Lundi, des officiels chinois et leurs médias ont précisé que le Secrétaire d’État américain au Trésor, Steven Munchin, pourrait bientôt se rendre à Pékin afin d’apaiser les tensions croissantes entre les deux pays. Selon leurs projets, de nouveaux droits à l’importation pourraient concerner 1 333 produits chinois à leur entrée sur le territoire américain et réciproquement sur 106 produits américains. Le prédisent Donald Trump accuse la Chine de concurrence déloyale.

Le Secrétaire d’État américain devraient-il profiter de son déplacement pour se rendre également en Corée du Sud et en Malaisie ? Ces pays seraient en première ligne si une guerre commerciale venait à éclater entre les deux premières puissances mondiales. En effet, les désaccords exprimés entre ces deux entités pourraient affecter d’autres pays, plus petits mais dépendants du commerce, même s’ils ne sont pas visés les éventuelles mesures.

« Un combat commercial à grande échelle entre les États-Unis et la Chine pourraient avoir des répercussions au niveau international », explique Scott Kennedy, directeur adjoint du Freeman Chair pour l’étude de la Chine avec le think tank du centre pour les études stratégiques et internationales. « Des entreprises du monde entier prennent part à des chaînes logistiques passant par la Chine ».

Voici quatre pays qui subiraient de plein fouet les conséquences de l’augmentation des droits à l’importation entre les deux pays.

Le Brésil

Une guerre économique engendrerait des capacités de production excédentaires en Chine, ainsi qu’aux États-Unis. Les producteurs de ces deux pays devraient alors trouver d’autres marchés où écouler leur production, explique Stuart Orr, professeur de gestion stratégique à l’université de Deakin en Australie. Le soja fait partie de ces produits, et s’il venait à inonder le marché international, alors les autres pays producteurs devraient faire face à cette soudaine concurrence. Dans ce cas, le premier pays en lice serait le Brésil. Cette nation sud-américaine produit 30 % de l’offre mondiale en soja, il est seulement deuxième après les États-Unis. La Chine se place, quant à elle, en quatrième position. 

La Malaisie

Historiquement, ce pays d’Asie du Sud-Est dépend de l’exportation de pétrole brut et d’huile de palme. Mais aujourd’hui, son économie de 341 millions de dollars (280 millions d’euros) repose également sur ses ventes de produits et d’équipements électroniques, qui sont destinés à la fois à la Chine et aux États-Unis. L’an dernier, la principale exportation de la Malaisie vers ces pays était les circuits imprimés et les composants électroniques, selon les informations recueillies par Moody’s. Ces produits pourraient être impactés par la guerre commerciale imminente, explique Joy Rankothge, analyste chez Moody’s, spécialisé dans la recherche et la stratégie de crédit. Les sociétés américaines pourraient alors soit réduire leurs commandes soit demander des réductions de prix.

La Corée du Sud

Selon un nouveau rapport, citant des estimations de l’institut de recherche coréen pour le commerce international, la valeur totale des semi-conducteurs coréens exportés vers la Chine pourrait chuter de 4 milliards de dollars (3,28 milliards d’euros) par an, si les droits à l’importation à l’étude étaient appliqués. Samsung Electronics et SK Hynix, tous deux fabricants de puces électroniques pourraient également en pâtir, ajoute le rapport. « Si les mesures protectionnistes devaient impacter lourdement, et sur une longue période, le commerce mondial, les économies reposant principalement sur le commerce extérieur, comme Taiwan, la Corée du Sud ou la Malaisie, seraient alors impactées », précise Marie Diron, directrice générale du groupe Sovereign Risk chez Moody’s.

Taiwan

Les fabricants taiwanais exportent des pièces et du matériel électronique vers la Chine, en vue d’être assemblés pour ensuite être exportés de nouveau. Les fabricants établis de matériel informatique tels que Lite-On et les fabricants de moniteurs d’ordinateurs comme Foxconn Technology, devraient payer davantage afin d’exporter vers les États-Unis, à cause de leurs bases de production situées en Chine, en plus d’être mentionnés sur la liste des droits à l’importation de Washington, selon Sagitta Pan, analyste industriel pour le Market intelligence & consulting institute de Taipei. Les fabricants de matériel informatique peuvent cependant transférer les lignes de production et d’assemblage vers Taiwan, précise Sagitta Pan, alors que les fabricants de moniteurs pourraient délocaliser leur production vers d’autres pays.