Karos est la figure de proue d’une nouvelle génération d’application de mobilité pour faciliter les trajet du quotidien et solutionner les problèmes d’encombrement des grandes villes : Les MaaS, pour Mobility as a service. Explications d’Olivier Binet, le fondateur de Karos.

Olivier Binet est une véritable star sur le campus d’HEC en région Parisienne. Et pourtant, le « business case » de sa Start-Up, Karos n’est pas encore étudié dans les cours d’entreprenariat de la prestigieuse école. En revanche, son application de mobilité cartonne auprès des étudiants. Depuis son lancement en 2017, plus d’un sur deux l’utilise pour se rendre ou quitter le campus, particulièrement mal desservi en transports en commun.


« C’est avec ce premier partenariat avec HEC que nous avons vraiment lancé notre appli » explique Olivier Binet. Depuis, grâce à sa technologie inédite, la Start-Up Karos créée en 2014, revendique le leadership du marché du covoiturage de courte distance en France, c’est-à-dire des trajets domicile travail, avec 2 millions de covoiturages de courte distance qui génère 3 millions de chiffre d’affaires.

Pas suffisant pour être rentable, mais de quoi rassurer les actionnaires de Karos, notamment le fonds Aster, Aglaé Ventures (Bernard Arnault) et Xavier Niel qui ont investi près de 10 millions, dont 6 pour développer l’application.

« Nous sommes nés au moment où Blablacar était en pleine croissance sur les longues distances, c’est-à-dire de ville à ville. Nous nous demandions alors s’il était possible de développer une technologie simple, performante pour du covoiturage de banlieue à banlieue, le matin et le soir, un peu à la manière d’un transport en commun » explique Olivier Binet à Forbes.

Fort de cette conviction, Karos a mis au point une application smartphone téléchargeable, qui enregistre les habitudes de déplacement de tous les utilisateurs, d’un point A à un point B assez proches, et analyse les heures et lieux de départ et d’arrivée, les détours (crèche, boulangerie…).

« Nous disposons d’une somme d’infos complexes et parcellaires qui est complétée et analysé en temps réels par nos algorithmes pour anticiper les besoins des utilisateurs et de proposer des trajets porte à porte ou des dépôts sur une ligne de bus ou de train. Tout le monde est connecté en fonction des besoins en itinéraire et en temps de parcours. Nous créons ainsi une sorte de réseau de transport collectif », souligne Olivier Binet, pas peu fier d’annoncer que son appli fait gagner près de 100 euros par mois et en moyenne 26 minutes de temps de transport à chaque utilisateur.

Reste à trouver un business model. Si au début, ce projet qu’Olivier Binet qualifiait lui-même de « curiosité d’étudiant » sans trop s’attarder sur son modèle économique, Karos a désormais une stratégie claire : devenir l’équivalent des SaaS (solution as a service) pour la mobilité, une solution MaaS (mobility as a service), comprendre un système intégré de mobilité, à l’instar de City Mapper. Karos est déjà intégré dans ViaNavigo ou l’Assistant SNCF, les deux applis de transports publics.

« À partir du moment où nous nous positionnons comme un partenaire/acteur de transport public, ce ne sont pas les utilisateurs qui vont nous faire gagner notre vie, car pour eux le coût se limite au prix d’un billet de transports public (2,50 euros en moyenne) mais les collectivités territoriales ou les entreprises qui achètent du transport public pour leurs administrés, leurs salariés ou leurs clients » explique Olivier Binet.

Karos a déjà déployé son système chez Airbus à Toulouse, dans les agglomérations de Grenoble et de Béthune/Lens ou à Troyes. La Start-Up travaille également avec les régions Ile-de-France, Normandie, Occitanie et à la Réunion.

D’autres projets sont en cours de développement, notamment à l’étranger. En Algérie, Karos a signé un partenariat avec le plus gros opérateur de VTC du pays.

« Les enjeux de mobilité dans les grandes villes sont planétaires. Nous ne sommes qu’au début de notre développement. Nous allons rapidement étoffer tripler les effectifs de nos équipes pour accélérer » promet Olivier Binet. De quoi susciter des vocations parmi les futurs diplômés d’HEC.