Emblématique du luxe de part le monde, le marché du jet privé se porte bien depuis son invention dans les années 1960. Malgré la croissance du secteur, l’aviation d’affaires est resté un monde opaque, y compliquant l’accès même aux personnes fortunées. Depuis moins d’un an, c’est dans cette optique que la start-up monégasque Central Jets continue à séduire les milliardaires en leur laissant louer n’importe quel jet sans commission, comptant les économies réalisées par millions.

Depuis le premier LearJet privé construit en 1963 pour l’investisseur Bill Lear, le modèle de la location de jet privé est resté inchangé. Lorsque quelqu’un cherche à acheter un vol en jet privé, il contacte traditionnellement un broker qui regarde plusieurs options sur le marché et les envoie au client avec une commission qui peut aller jusqu’à 50%. Le client achète ensuite le vol au broker sans savoir quel prix l’intermédiaire a payé pour ce même vol.

Par exemple, sur un vol Nice-Paris à bord d’un grand jet privé comme un Challenger 850, le propriétaire pourrait vendre le vol à 9 000 € à l’intermédiaire tandis que le client paierait 18 000 €. C’est en éliminant ce surplus de 50% que la start-up Central Jets continue à accroître sa part du marché à vitesse grand V.

Fondé fin 2018 par le groupe monégasque Seastems et Ian Malouf, 188ème fortune d’Australie, Central Jets mise sur la tech et des grands volumes pour faire économiser des millions à ses clients. Par sa plateforme en ligne, n’importe qui peut y envoyer une demande de vol et recevoir instantanément les prix disponible pour chaque avion dans la zone et en direct du propriétaire, sans commissions.

Avec plus de 10 000 avions disponibles à travers Central Jets, la start-up aide ensuite ses utilisateurs à planifier leurs vols avec une équipe de concierges disponibles 24/7 suivant tout le vol de A-Z. Pour pouvoir acheter des vols à travers Central Jets, ses utilisateurs payent simplement un abonnement de 199 €/mois tandis que les propriétaires d’avions reversent 2,9% des revenus reçus sur les vols.

Parmi les clients de Central Jets on trouve à la fois des grandes fortunes européennes à la recherche de Falcon 7X mais aussi des entrepreneurs qui voyagent sur des Citation Mustang. Plus de 2 millions € de vols ont déjà été achetés à travers Central Jets cet été avant même le mois d’août. Un concept permettant à ses utilisateurs de louer les mêmes avions à des prix nettement inférieurs.

Central Jets entre sur le marché de l’aviation d’affaires alors que celui-ci est en pleine consolidation. JetSmarter, valorisé en 2016 à plus d’1 milliard €, vient d’être racheté par le géant VistaJet dans un échange d’actions. Ce dernier, lui-même valorisé à plus de 2 milliards a également racheté XOJet quelques mois avant dans un déluge de M&A dans le secteur. En 2018, c’est le broker PrivateFly qui était racheté par le holding Directional Aviation, qui compte déjà dans son portefeuille Nextant Aerospace, Sirio et FlexJet parmi d’autres marques.

Soutenu par un marché en pleine croissance, les opérateurs de jet privé qui, au préalable se concentraient majoritairement sur la gestion d’avions de leurs clients, multiplient également les acquisitions d’avions eux-mêmes pour les louer à travers des plateformes comme Central Jets. AirX, basé à Malte, dispose maintenant d’une flotte de 18 jets privés, monétisés par l’intermédiaire de plateformes et de brokers exclusivement. Parmi ses concurrents, Air Hamburg avec une flotte de plus de 31 avions et VistaJet qui en compte maintenant plus de 80 avec pour actionnaire majoritaire le milliardaire Thomas Flhor. AirX serait en train de préparer en IPO dans les trimestres à venir.