu’elle revoit son plan d’action vis à vis de ces électeurs. Il souhaitait qu’Hillary s’implique plus activement auprès de la classe ouvrière blanche et aurait été choqué par l’écart entre sa stratégie et les attentes réelles de cet électorat qu’il connait bien. S’il avait été entendu, les victoires limites de Trump dans les états comme le Michigan, la Pennsylvanie et le Wisconsin auraient certainement pu être évitées.

On présente Donald Trump comme opposé aux nouvelles technologies. C’est faux ! Au contraire, il a bien intégré dans sa stratégie de communication, la portée et l’amplitude que lui ont permises les diffusions de ses discours sur les réseaux et médias sociaux. Avec 14,2 millions d’adeptes sur Twitter, ses bons mots circulaient sans censure.

La collecte et l’analyse des données et des informations par des algorithmes de pointe sont des procédés en plein développement. Le BigData va bientôt être indispensable au développement de nombreux marchés. Ce que l’intelligence artificielle ne peut pas prendre en compte dans les analyses de ces données c’est le potentiel humain. Ce petit facteur totalement aléatoire qui peut faire mentir les plus grands analystes comme l’ont constaté il y a cinq jours les américains.