Dans le secteur ultra concurrentiel de la revente de produits de luxe, Privé Porter a su se positionner comme un acteur majeur grâce aux sac Birkin de Hermès. Une belle réussite entrepreunariale pour Michelle Berk, qui tire son épingle du jeu à travers un service à 360° pour une clientèle exigaente. 

 

Comment êtes-vous devenu entrepreneure ?

Michelle Berk : Mes parents étaient entrepreneurs. Ils possédaient de nombreuses franchises de service client, à l’image de Baskin-Robbins, Mail Boxes Etc, Togo’s ou encore Video Depot. Ils ne pouvaient pas concevoir de travailler pour quelqu’un d’autre, et j’ai grandi avec ces valeurs que j’ai ensuite inculquées à mes filles.

 

Comment en êtes-vous arrivée à créer Privé Porter ?

M.B. : J’ai eu beaucoup d’entreprises différentes. J’ai réussi à m’adapter aux différents business et gagner ma vie. J’ai pu voyager quand je le souhaitais, tout en créant une atmosphère saine pour nos enfants, sans vivre dans l’opulence, mais sans connaître le moindre manque. Privé Porter a pris des proportions immenses par rapport à ce qui était prévu. Nous avons choisi de tout faire sur Instagram au lieu de se lancer dans l’e-commerce et nous avons pu attirer des femmes dans plus de 50 pays. Le nom Privé Porter signifie quelque chose pour beaucoup de gens dans le monde entier.

Quelle est la force de Privé Porter ?

M.B. : Je me concentrais initialement sur ma propre collection avec mon compte eBay. Puis nous avons pu obtenir des sacs à main en édition limitée comme ceux de Céline et de Chanel, avec lesquels le succès était au rendez-vous. J’achetais des sacs Chanel au prix de détail, et je les revendais avec une marge de 30 % à une clientèle qui venait du Texas jusqu’au Nigeria et qui ne vivaient tout simplement pas à proximité d’une boutique Chanel. Nous avons commencé à acheter et à revendre progressivement tous les sacs Hermés sur lesquels nous pouvions mettre la main. Et en 2015, j’ai décidé qu’il était tout aussi simple de vendre un Hermès à 45 000 $ qu’un Chanel à 4 500 $, et qu’en ce qui concerne la désirabilité, personne ne fait la queue devant un Chanel à l’ouverture comme on le fait chez Hermés en France.

Avez-vous l’intention d’élargir votre gamme à d’autres produits de luxe ?

M.B. : Notre magasin de Miami Brickell City Center est en passe de réaliser plus de 8 millions de dollars à sa première année. Cela s’ajoute aux 20 millions de dollars réalisés grâce aux ventes en ligne. Privé Porter a été rentable dès le jour où nous avons ouvert le magasin, et nous n’avons pas dépensé un euro en publicité. J’ai constaté que 75 % des ventes viennent de nouveaux clients. Grâce à notre capital d’amorçage, nous allons simplement répéter l’expérience dans trois ou quatre autres villes clés et continuer à établir une liste de clients qui sont de grands consommateurs de produits de luxe. Nous continuerons à vendre les sacs Birkins et Kelly tout en analysant les autres désirs de nos clients.

 

Qu’est-ce qui différencie Privé Porter ?

M.B. : Mon mari a beaucoup discuté avec deux dirigeants de LVMH qui m’ont dit que ce qui rendait Privé Porter unique, c’est que nous donnions à nos clients la meilleure information possible et la plus complète sur le produit. Dans une certaine mesure, un meilleur service que celui de Hermés. Le client de Privé Porter vient évidemment pour avoir confiance en l’authenticité du produit et il y fait un achat sans la moindre réserve.

Qui sont les clients de Privé Porter ?

M.B. : Nous n’avons jamais ciblé personne. La clientèle de Privé Porter appartient généralement à deux camps qui ont un dénominateur commun : impossible d’obtenir la combinaison exacte de couleur, de taille, et de matériel qu’elle souhaite chez Hermés. Ces deux typologies de clients sont donc les femmes qui achètent leur premier sac Birkin ou Kelly, et qui ne veulent pas se contenter de quelque chose dont elles ne sont pas folles, et les grandes collectionneuses. Ces éternelles insatisfaites viennent nous trouver pour repartir avec le sac parfait.

 

Quelle vision voulez-vous transmettre à vos clients ?

M.B. : Nous sommes extrêmement à l’écoute de nos clientes. C’est notre philosophie. Nous sommes dans le dialogue 24 heures sur 24. La revente de produits de luxe n’a jamais été aussi importante. Des centaines de millions de dollars y sont investis régulièrement. Privé Porter se positionne comme le summum en termes de cachet, d’affluence et de rentabilité. C’est sans aucun doute une entreprise à forte croissance. Je nous vois atteindre un chiffre d’affaires d’environ 100 millions de dollars dans les trois prochaines années.

 

Contact :
www. priveporter.com