Laurent Attali est un des cofondateurs de Bricoco, site internet spécialisé dans l’échange de produits d’occasion de bricolage et de jardinage entre particuliers. Entre secteur providentiel et bonnes idées, tour d’horizon de ce nouveau-né de l’économie collaborative.

En France, le marché du bricolage pesait déjà 25,4 milliards d’euros en 2016, et n’a fait qu’exploser depuis. Les ventes en ligne, elles, ne représentent que 3% des ventes dans le domaine, mais affichent cependant une croissance annuelle de 25%. Une part qui devrait doubler d’ici 2020.


Les mentalités changent et avec elles les habitudes des consommateurs. Avec la naissance d’Internet, des sites de produits d’occasion sont nés par dizaine, et prouve que les gens sont aujourd’hui désireux de faire de bonnes affaires en s’échangeant directement des biens et des services via des plateformes numériques spécialisées : c’est ce qu’on appelle l’économie collaborative.

Et elle est particulièrement appréciée par les Français, puisque le marché de l’économie collaborative s’élève à 3,5 milliards d’euros dans l’Hexagone, juste devant les Etats-Unis et à la première place du podium mondial.

 

Une nouvelle manière de consommer

Aujourd’hui, de moins en moins de personnes achètent en magasin. Le plus souvent, les consommateurs se rendent en boutique pour regarder, mais comparent et achètent finalement sur Internet, au prix le plus bas. Le marché français du bricolage est ainsi très conséquent, mais ne répond pas forcément aux attentes nouvelles des clients.

Et des sites comme Manomano.fr témoignent de cet engouement pour les articles de bricolage à dénicher en ligne, avec un chiffre d’affaire avoisinant les 90 millions d’euros en 2016.

Les Français sont en 2018 plus enclins à traiter directement entre particuliers plutôt qu’avec de grandes enseignes. Finie la surconsommation héritée des années 1980. La plupart d’entre nous désire désormais non seulement faire de bonnes affaires mais également ne pas jeter l’argent par les fenêtres et ne pas gaspiller. Et lorsque l’on sait qu’en moyenne, une perceuse n’est utilisée que 12 minutes par son propriétaire, cela n’a rien d’étonnant.

 

Le business de l’occasion

C’est dans ce contexte qu’est apparu Bricoco, le premier site internet exclusivement dédié à la vente de produits d’occasion de jardinage et de bricolage entre particuliers.

La startup s’est ainsi construite sur quatre piliers : les annonces gratuites, la communauté, le paiement sécurisé et la géolocalisation.

Mais alors comment est née cette idée ? « Depuis cinq ans je cherchais un business de l’occasion » déclare Laurent Attali, désireux de s’engouffrer dans la brèche de cette « révolution de l’occasion ».

« Un produit d’occasion, c’est une bonne affaire, et faire de bonnes affaires nous satisfait tous », poursuit-il. Mais pourquoi le bricolage en particulier ? « Parce qu’il n’existe aucun site de ce type sur Internet ». Les Leboncoin et autres plateformes proposent en effet des outils de bricolage et de jardinage, mais noyés dans la masse de milliers d’autres articles, sans référencement clair.

Il est à noter, par ailleurs, que le bricolage est l’une des premières dépenses des foyers français par mois, et que c’est un domaine qui touche 90% d’entre nous, hommes comme femmes (elles représentent en effet la moitié des Bricocoleurs inscrits sur le site et le forum).

 

Crédit : Bricoco / Les co-fondateurs de Bricoco, Laurent Attali (à droite) et Maxime Febvay (à gauche)

 

Il y avait donc la place et le besoin pour qu’un site spécialisé de ce type naisse. Mais le projet Bricoco n’aurait jamais pu voir le jour sans un certain goût pour la liberté de la part de ses fondateurs. En effet, être entrepreneur peut poser beaucoup de contraintes, mais c’est aussi être libre, et c’est ce qui a le plus motivé Laurent Attali. Cependant, le point le plus important dans la réussite et la mise en pratique de cette idée, reste, selon lui « l’équipe », « l’humain ». Un esprit d’équipe solide, donc, qu’il a trouvé aux côtés de l’Edhec Maxime Febvay et de l’ancien patron de Facebook France, Damien Vincent. 

Le site n’a été lancé qu’en avril dernier, mais dispose déjà de milliers d’annonces. L’équipe se dit « très contente de ce démarrage ».

 

S’étendre à l’Europe

Et d’ici 18 mois, Bricoco entend bien devenir la référence en matière de vente de produits de bricolage sur Internet, en proposant non seulement un site unique en son genre, mais aussi un référencement optimal, un forum spécialisé, des articles et des tutoriels vidéos, des services complémentaires de messagerie, de paiement en ligne, de géolocalisation et même une application mobile. L’objectif final de l’entreprise ? S’imposer comme le magasin numérique de bricolage le moins cher de France, tout en proposant le plus de références.

Bricoco entend bien, une fois le marché français conquis, s’étendre à toute l’Europe où l’Allemagne est friande d’écologie et l’Angleterre fan de récupération.

Et pour ceux qui voudraient eux aussi se lancer, Laurent Attali a un conseil pour vous : « Y aller et ne pas avoir peur de se planter. Être persévérant et continuer d’y croire ».

Par Clémence Monfray