Les emojis (ou émojis), ces petits pictogrammes qui ponctuent nos messages, sont de plus en plus utilisés. Le cabinet Brandwatch a mis au point l’outil Brandwatch Analytics pour étudier l’utilisation des émojis sur le réseau social Twitter. En deux ans, du 1er septembre 2015 au 30 septembre 2017, le cabinet a analysé 10% de Twitter. Résultat, plus de 6 milliards d’émojis publiés sur cette période, soit 250 millions chaque mois. Quels sont les émojis les plus utilisés et que racontent-ils de notre manière d’appréhender l’actualité ?

Une petite tête ronde et jaune riant aux éclats, une petite tête ronde et jaune pleurant, souriant… Un visage rubicond et mécontent, un autre vert et malade… Et depuis quelques temps, des pictogrammes plus variés, des chiffres, des signes, un feu d’artifice, une part de pizza, des yin et des yang… Les émojis, ces petits pictogrammes et émoticônes figuratifs, ont envahis nos fils de discussions dans nos messages privés – textos, courriels – mais aussi nos messages publics, et notamment sur le réseaux social Twitter.

Du 1er septembre 2015 au 20 septembre 2017, Brandwatch a collecté et analysé les émojis publiés sur Twitter. Au total, plus de 6,4 milliards d’émoticônes ont été partagés sur le réseau social, soit en moyenne, 250 millions publiés chaque mois (l’analyse étant réalisée sur un échantillon de 10% de Twitter). Le rapport a analysé 100 marques, sélectionnées grâce à la littérature industrielle recoupée avec des classements tels que le Fortune 500.

Top50 Brandwatch


Une augmentation des émojis négatifs

Sur Twitter, 75% des émojis utilisés sont positifs, et 25% négatifs, selon la classification d’Unicode reprise ici par Brandwatch. Si les émojis qui miment la joie sont les plus fréquents (31%), leur utilisation baisse au profit des émojis négatifs qui enregistrent une augmentation de 9,5% sur la période, passant de 23,2 à 25,4%, avec un pic enregistré en novembre 2016 au moment de l’élection américaine (jusqu’à 28,9% d’émoticônes négatifs). Pendant ce temps-là, le volume des émojis du domaine de la joie baisse inexorablement, passant de quasiment 500 000 en octobre 2015 à un peu plus de 200 000 en septembre 2017. Les Twittos seraient-ils moins heureux ?

 

La joie baisse / Brandwatch

Ces deux années ont en effet été ponctuées d’événements plus propices à publier des pictogrammes de tristesse, comme l’attentat de Manchester durant l’été 2017, de colère autour de l’élection de Donald Trump ou d’inquiétudes quant au Brexit.

Comment utilise-t-on les émojis ?

L’utilisation d’émojis évolue durant l’année en fonction des événements qui ponctuent l’actualité, mais aussi en fonction de l’heure de la journée. Comme le montre le rapport, c’est surtout à partir de 21 heures que les twittos commencent à utiliser des émojis dans leurs messages. Avec un pic de pictogrammes négatifs entre 20 heures du soir et 6 heures du matin à 27,3% contre 22,5% pendant la journée. A croire que la nuit ne porte pas conseil…

Autre apprentissage, les femmes utilisent beaucoup plus d’émojis (61%) que les hommes (39%). Et elles et ils ne les utilisent pas de la même manière. Selon Brandwatch, les femmes sont 11% de fois plus susceptibles d’utiliser des images représentant la joie, quand les hommes sont 35% de fois plus susceptibles de publier des émojis mimant la peur.

Enfin, la géographie semble avoir un impact sur l’humeur de la twittosphère. Les villes françaises les plus négatives sont Paris, Orléans et Montpellier. Et les plus positives sont Le Mans, Rennes et Nantes. Mais difficile d’atteindre les 85% de tweet à émojis positifs publiés dans la cité du Vatican…