PEGASUS | Selon une enquête conjointe publiée mardi par le Washington Post, au moins 14 chefs d’État, actuels ou anciens, ont été identifiés parmi les dizaines de milliers de personnes ciblées par des clients de la société privée israélienne, NSO Group, pour faire l’objet d’une éventuelle surveillance.

 

Dans un rapport qui a eu l’effet d’une bombe, publié ce week-end, l’association française de journalisme, Forbidden stories, et le groupe de défense des droits de l’homme, Amnesty International, ont déclaré avoir reçu une liste de plus de 50 000 numéros de téléphone dont certains étaient visés par le logiciel espion Pegasus, créé par la société NSO Group.

Le Washington Post ainsi que des « organismes de presse partenaires » dans dix pays ont analysé la liste et identifié (à l’aide de documents publics, des carnets de contacts des journalistes et des questions posées aux responsables gouvernementaux) des centaines de personnalités politiques ciblées pour une éventuelle surveillance par des pays allant des Émirats arabes unis au Maroc.

Parmi les cibles potentielles de Pegasus, l’on trouve de nombreux chefs d’État en exercice, dont le président français, Emmanuel Macron, le président irakien, Barham Salih, et le président sud-africain, Cyril Ramaphosa. Les Premiers ministres du Pakistan, de l’Égypte et du Maroc figurent également sur la liste des cibles potentielles.

Concernant Emmanuel Macron, il semble avoir été ciblé par le logiciel Pegasus pour le compte du Maroc en 2019. La société privée israélienne NSO Group a depuis nié toute demande de surveillance visant le président français.

La liste des personnalités politiques ciblées par Pegasus comprend également sept anciens premiers ministres, qui ont apparemment été sélectionnés en tant que cibles potentielles alors qu’ils étaient encore en fonction, ainsi que le roi du Maroc, Mohammed VI.

Le fait que ces dirigeants mondiaux figurent sur cette liste ne signifie pas pour autant qu’ils ont effectivement fait l’objet d’une surveillance. Le Washington Post souligne qu’aucune des personnalités ciblées n’a donné accès à ses dispositifs électroniques au journal. La rédaction n’a donc pas pu procéder à des tests approfondis pour vérifier la présence du logiciel espion Pegasus. Cependant, Forbidden Stories et Amnesty International ont découvert au cours de leur enquête que dans certains cas, les services du logiciel espion Pegasus avaient été utilisés pour pirater des smartphones appartenant à des journalistes et à des militants. Le laboratoire de sécurité d’Amnesty a testé 67 smartphones affiliés à des numéros figurant sur la liste. Sur ces 67 smartphones, 37 ont été piratés avec succès par Pegasus ou bien présentaient des signes de tentative de piratage.

Dans un communiqué publié après la diffusion du rapport initial, la société NSO Group a affirmé que la liste qui a fuité « n’est pas une liste de cibles ou de cibles potentielles des clients de NSO. » Par le biais de ses avocats, la société privée israélienne a accusé les médias qui ont diffusé cette liste « d’avancer de fausses hypothèses » sur son objectif.

Le fondateur et directeur général de NSO Group, Shalev Hulio, a également contesté la « pertinence » des données divulguées sur son entreprise après la fuite. Toutefois, il s’est dit « très préoccupé » par les rapports et a promis d’enquêter sur toutes les allégations. « Nous comprenons que, dans certaines circonstances, nos clients puissent faire un mauvais usage du logiciel », a-t-il déclaré.

 

Article traduit de Forbes US – Auteure : Jemima McEvoy

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