Comall propose de mettre en relation des étudiants auto-entrepreneurs avec des entreprises. La plateforme compte se focaliser sur tous les profils touchant aux métiers de la production de contenus. 

Au cours de sa carrière dans le e-commerce, Gilles Bellaloum, 52 ans, devait souvent faire face à des problématiques budgétaires en matière de production de contenu sur la toile. “Nous sommes dans une ère où toutes les marques ont des besoins en masse et fréquents de contenus digitaux divers, audiovisuels ou écrits.” Sauf que cette production nécessite d’importants investissements. Et des compétences complexes et spécifiques. M. Bellaloum a décidé de se tourner vers les étudiants pour répondre à ces enjeux : “C’est la génération digital native. Ils ont une vision du monde différente, innovante, qui fait défaut dans beaucoup d’entreprises. Et les étudiants, eux, cherchent à enrichir leur portfolio.” Il a donc lancé Comall, plateforme qui met en relation des étudiants auto-entrepreneurs avec des entreprises depuis janvier dernier.


Comall assure mettre sur pied une relation gagnant-gagnant : d’un côté, pour des recruteurs qui peinent à embaucher de nouveaux talents, le site fournit un vivier d’étudiants à l’entreprise en lui évitant un process de recrutement parfois rigide et long. De l’autre côté, les étudiants peuvent prendre de l’expérience, développer des compétences et gagner de l’argent. “En une vingtaine d’heures de travail, on peut arriver rapidement à 800 euros mensuels”, assure M. Bellaloum. Des missions d’une durée de un quart d’heure (des traductions express pour un site) à plusieurs mois sont proposées par des firmes de toute taille et envergure : Comall collabore avec de nombreuses marques dans les univers de la mode, la food, l’hôtellerie, la communication et les médias, dont Pierre Hermé. Izipizi, Smallable, Hôtel National des arts et métiers, Jennifer, 3 Suisses et Agence WinWin.

Un des arguments de Comall est sa sélectivité : 40 à 50 profils étudiants candidatent par jour pour être référencés sur le site. “Seuls 15% sont conservés”, explique Gilles Bellaloum. Pour les grands comptes, Comall dédie à l’entreprise un “account manager” qui va lui-même sélectionner les meilleurs profils pour une mission donnée. Ce service est disponible dans la version premium du site, dont l’entreprise peut profiter moyennant un abonnement allant de 249 à 1300 euros. Sinon, le business model de Comall repose sur un prélèvement de 15% du prix de la mission auprès de l’entreprise. 

Le positionnement de Comall ressemble beaucoup à celui qu’avait La Crème de la crème – une des plateformes de freelances les plus en vue en France -, à ses débuts. M. Bellaloum le concède mais nuance : “Le positionnement de la Crème concerne plus les métiers de la Tech”, alors que Comall se positionne davantage sur les métiers de la production de contenus. Autre précision : “La Crème a abandonné les étudiants parce qu’évidemment, ses premiers freelances ont grandi et sont désormais des pros diplômés. Nous, c’est pareil. Nous allons nous ouvrir aux professionnels. Parce que si nos freelances sont bien avec nous, il n’y a pas de raison qu’on les laisse partir.”