08Le marché de l’intelligence artificielle en France devrait se porter à 11 milliards d’euros en 2024 alors qu’il ne pesait que 200 millions en 2015. Aujourd’hui dans l’Hexagone, près de 300 entreprises seraient actives dans le domaine. Parmi ces dernières, figure Yseop, champion international de la NLG, technologie qui permet de transformer un ensemble de données en texte rédigé, intelligible par tous. Emmanuel Walckenaer, PDG de la société, nous en explique tous les atouts. 

 


Comment se situe la France en matière d’intelligence artificielle ?

Le secteur de l’intelligence artificielle (IA) peut être schématiquement présenté ainsi : dans le domaine du BtoC (Business to Consumer), il est incontestable que de très gros moyens ont été déployés par les Etats-Unis et la Chine pour des applications comme la reconnaissance faciale, les outils de recherche sur le Web ou la conduite autonome. Là où l’Europe, et particulièrement la France, peut tirer son épingle du jeu, c’est dans le domaine de l’IA appliquée au BtoB (Business to Business). Elle possède les ressources humaines et technologiques nécessaires pour répondre aux enjeux des besoins intra-entreprises. C’est notamment le cas pour la NLG.

Justement qu’est-ce que la NLG ?

La génération du langage naturel (NLG) utilise l’intelligence artificielle avancée pour transformer des ensembles de données complexes en récits écrits de haute qualité avec précision, rapidement et à grande échelle. La NLG permet aux entreprises d’automatiser les processus manuels basés sur les données, avec des applications comme la rédaction de rapports complexes. C’est donc un domaine qui mobilise à fois les mathématiques et les sciences du langage, deux branches du savoir où, en France, nous sommes particulièrement bien positionnés.

Qui utilise cette technologie aujourd’hui et avec quels résultats ?

La NLG peut s’appliquer à de nombreux secteurs de l’économie. Pour notre part, chez Yseop, nos principaux clients sont issus des mondes de la finance et de la santé. On peut citer BNP Paribas, Société Générale, Moody’s ou bien encore Sanofi. L’entreprise pharmaceutique utilise nos solutions pour réduire le temps de rédaction des rapports relatifs aux essais cliniques afin d’accélérer la mise sur le marché des médicaments qu’elle produit. C’est d’ailleurs là que réside l’un des bénéfices principaux de la NLG. Elle réduit les temps de rédaction de 30 à 70 % selon le type de documents (de la simple note au rapport complexe), ce qui permet aux collaborateurs d’une entreprise de consacrer davantage de temps aux véritables tâches à valeur ajoutée. Il faut également souligner qu’il n’est nul besoin d’être ingénieur ou informaticien pour utiliser la NLG. Elle est pensée directement pour les utilisateurs métiers qui vont très simplement dialoguer avec la machine pour produire le rapport dont ils ont la charge.

Qu’en est-il, alors, de l’adoption de la NLG par les PME ?

La démocratisation de la NLG est un enjeu essentiel et il est vrai que de petites structures, comme des assets managers avec un nombre réduit d’analystes, ont fait appel à nos services. C’est pourquoi nous sommes en train de créer un «Studio ». Cet outil permettra « en self service », aux entreprises qui le souhaitent (petites ou plus grandes), de puiser dans cet ensemble afin de construire un outil personnalisé selon leur besoin et de pouvoir développer leurs projets. Il sera disponible en mode SaaS en 2021.