Nivellement par le bas, faibles marges et arrivée des nouvelles technologies, nous avons fait le point sur le marché de la sécurité avec Louis Leullieux président du groupe Weesure et acteur engagé du marché de la sécurité.

 

Quelles sont les valeurs de Weesure et quels sont les services proposés ?

Louis Leullieux : Weesure est un groupe qui se veut familial et qui existe depuis 2014 et souhaite véhiculer des valeurs de transparence, respect des engagements et intégrité. Au fil des années, le groupe Weesure s’est développé et propose aujourd’hui une offre tout-en-un réunissant sécurité humaine, incendie et électronique. 

  • La sécurité humaine : nous avons à cœur de former des agents de terrain compétents et capables de réagir dans n’importe quelle situation.
  • La sécurité incendie composée de plusieurs métiers : Installation de systèmes de détection des incendies, spécialisation d’agents capables de repérer des départs de feu… Nous allons même encore plus loin. En effet, concernant nos filiales installées en Afrique, nous essayons de sensibiliser les architectes au sujet de la sécurité incendie dès l’élaboration des plans et du choix des matériaux.
  • La sécurité électronique : conseil, installation, vente de caméras, de systèmes d’alarme, contrôle d’accès des bâtiments, etc.

 

Quel est l’état du marché de la sécurité aujourd’hui ?

Louis Leullieux : Il faut savoir que c’est un secteur très encadré et les entreprises dépensent beaucoup pour rester en conformité avec la réglementation. Il y a des obligations de formation des agents et des suivis annuels. Afin qu’elles respectent bien les normes imposées, les sociétés de sécurité sont régulièrement contrôlées par le CNAPS (Conseil national des activités privées de sécurité), qui dépend du ministère de l’Intérieur. C’est aussi un secteur très concurrentiel. Il est encore trop simple de créer son entreprise de sécurité, d’obtenir un agrément et de casser les prix. L’arrivée massive d’autoentrepreneurs est en train de desservir l’image de la profession. Il est de plus en plus compliqué de s’aligner sur les prix et de proposer un service de qualité. C’est pour cela que Weesure fait évoluer ses différents services en se tournant vers les nouvelles technologies.

 

 

Justement, comment les nouvelles technologies font-elles évoluer le secteur ?

Louis Leullieux : Les technologies nous rendent beaucoup plus efficaces dans nos missions. Par exemple, nos agents sont capables de détecter des départs de feu plus rapidement via l’analyse en temps réel des images de vidéoprotection. Mieux, grâce au partenariat signé avec la société lyonnaise Delta Drone, nous commençons à former certains agents à l’utilisation de drones afin qu’ils puissent couvrir des zones de plusieurs kilomètres. Ainsi nous proposons un audit complet des lieux. Les nouvelles technologies sont vraiment en train de redistribuer les cartes du secteur et nos clients sont mieux protégés. Le secteur grand public est lui aussi en évolution. Aujourd’hui, seulement 20% des habitations sont équipées en sécurité électronique. C’est un marché prometteur.  Toutefois, il ne faut surtout pas oublier que, sans l’humain, l’électronique ne sert à rien. C’est ainsi que nous faisons évoluer nos agents en les formant à utiliser les technologies au service de la sécurité de nos clients. On va vers une évolution du métier avec des agents plus qualifiés.

 

De votre côté, comment agissez-vous pour transformer les métiers de la sécurité ?

C’est un marché où il y a peu de moyens et il faut adapter notre offre en fonction. Nous faisons partie de l’ADMS (Association des métiers de la sécurité) qui est un regroupement d’entrepreneurs avec un engagement social pour faire grandir et progresser les activités de surveillance en France. Nous portons des idées fortes pour faire évoluer le marché de la sécurité :

  • structurer les activités par niveau de qualité et qualification, car on n’a pas besoin du même niveau de qualification partout,
  • refondre notre convention collective, car les besoins ont évolué,
  • favoriser la féminisation de la profession,
  • développer des parcours de carrière dans la sécurité, pour donner de vraies perspectives à nos agents. Il y a seulement 10 ans, il n’existait pas de niveaux BAC +5 des métiers de la sécurité !
  • travailler avec l’État et le CNAPS pour réguler toujours plus efficacement le secteur.

Pour résumer, nous travaillons à dépoussiérer la profession en travaillant avec les différents acteurs, tout en nous appuyant sur les nouvelles technologies et la formation pour offrir des services de qualité.