La FAA (Federal aviation administration) a finalement approuvé l’aile pliable en composite innovant du Boeing 777X, un avion qui devrait redéfinir les vols long-courrier. 

Airbus affirme que l’A380 est idéal pour connecter entre elles les plus grandes villes du monde grâce à des plannings de vol plus efficaces, des fréquences moins importantes, tout en pouvant transporter davantage de passagers. Alors que le nombre croissant de voyageurs pose problème au niveau des infrastructures aéroportuaires dans le monde entier, cela apporte tout de même des bénéfices importants.


Le constructeur européen qui produit l’A380 pense que le nombre de liaisons entre grandes villes augmentera étant donné que les populations du monde entier se concentrent autour de grands pôles urbains. Mais l’A380 a ce qu’on pourrait appeler une « aile » d’Achille et Boeing l’a transpercée d’une flèche avec son 777X. La taille de l’A380 impose aux villes de faire quelques aménagements dans leurs aéroports afin de pouvoir l’accueillir.

Ce problème est quelque peu ironique pour un avion qui se targue de répondre aux limites des infrastructures aéroportuaires. D’ailleurs, l’A380 ne peut atterrir que dans soixante villes dans le monde. Airbus assure que ces soixante villes sont stratégiques, car ce sont de grandes zones urbaines et commerciales.

Les aéroports accueillant l’A380 ont dû dépenser des millions afin de construire des infrastructures adaptées, des portes séparées et des pistes plus longues qui permettent à l’avion de circuler et d’embarquer les passagers de manière efficace. Par exemple, les travaux d’aménagement de l’aéroport de Copenhague, réalisés en 2015 afin de pouvoir accueillir des A380, ont coûté plus 50 millions de dollars.

Au contraire, le Boeing 777X peut se rendre dans tous les aéroports du monde accueillant des 777, des 787 ou des A330. Et ce, parce qu’avec les bouts d’ailes pliables, Boeing s’est assuré que le nouveau 777X puisse faire partie de la catégorie ICAO code E sans opérer de modifications de la porte d’embarquement ou des pistes.

L’Organisation de l’aviation civile internationale (ICAO), qui décide des normes de l’aviation internationale, a classé l’A380 dans la catégorie « code F modifié » l’an dernier, ce qui signifie qu’il peut atterrir sur une piste code E, à condition que les régulateurs locaux donnent leur accord, en fonction de l’évaluation des risques et de la sûreté. La reclassification de l’A380 ne prend pas en compte les problèmes de stationnement de l’appareil et d’embarquement des passagers. Elle concerne surtout le décollage et l’atterrissage des avions.

Boeing a insisté sur l’avantage du 777X tout au long de son développement et a répondu aux inquiétudes concernant les ailes pliables afin de satisfaire les régulateurs.

Le nouveau Boeing 777X n’a pas été conçu pour transporter autant de voyageurs que l’A380 dans sa configuration la plus dense (853 passagers). D’ailleurs, à l’heure actuelle, aucune compagnie aérienne n’a osé une telle configuration. En partie, à cause du poids supplémentaire induit par les bagages, les sièges, les cuisines, les toilettes, la nourriture et tout ce qui peut influencer la consommation de carburant et l’autonomie de l’avion. Un nombre plus important de passagers nécessite également un nombre plus important de personnels navigants, afin d’atteindre le ratio personnel passagers réglementaire, ce qui rend ce genre de vol plus coûteux en matière d’exploitation.

Emirates, qui détient la plus grande flotte d’A380 au monde et a sauvé le programme de construction de l’A380 au début de l’année avec une commande provisoire de vingt appareils, sera la première compagnie à compter dans ses rangs le nouveau Boeing 777X, qui sera livré en 2020.

Bien que l’A380 soit très attractif pour les passagers, le modèle de base du 777X devrait comprendre quelques améliorations de l’expérience passager. Boeing espère ainsi établir de nouvelles normes en matière de vols long-courrier.

À l’exception de Cathay Pacific, tous les clients connus du  777X possèdent déjà des A380 : Nippon Airways, Etihad Airways, Lufthansa, Qatar Airways et Singapore Airlines. Le 777X suit déjà l’A380 de très près.

Il y a peut-être assez de place dans le ciel pour que le 777X et l’A380 coexistent, même sous la même bannière. La croissance de l’aviation commerciale présente de nombreux défis pour les futurs managers du trafic aérien, et les très grands avions peuvent aider à compenser les faiblesse de certaines infrastructures.

Dans un dernier effort pour attirer des nouveaux clients, Airbus a annoncé une nouvelle configuration pour son appareil, l’A380 Plus, lors du salon du Bourget l’an dernier. Cette proposition comprend notamment de nouveaux winglets afin d’améliorer l’aérodynamisme et de réduire la consommation et les coût d’opération de l’appareil de l’ordre de 13 % par siège.

Mais en permettant aux compagnies aériennes d’assurer la liaison entre davantage de villes, les ailes pliables du Boeing 777X surpassent de loin les winglets d’Airbus.