Alors que cette semaine, le fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, affronte le congrès américain, l’entreprise a dévoilé une démarche supplémentaire en vue d’éradiquer tout usage abusif de données : un programme de primes pouvant atteindre 40 000 $ (32 300 €).

D’après Facebook, ce programme est mis en place avec pour objectif, l’identification des différents types de détournements de données qui ont valu un interrogatoire en règle à Mark Zuckerberg face au Sénat et à la Chambre de représentants américains cette semaine.


Les données personnelles de 87 millions d’utilisateurs du réseau social ont été communiquées à la société de conseil Cambridge Analytica, et elles auraient été utilisées pour cibler les électeurs durant la campagne présidentielle américaine de 2016.

Les sommes d’argent offertes par le programme de Facebook oscillent entre 500 $ (403 €) et 40 000 $ (32 300 €), et l’entreprise explique : « La hauteur des primes est déterminée par différents facteurs, notamment leur impact, le degré d’exposition des données, la quantité d’utilisateurs affectés et bien d’autres ».

Pour en bénéficier, les chasseurs de prime devront identifier des situations dans lesquelles des données ayant été légalement recueillies auprès des utilisateurs après qu’ils aient téléchargé l’application Facebook, ont été soit vendues, volées ou partagées avec d’autres entreprises sans l’autorisation de Facebook.

Les données en question doivent avoir fait l’objet d’une utilisation abusive, un simple recueil ne compte pas. Sont en revanche écartés, tous les cas de récupération de données, de malware et d’escroqueries incitant des utilisateurs à installer des applications et tous scénarios dans lesquels la sociologie appliquée joue un rôle important.

Les chasseurs de primes ne doivent pas obtenir les données de manière illégale ou sans autorisation conforme, et au moins 10 000 utilisateurs de Facebook doivent avoir été touchés par le détournement en cause.

Ces lignes directrices laissent penser qu’il ne sera pas facile de prétendre à une prime. L’entreprise offre actuellement plus d’un million de dollars par an aux chasseurs de bugs dénichant des failles de sécurité sur la plateforme, mais ce nouveau programme ne coûtera peut-être pas beaucoup d’argent à Facebook.

En revanche, cela pourrait lui coûter beaucoup plus cher en termes de relations publiques. En effet, les règles sont très simples pour les chasseurs de prime, ils doivent simplement donner le nom de l’application, le nombre d’utilisateurs qui seraient affectés, le type de données collectées, ainsi qu’un résumé décrivant comment et dans quel but ces données sont utilisées.

Étant donné les consignes présentées par Facebook, peu de chasseurs de primes auront la possibilité de remporter le gros lot. Cependant, rien n’empêche à toutes les personnes scandalisées par l’affaire Cambridge Analytica de se plaindre, car Facebook a promis d’examiner tous les rapports qu’il recevra.

Ce programme est en réalité une occasion en or pour les personnes en colère de faire entendre leur voix. Ainsi, tous les rapports sérieux de chasseurs de primes risquent de se retrouver noyés dans la masse de réclamations. En plus de ça, le personnel de Facebook a certainement autre chose à faire, surtout en ce moment, que d’examiner attentivement toutes les complaintes de manière exhaustive.