Le gouvernement britannique a utilisé tous les moyens à sa disposition pour saisir un ensemble de documents internes de Facebook… que l’entreprise tente désespérément de garder secrets.

La start-up américaine Six4Three, créatrice de l’application Pinkini poursuit Facebook aux États-Unis. Son application répertorie les photos d’utilisateurs de Facebook portant des bikinis. Elle affirme que la décision du géant des réseaux sociaux d’interdire l’accès à certaines données en 2015 rompait une promesse faite précédemment par l’entreprise. Dans le cadre de la poursuite, les documents saisis montrent que le dirigeant de la start-up et homme d’affaires a reçu des emails douteux de Mark Zuckerberg, qui prouvent qu’il a menti au Congrès sur ses pratiques en matière de confidentialité.


Selon la start-up, ces documents incluraient notamment des emails du fondateur de Facebook et montreraient qu’il était bien conscient de la faille dans ses procédures qui permettait à Cambridge Analytica de collecter des données sur des millions de personnes.

Les documents sont bien sûr en rapport direct avec l’enquête en cours au Royaume-Uni sur les normes de confidentialité de Facebook. Selon The Guardian, le Parlement aurait pris la rare décision d’envoyer le sergent d’armes de la Chambre des communes à l’hôtel de l’homme d’affaires pour exiger la remise de ces documents. Ne les ayant pas remis immédiatement, le dirigeant de la start-up a été conduit au Parlement et averti des risques qu’il encourait (amendes et peine d’emprisonnement) s’il ne s’y conformait pas. Après quoi il aurait accepté de remettre les documents. Depuis, des échanges auraient eu lieu par email entre Facebook et Damian Collins, parlementaire britannique et président de la commission DCMS (Numérique, Culture, Média et Sport).

Le vice-président des politiques publiques de Facebook, Richard Allen, a affirmé à propos l’action de Six4Three qu’il s’agissait « davantage d’une attaque contre [Facebook] que d’une réclamation légale crédible ». Cependant, Collins a fermement répondu « Nous pensons que les documents que nous avons demandés à Six4Three pourraient contenir des informations importantes sur [le partage de données avec des développeurs] qui est un problème d’intérêt publique. »

« Nous souhaitons également savoir si les politiques de Facebook, telles qu’exprimées dans ces documents, concordent avec les déclarations publiques de l’entreprise sur le sujet. »

Le gouvernement britannique a encore une fois été confronté au refus de Zuckerberg de témoigner devant le Parlement concernant l’implication de son entreprise dans ce scandale. Une autre audience a eu lieu avant-hier, avec Allan à la place de Zuckerberg. Il était manifestement très attaché à ce que les documents restent secrets. Il a souligné que les documents étaient actuellement sous scellés en Californie, où l’affaire Six4Three est en cours. Toutefois, comme l’a fait remarquer Collins, la loi américaine ne s’applique pas au Royaume-Uni.

« En vertu de la législation britannique et du privilège parlementaire, nous pouvons publier des documents dans le cadre de notre enquête si nous le souhaitons. » a tweeté Collins.