Le titre de l’Ex-PPR a atteint un plus haut historique à la Bourse de Paris grâce une croissance retrouvée et à des performances qualifiées « d’exceptionnelles » par de nombreux analystes de sa marque Gucci.

Le luxe a décidément le vent en poupe à la Bourse de Paris. Après LVMH qui a fait office de locomotive durant toute la journée d’hier, en vertu de son annonce de rachat du « solde » du capital de Christian Dior Couture, c’est au tour du titre Kering de revêtir le costume de leader du CAC 40 grâce notamment à une croissance retrouvée, mais également aux solides performances de sa marque Gucci. Ainsi, à 13H30, l’action de l’ex-PPR progressait de près de 9%, dans des volumes représentant déjà 185% de leur moyenne quotidienne de ces trois derniers mois, surperformant allègrement un marché proche de l’équilibre.


Soit sa plus forte progression en séance depuis le mois d’octobre 2015. Outre le CAC 40, le groupe dirigé par la famille Pinault est également solidement arrimé aux avant-postes du Stoxx 600, qui abrite en son sein les 600 premières capitalisations boursières à l’échelle européenne.  Dans le détail, le groupe de luxe a vu ses ventes décoller de 28,6% à 3,75 milliards d’euros, dépassant les prévisions les plus optimistes des analystes. En outre, les ventes en ligne se sont envolées de 60%.

Gucci au firmament

Mais la véritable satisfaction de cette publication, outre ce chiffre d’affaires d’excellente facture, réside dans les performances de Gucci. La marque florentine, sous la houlette de son directeur artistique Alessandro Michele, confirme son redressement entrevu en fin d’année dernière, redonnant ainsi ses lettres de noblesses à la maison italienne. Ainsi, la griffe transalpine a surpris – doux euphémisme – les analystes en enregistrant une croissance de 48,3% là où les intermédiaires tablaient sur une progression… deux fois moindre, à hauteur de 21,3%, ce qui constituait déjà en soi une prestation de haute volée.  Les analystes ont unanimement salué cet « exploit inattendu », dixit un grand bureau d’études américain.

« On peut attendre une poursuite du succès de Gucci sur les prochains trimestres », a, de son côté, assuré le directeur financier de Kering, Jean-Marc Duplaix, lors d’une conférence téléphonique. Il a cependant reconnu que la base de comparaison, avec un premier trimestre 2016 « faible après les attentats du 13 novembre à Paris, était favorable en ce début d’année 2017 » et que « la croissance devrait se normaliser sur l’ensemble de l’année ».

« Environnement porteur »

« Gucci bénéficie d’un environnement de marché porteur, d’une créativité retrouvée et d’une exécution sans faille », déclare JPMorgan cité par Reuters. D’autres intermédiaires donnent également un satisfecit aux autres grandes marques du groupe qui surnagent malgré la conjoncture, ou qui renouent avec la croissance. C’est notamment le cas du britannique Barclays, toujours cité par Reuters, qui met en exergue les bons résultats de Saint-Laurent, « malgré une base de comparaison difficile », et de Bottega Veneta qui renoue avec la croissance.

Un petit bémol, toutefois, pour Oddo Securities qui, s’il salue « le miracle » Gucci, estime que ce genre de performances incroyables n’a pas vocation à se reproduire continuellement. « Quid de 2018 ? Il devient très difficile alors d’imaginer que cette performance soit soutenable sur le long terme. Plus les chiffres sont bons, plus les bases seront difficiles ». Ce qui incite le broker, en dépit de ce « surrégime » de la griffe italienne maintient sa recommandation Neutre sur le titre Kering mais relève tout de même, de 230 à 276 euros, son objectif de cours sur la valeur.