La jeune pousse, qui compte bouleverser le secteur du transport routier en Europe, vient de boucler sa deuxième levée de fonds en trois ans d’existence. L’objectif de Fretlink est de soutenir son déploiement sur le vieux continent. 

Paul Guillemin a le phrasé tonique des gens pressés, des entrepreneurs insatiables, qui sentent bien que la sauce est en train de prendre, même si beaucoup reste à faire. Les mots du CEO de Fretlink sont également rythmés par l’excitation de l’annonce : sa startup vient de boucler une levée de 25 millions d’euros en Série-B pour prendre le leadership sur le marché européen des commissionnaires de transport et atteindre 150 à 200 millions d’euros de chiffre d’affaires annualisé d’ici fin 2020. A l’heure actuelle, après trois ans d’existence, Fretlink  accompagne déjà plus de 400 entreprises européennes dans la transformation de leur supply chain. Forte de 80 collaborateurs, la société a multiplié par 10 son chiffre d’affaires en un an, passant de 1,4 millions d’euros en 2017 à 15 millions en 2018.


Concrètement, Fretlink propose aux entreprises (les chargeurs) d’être mises en relation avec des transporteurs routiers pour assurer leurs livraisons de cargaisons d’un point A à un point B. Fretlink compte dans ses clients des grandes multinationales comme Colas, Unilever, Mars ou encore Procter&Gamble. Le plus de Frtelink est de proposer “des opérations numérisées et automatisées, drivées par la data, explique Paul Guillemin. Nous avons également une mission d’accompagnement auprès des entreprises dans la transition numérique concernant le déploiement de leur supply chain.”

Un marché à 300 milliards d’euros

Le marché des commissionnaires de transport routier est énorme. Il représente 300 milliards d’euros de chiffre d’affaires, soit trois fois plus que le marché des VTC. Les dépenses en matière de transport routier concernent près de 15% des dépenses des grandes entreprises industrielles. 

Les principaux investisseurs sur ce tour sont des acteurs majeurs évoluant sur le marché du transport routier : Edenred Capital Partners, structure de Venture Capital adossée au groupe Edenred, le leader mondial des solutions de paiements dans le monde du travail (qui propose notamment des cartes-carburant pour les flottes de véhicules lourds en Europe avec sa filiale UTA), ainsi que TIP, leader européen de solutions de location, d’entretien et de réparation de semi-remorques. “La qualité des équipes de Paul Guillemin et Antoine Le Squeren, qui ont développé en peu de temps une plateforme efficace pour fluidifier le marché à fort potentiel du transport de marchandises européen, nous a convaincu d’investir sur cette nouvelle levée de fonds, assure Norbert Furnion, Managing Partner d’Edenred Capital Partners. Des synergies pourront être mises en place avec Edenred, l’un des acteurs mondiaux dans le marché de la mobilité professionnelle.”

Inventer l’ampoule 

La start-up, qui opère déjà dans 22 pays européens depuis 2018, souhaite aujourd’hui se rapprocher encore davantage des donneurs d’ordres et des transporteurs à travers toute l’Europe. Cette expansion européenne commencera en priorité par l’Allemagne et la Belgique, où l’ouverture des futurs bureaux de Fretlink est prévue dès la fin du 2e trimestre 2019.

“Nos clients ont des supply chains et des problématiques à l’échelle européenne, avec des implantations de sites industriels dans plusieurs pays et des plans de transport complexes, explique Paul Guillemin. Nous souhaitons, à travers cette expansion, développer des relations fortes avec les acteurs locaux et continuer à bâtir un standard d’organisation du transport partout en Europe.” 

Afin d’opérer cette croissance, Fretlink annonce l’ouverture de 100 nouveaux postes à fin 2020. Déjà pourvue de 80 collaborateurs, la société compte muscler ses équipes R&D, produit (conception et développement de la solution), commerciales, partenariats transporteurs, ainsi que son équipe de coordination opérationnelle et d’exploitation. “Pendant des années, la secteur s’est contenté de vouloir améliorer la bougie, lâche Paul Guillemin. Nous, nous voulons inventer l’ampoule”.