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 « Avoir fait plus pour le monde que le monde n’a fait pour vous : c’est ça, le succès »

  Henry Ford

Quand François Hollande Tance Le Programme D’Emmanuel Macron
Journaliste / Chef de rubrique Politique-Economie-Finances

Depuis son "renoncement", François Hollande ne retient pas ses coups à l'encontre de ses potentiels successeurs. | © Getty Images

Lors de ses vœux aux partenaires sociaux, le chef de l’Etat s’en est pris, sans le nommer, à un point du programme de son ancien protégé, en l’occurrence la réforme de l’assurance chômage.

En roue libre. Comme libéré d’un poids depuis qu’il a mis fin au « suspens » autour d’une nouvelle candidature à l’Elysée, le président de la République a endossé le costume du « maître d’école », distribuant, avec un ton professoral de rigueur, les bons et mauvais points aux prétendants à sa succession.  Dans le viseur de François Hollande, ce matin, son ancien protégé et ex-ministre de l’Economie, Emmanuel Macron et sa proposition de supprimer purement et simplement le système actuel d’assurance chômage pour le remplacer par un autre reposant davantage sur la solidarité nationale. Une erreur stratégique pour le chef de l’Etat, « parce qu’il est bon que les acteurs économiques et sociaux définissent pour eux-mêmes les règles notamment sur la question de l’indemnisation du chômage ou l’incitation à la reprise d’activité ».

Pour rappel, le fondateur d’En Marche! a pour ambition de supprimer les cotisations chômage payées par les salariés, étendre le bénéfice des allocations chômage à l’ensemble des travailleurs et donc, comme évoqué ci-dessus, reprendre la main sur l’Unedic, le gestionnaire de l’assurance chômage géré par les partenaires sociaux. Une « étatisation » à laquelle ne goûte guère le président de la République car « ce serait la fin du système fondé sur des cotisations assises sur les salaires et donc la fin d’une indemnisation sur les revenus antérieurs ».

Les favoris en prennent pour leur grade

Sans surprise, François Hollande a, ensuite, « ajusté sa mire » en direction de François Fillon, toujours sans le nommer, s’en prenant à la brutalité de son programme, toujours sur la question sociale. « Je ne comprends pas que des voix puissent réclamer de mettre un terme au dialogue social pour que l’Etat puisse intervenir plus vite – soit parce qu’il y aurait la nécessité de prendre par surprise l’opinion publique de crainte qu’elle ne se réveille », a-t-il lancé, insidieusement, à l’adresse du candidat des Républicains à la présidentielle.

Et de poursuivre son « opération destruction » du programme de l’ancien Premier ministre, toujours sur cette possibilité d’écarter les partenaires sociaux de l’équation. « Je pense que ce risque est finalement plus élevé que de faire confiance aux partenaires sociaux et ensuite au législateur. Car le risque, c’est le blocage, le risque, c’est que face à la brutalité, il y ait une autre brutalité », a tonné le chef de l’Etat, décidément très en verve pour les derniers vœux de sa mandature, dans la droite ligne de ses propos du week-end dernier lors de ses vœux en Corrèze.

Valls critiqué, Hamon loué

En effet, lors de ce passage dans son ancien fief, François Hollande avait jugé avec sévérité la campagne de son ancien Premier ministre, Manuel Valls. « Il observe que Valls n’a pas de projet, qu’il tourne en rond. Son projet, c’était de me virer », souligne un proche du chef de l’Etat dans des confidences recueillis par Le Monde.  Le quotidien du soir ajoute que sa préférence irait désormais à Benoît Hamon dont la campagne a le vent en poupe. Hors-jeu pour l’Elysée, François Hollande n’entend pas pour autant se tenir à l’écart du marigot socialiste. Comme « au bon vieux temps ».