La filiale du groupe Alphabet vient d’annoncer avoir dépensé 18,66 millions de dollars en lobbying politique à Washington sur l’année 2018. Elle a dépassé son précédent record qui était de 18,22 millions en 2012. 

Lundi 21 janvier, Google a été condamné en France par la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) à verser une amende de 50 millions d’euros. La Cnil – dont la mission est de veiller à ce que l’informatique soit au service du citoyen et qu’elle ne porte atteinte ni à l’identité humaine, ni aux droits de l’Homme, ni à la vie privée, ni aux libertés individuelles ou publiques – a estimé que la firme au fameux moteur de recherche n’avait pas donné suffisamment d’informations sur l’exploitation des données personnelles de ses utilisateurs. 

Entre (ir)respect des données personnelles, évasion fiscale et situations monopolistiques, les GAFAM n’en finissent pas de recevoir maintes et maintes critiques du public et des politiques. Alors pour assurer leurs arrières, les géants du numérique sont devenus des spécialistes en lobbying. Et ne s’en cachent guère. Google vient donc d’annoncer avoir dépensé 18,66 millions de dollars en lobbying politique à Washington sur l’année 2018. Elle a dépassé son précédent record qui était de 18,22 millions en 2012.

6 millions d’euros en Europe, une hausse de 500% depuis 2011

« Les dépenses en lobbying auprès du Congrès, des agences fédérales américaines et de la Maison-Blanche du réseau social Facebook ont également atteint des records en 2018 : 12,62 millions de dollars contre 11,51 millions l’an passé, selon les données conservées par le Center for Responsive Politics« , précise l’agence Reuters.

Les Etats-Unis ne sont pas la seule terre de lobbying de la firme de Mountain View. Selon le site lobbyfacts.eu, qui observe les activités de « séduction » des entreprises auprès des personnalités politiques de l’Union européenne, Google a dépensé plus de 6 millions d’euros en activités de lobbying à Bruxelles, réparties sur 9 lobbyistes. Soit une augmentation des dépenses de plus de 500% depuis 2011.

Cette tendance à la hausse dans les dépenses en lobbying n’est pas l’apanage que de Google. Dans un graphique éloquent, datant d’avril 2018, Statista montre l’augmentation depuis 2011 des dépenses trimestrielles en lobbying des GAFA. Si Google est bien en tête du top 4, Apple, la firme la moins dépensière du big four, a investi plus de 2 millions d’euros au dernier trimestre 2017 dans le lobbying. Près de cinq fois plus que six ans auparavant.