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Portage Salarial : Innovation Et Concurrence Dans Le Monde Des Salariés Portés

Au fil des siècles, les méthodes de travail changent en fonction des besoins. Ces dernières décennies, la société liquide et l’uberisation des économies développées ont rebattu les cartes d’un modèle de salariat jusque-là presque univoque. Le travail en freelance des salariés a connu un essor non négligeable, profitant notamment de la tertiarisation de l’économie aux dépens des emplois industriels. Or, tout mode d’exercer sa profession a ses avantages et ses inconvénients, si bien qu’un phénomène massif s’est fait jour en peu de temps : le portage salarial. Paradoxalement, ce modèle a réussi à mêler et synthétiser salariat et travail indépendant, innovation qui semblait bien difficile sur le papier. Penchons-nous quelques instants sur les principales dynamiques qui sous-tendent actuellement cette facette méconnue de l’économie française. 

La typologie du portage salarial français

Vingt ans en arrière encore, on se posait moins de questions. Dans la plupart des domaines la norme était d’être salarié. Seuls certains artisans restaient « à leur compte », tandis que nombre d’agriculteurs et d’« indépendants » se salariaient via « leur » entreprise, afin de bénéficier du statut longtemps resté le plus commun dans la France de la seconde moitié du XXe siècle.

Ce tableau a bien changé dans l’Hexagone, principalement en raison des mutations économiques (naissance de start-up, apparition de nouvelles professions inséparables de la notion de « missions », etc.) et de l’augmentation du coût du travail (embauche salariale plus difficile, fin du plein emploi…). L’état d’esprit, les mentalités et les aspirations entrent également en ligne de compte : si le salariat classique rime avec sécurité, l’indépendance a de quoi plaire aux modes de vie nomades ou alternatifs tout en suscitant l’intérêt de ceux qui ont soif de liberté et de changement. Et, entre une chose et l’autre, cela fait beaucoup de monde !

Les carrières sont de nos jours beaucoup plus « hachées », au sens où l’on travaille rarement quarante années au sein de la même entreprise. Les travailleurs français changent volontiers plusieurs fois d’employeur au sein de leur carrière, tandis qu’ils peuvent passer tantôt par la case salariés, tantôt par celle du travail freelance.

Mais il existe une façon de concilier ces deux « cases », temporairement ou définitivement, en toute légalité. Il s’agit en quelque sorte de rester son propre patron à soi-même tout en bénéficiant des mêmes avantages que n’importe quel salarié du privé en CDI. Cette alchimie est garantie par le portage salarial, qui doit son succès à son alliance de la protection sociale liée au salariat (caisses de retraite et d’assurance maladie, ainsi que cotisations chômage notamment) avec la liberté du travailleur indépendant.

Le portage salarial peut également servir de préambule à une embauche « classique » au sein d’une entreprise qui souhaite réduire ses risques.

Ces raisons expliquent qu’aujourd’hui le portage salarial représente près de 90 000 salariés portés dans notre pays. Le chiffre d’affaires annuel direct ainsi généré frôle le milliard et demi d’euros.

Elle n’est pas la seule nation concernée, mais la France est particulièrement impactée par cette relation de travail intéressant au premier chef les consultants et formateurs. Dès 2025, elle pourrait compter six fois plus de salariés portés sur son territoire !

Il y a fort à parier que l’avenir du portage salarial sera son caractère transnational, d’abord au sein des zones de libre échange telles que l’ALENA… ou l’Union européenne. Le Vieux Continent compte effectivement à lui seul 7 millions de salariés portés. Or l’existence de couples transfrontaliers, d’expatriations temporaires ou de longue durée, entre autres motifs, devrait accroître les besoins en portage salarial continental d’ici peu.

Les effets de la concurrence sur le portage salarial

Qu’ils aient sauté le pas ou non, les indépendants s’informent massivement sur les prestations de portage salarial disponibles en France. Mais il suffit de faire une recherche sur Google (ou un autre moteur du même acabit) pour se rendre compte de l’extraordinaire pléthore de sociétés de portage salarial exerçant sur ce créneau en plein boom économique (croissance annuelle évaluée à près de 20 %!). La FEPS (Fédération des entreprises de portage salarial) dénombrait récemment 700 enseignes à la tête d’environ 1 500 agences sur le territoire français !

Alors comment s’y retrouver, devant une offre si abondante qu’elle semble dépasser la demande ? Pourtant, la plupart de ces sociétés de portage salarial affichent de bons résultats. En fait, pour se démarquer les unes des autres, elles utilisent principalement les armes de la spécialisation (pour intéresser telle ou telle région, tel ou tel profil, telle ou telle profession, tel ou tel secteur) et l’innovation.

Cette dernière n’est pas que technique, même si la mise en œuvre de moyens automatiques de traiter les relations contractuelles, les paiements, les bulletins de salaires, les notes de frais et autres impondérables contribuent à une baisse généralisée des coûts répercutés sur le salarié porté. Naturellement !

Innover revient également à affiner le service afin de mieux répondre à certains besoins. Or, quand on est indépendant et (partiellement) livré à soi-même dans sa profession, on apprécie généralement un certain accompagnement ou un effet de réseau.

L’un n’empêchant pas l’autre, ces divers atouts peuvent se retrouver ensemble au sein d’une même société de portage salarial. C’est ainsi que Cegelem, par exemple, propose du zéro paperasse, un portail d’offres de missions, ainsi qu’un réseau dynamique pour développer son activité.

D’une manière générale, le principal frein ressenti par les travailleurs indépendants potentiellement intéressés par le portage salarial concerne le montant des cotisations sociales. En France, on est presque du simple au double ! Mais il y a en réalité tout un calcul à faire, car certains frais et dépenses peuvent être déduits du chiffre d’affaires mensuel (ce qui n’est pas possible pour une auto-entreprise et quelques autres statuts indépendants). De même, il faut prendre en compte les portes qu’ouvre le statut de salarié (en matière de souscription de crédit par exemple), de même que les droits ouverts (couverture santé) ou encore les revenus différés (pensions de retraite).

Dans tout projet, l’idéal est de prendre conseil, et de savoir comparer en toute objectivité. Il faut donc confronter différentes offres disponibles, et interroger les avis clients, les témoignages d’autres salariés portés… Comme il n’y a pas de question bête, mieux vaut oser faire part de ses interrogations auprès d’un prestataire avant de lui être lié. Il est possible que la législation française et européenne encadrant le portage salarial évolue dans les années à venir, mais l’essentiel du dispositif ne devrait guère connaître de mutation importante, si bien que c’est à l’heure actuelle une voie gage de sécurité et de stabilité.

Catégories : Brandvoice
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