Proposée en mode SaaS, la solution, qui repose sur la technologie blockchain, réduit considérablement les délais de transferts et de règlement en assurant la transférabilité des titres numérisés. Les explications de Julien Brodier, co-fondateur de la société Talium.

 


Quel est le degré de maturité du marché de la tokenisation des actifs financiers ?

Clairement, même si la tokenisation des actifs fonctionne aujourd’hui très bien et apporte de vrais bénéfices, nous n’en sommes qu’au début. Le marché, permis par la technologie blockchain, est loin d’être mature tant du point de vue de la technologie que de la réglementation. Concernant ce deuxième point, précisons toutefois que la France n’est pas trop mal placée, tout comme le Luxembourg, la Suisse et l’Allemagne. Du point de vue du marché, certaines banques, s’y intéressent et commencent à lancer leurs solutions, comme d’ailleurs certaines start-up, mais elles restent peu nombreuses en Europe.

 

Quels sont les avantages de la tokenisation ?

Cela dépend du profil des utilisateurs qui peuvent être soit émetteurs de titres financiers, soit intermédiaires financiers, soit investisseurs. Aujourd’hui, quand on achète des actions auprès d’un courtier en banque, les titres sont stockés dans leur base de données, dans un système « siloté », avec l’indispensable infrastructure financière de règlement-livraison. Avec la blockchain, les titres existent sous forme de jetons et sont transférables d’une plateforme à l’autre. Là réside le but de la tokenisation. Cela permet de donner à l’investisseur la souveraineté totale sur ses actifs. Il peut déléguer la conservation de ces derniers à un acteur tiers, mais il est également en capacité de les conserver lui-même ou bien de les vendre directement (transférabilité qui implique l’existence de la liquidité et améliore le ratio de risque), sans passer par un courtier ou un marché organisé, en clair, sans intermédiaire. L’investisseur peut également vendre partiellement une action (principe de fragmentation de l’actif), ce qui est impossible si l’on passe par les mécanismes traditionnels. La tokenisation des actifs va incontestablement permettre, par exemple, de stimuler l‘investissement en titres non cotés.

 

Qu’en est-il pour l’émetteur de titres financiers ?

L’un des avantages qu’il va en tirer réside dans la rapidité avec laquelle il peut émettre des jetons, à des coûts maîtrisés, c’est-à-dire dix à cent fois moindres qu’une cotation en bourse. Notre plateforme permet non seulement de tokeniser, mais également, en amont, de créer des opérations d’offres publiques ou privées de vente de jetons avec l’ensemble des processus nécessaires à de telles opérations : appel aux investisseurs, conformité aux différentes réglementations (MiFID II, AMLD5, RG AMF), contrats et pactes, tout cela s’effectuant de manière automatisée, grâce à des workflows mixant regtech et fintech. Résultat : les délais de transferts et « settlement » sont réduits à quelques minutes contre deux à trois jours (voire 10 jours dans certains cas) sur les marchés classiques.

 

A qui proposez-vous concrètement votre plateforme ?

Nous visons prioritairement les intermédiaires financiers qui pourront l’utiliser en marque blanche. Nous pouvons également nous adresser aux émetteurs qui veulent digitaliser la gestion de leurs titres ou lancer des opérations de levée de fonds.

 

Au-delà de la plateforme de tokenisation, votre société développe également une activité d’intégrateur blockchain

Nous sommes intégrateur technologique depuis 2012 pour des grands comptes et spécialisés dans le domaine blockchain depuis 2015. Nous avons suivi une vingtaine de projets dans les domaines de l’énergie, l’industrie, les médias et surtout la finance : portefeuilles de crypto-actifs, systèmes de trading, de tokenisation, d’oracles, applications décentralisées, portails de vente de jetons, DAOs (organisations décentralisées) et token economy. Nos solutions peuvent être livrées de manière personnalisée à chacun de nos clients en fonction de leurs besoins.