Le 18 septembre 2019, le gouvernement révélait la liste des 40 start-up françaises les plus prometteuses, la french tech, réunies au sein du nouvel indice Next40. Cette annonce, historique tant pour l’écosystème start-up que pour l’économie française en général, marquait aussi le franchissement d’un cap : Next40 n’est pas un simple indice, c’est le symbole d’un changement de modèle. Par Jean-Stéphane Arcis.

 

Un changement d’état d’esprit

La création du Next40 est d’abord le marqueur d’un profond changement d’état d’esprit dans les grandes sociétés françaises. Celles-ci ont bien compris que l’écosystème « French Tech » offrait une large palette de partenaires en mesure de déployer leurs projets innovants à l’échelle internationale. Pourtant cela n’a pas toujours été le cas. Si l’on regarde dix ans auparavant, seules les sociétés de software américaines étaient jugées capables de développer des projets d’envergure mondiale. En France, les freins au développement étaient tenaces : perçus comme de « petits artisans » locaux face aux champions américains, les entreprises françaises de la tech se heurtaient constamment à une barrière invisible qui limitait leur expansion hors des frontières nationales.

Aujourd’hui, après plus d’une décennie d’efforts pour imposer le modèle français, le combat est largement gagné. La croyance selon laquelle les entreprises françaises n’ont pas les reins assez solides pour déployer des projets stratégiques à l’échelle internationale a été progressivement déconstruite. Bien au contraire, les grandes sociétés françaises ont compris que les entreprises nationales ont un ancrage dans un environnement multiculturel complexe. Ce qui leur donne un fort avantage concurrentiel sur leurs voisins d’outre-Atlantique, qui ont tendance à dupliquer un modèle unique, sans tenir compte des spécificités locales. Les grands groupes implantés en France ont aussi parallèlement pris conscience que leur réussite allait de pair avec une responsabilité : celle de développer le tissu économique dont elles étaient issues, en encourageant la croissance des pépites françaises, au profit d’un cercle vertueux !

Next40 est aussi, plus globalement, le révélateur d’un changement d’état d’esprit au sein de la société française. Il y a une dizaine d’années, l’univers des start-up était encore très largement terra incognita. Levée de fonds, amorçage, dilution, VC…, ces termes que nous lisons et entendons aujourd’hui presque quotidiennement étaient peu familiers pour mes interlocuteurs de l’époque. Toute la littérature et le savoir qui circulent aujourd’hui autour du modèle entrepreneurial n’existaient pas encore. Il y a 5 ou 6 ans, la carrière idéale aux yeux des jeunes était une carrière dans… l’administration. Aujourd’hui, les jeunes rêvent d’entreprenariat : 45% des jeunes diplômés envisagent de créer ou reprendre une entreprise un jour ! Preuve en est avec les dernières éditions de BIG – BPI Inno Génération, ou de Vivatech qui rassemblent des centaines de milliers de participants.

 

Une dynamique à poursuivre

Le chemin parcouru en l’espace de seulement dix ans est donc immense. Next40 est un révélateur, mais aussi un accélérateur de ces grandes évolutions. Un accélérateur, parce que nommer les choses, c’est impacter le réel. « Silicon Valley », « Tel Aviv », « French Tech » sont autant de termes qui ont contribué à bâtir et consolider le modèle – voire le mythe – « start-up ». Next40 apporte aujourd’hui sa pierre à l’édifice en posant un nom sur la réussite du modèle start-up à la française et en donnant la preuve que oui, il est possible de démarrer une aventure entrepreneuriale en France, de réussir et devenir une référence mondiale.

La priorité, désormais, doit être de prendre une longueur d’avance et d’inscrire l’innovation au cœur de la société française. Next40 va contribuer à impulser cette dynamique, en donnant aux scale-up l’autonomie dont elles ont besoin pour maîtriser les innovations de rupture de demain. Avec une seule ambition : se propulser toujours plus loin dans le jeu économique mondial et contribuer à faire de la « souveraineté technologique » européenne une réalité.

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Par Jean-Stéphane Arcis, PDG de Talentsoft