Le dispositif des certificats d’énergie permet à tous les acteurs économiques français d’obtenir une prime de la part d’un fournisseur d’énergie dans le cadre de travaux de rénovation énergétique. Alors que des concertations visant à définir l’objectif et les modalités de la 5ème période du dispositif des CEE vont s’ouvrir prochainement, Patrick Romeo, Président de Cameo, société spécialisée dans l’optimisation et le financement des projets d’efficacité énergétique créatrice de la marque Cameo Energy,, répond à nos questions.

 

Comme évaluez-vous l’impact de la crise sanitaire sur le secteur de la rénovation énergétique ?

 S’il existe un secteur qui devrait être moins impacté par la crise actuelle, c’est bien celui de la rénovation énergétique où les travaux, via les CEE (certificats d’économies d’énergie) sont financés par les « obligés », c’est-à-dire les fournisseurs d’énergie. Il s’agit donc d’un levier de financement très fort.


 

A qui s’adresse ce dispositif ?

Ce mécanisme concerne tant les particuliers que les entreprises. Pour les premiers, il permet notamment de combattre la précarité énergétique et pour les seconds, c’est un moyen de réduire leur consommation d’énergie et donc de stimuler leur productivité. Le dispositif est, donc, largement ouvert à tous, y compris aux collectivités.

 

Dans cet ensemble, comment vous positionnez-vous ?

Cameo est tout à la fois un mandataire et un bureau d’études. Être mandataire, cela veut dire qu’un certain nombre « d’obligés » vont nous confier la recherche de projets à financer afin qu’ils puissent satisfaire à leurs obligations dans le domaine. Nous sommes donc des intermédiaires entre installateurs et bénéficiaires d’un côté et fournisseurs d’énergie de l’autre. Nous gérons également le dossier d’un point de vue réglementaire puisque nous nous chargeons de le constituer et de le déposer auprès de l’administration.

 

Et côté bureau d’études ?

Nous disposons de l’expertise d’une équipe d’ingénieurs spécialisée en performance énergétique. Ils sont en capacité d’identifier sur site des gisements d’économies d’énergie afin de conseiller les directeurs de sites sur les types d’investissements qui leur permettraient de réduire leur consommation. Nos ingénieurs sont également capables d’apporter à ces derniers la dimension « certificats » afin qu’ils puissent en bénéficier.

 

Les CEE ont été créés en 2006. En quatorze ans, qu’est-ce qui a changé ?

Il y a une évolution constante des travaux éligibles à des certificats. Ces modifications sont liées aux évolutions technologiques, à ce qui était exceptionnel il y a 15 ans et qui est devenu courant aujourd’hui. Je pense, par exemple, aux LED. Dans le même temps, les obligations des fournisseurs d’énergie ont augmenté au fil de l’eau, ce qui impacte bien évidemment la partie identification des projets. Il est également important de mentionner le début prochain des concertations visant à définir l’objectif et les modalités de la 5ème période du dispositif des CEE, débutant le 1er janvier 2022. Ce sera un signal politique fort concernant, d’un côté, le niveau d’obligations des fournisseurs d’énergie et, de l’autre, la nature des travaux qui seront financés par les certificats.

 

De votre côté, quels sont vos objectifs ?

Nos axes de développement concernent tout d’abord la partie « mandat » de notre activité. Nous souhaitons travailler avec davantage « d’obligés » sur des volumes plus importants. Nous allons également augmenter notre présence dans la chaîne de valeur des économies d’énergie grâce à notre bureau d’études et l’ensemble de nos partenaires pour nous permettre de proposer de belles offres clés en main. Depuis le 1er juillet nous nous sommes structurés pour soutenir notre croissance via une redéfinition de nos différents pôles : production de certificats, production de services énergétiques, marketing et commercial, services supports…. Nous sommes d’ailleurs sans cesse à la recherche de nouveaux talents pour rejoindre nos équipes.